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Michael revient à Berlin afin de recoller les morceaux avec son ancienne petite amie Gabi. Mais, alors qu’il franchit la porte de son appartement, il tombe nez-à-nez avec un plombier devenu comme fou enragé qui va soudainement se jeter sur lui. Après l’avoir jeté dans la cage d’escaliers, Michael va se barricader avec un apprenti plombier dans l’appartement. Très vite, ils vont tous deux apprendre qu’un virus s’est répandu dans toute la ville et transforme les gens en bêtes enragées avides de chair fraîche. Un terrible virus qui a déjà semé le trouble dans une grande partie de l’immeuble : Michael et le jeune Harper vont devoir faire preuve de courage et d’astuces pour échapper à leurs assaillants…



Depuis leurs études en Allemagne, Marvin Kren et Benjamin Hessler sont devenus deux complices qui travaillent pour des chaînes publiques nationales en réalisant de petits films. L’un est réalisateur (Marvin Kren) et l’autre est scénariste (Benjamin Hessler) : c’est comme ça qu’ils fonctionnent nos deux germaniques et, après avoir vu leur « rammbock » (« Berlin undead » en France et aux Etats-Unis), force est de constater que ce duo devrait faire parler de lui par la suite.

Né d’une demande de la chaîne publique allemande ZDF, le moyen-métrage (59min) « Berlin undead » a été réalisé avec un budget très mince mais avec indéniablement beaucoup de talents et de bonnes idées. Loin des films de zombies contemporains (dont il ne fait d’ailleurs pas partie étant donné que nous sommes face ici à des gens contaminés par un virus les rendant fous enragés, à la manière de « 28 jours plus tard » ou encore de « l’avion de l’apocalypse »), le film du tandem Kren / Hessler préfère offrir à son public un huis-clos horrifique au réalisme parfois saisissant plutôt que de miser sur les gerbes de sang et les scènes d’action en veux-tu en voilà. Retour sur ce petit film à ne pas louper!



Car intelligent, poignant et original, « Berlin undead » l’est et le prouve sans perdre de temps. Dès les premières minutes, nous sommes en effet plongés dans une chasse à l’homme où les quelques résidents d’un immeuble, pris pour cibles par une meute d’infectés sanguinaires, vont se barricader dans de petits appartements qui rendraient dingues plus d’un claustrophobe. S’ensuivent alors des allers et venues de contaminés dans les cages d’escaliers (qui rappelleront un certain « [rec] ») et des percées de ces derniers dans certains appartements, poussant alors les résidents encore sains à se réfugier dans de petites salles, réduisant alors leur espaces vitaux et renforçant une fois de plus cette claustrophobie instaurée depuis les premières minutes du film. Une claustrophobie donc de plus en plus intense, permise par ce huis-clos qui se rétrécit au fur et à mesure que nous avançons dans l’histoire (les contaminés occupant de plus en plus de place, poussant les personnes saines à s’entasser dans des espaces de plus en plus restreints pour leur échapper), qui atteindra son summum quand notre héros n’aura plus le choix que de s’enfermer dans un débarras au fond d’une cuisine tandis que son compère sera recroquevillé en l’air à quelques centimètres du plafond.

Un rythme fort soutenu car nos deux héros n’auront que peu de temps pour reprendre haleine, ces derniers ne pouvant résider trop longtemps au même endroit car les contaminés parviennent à pénétrer tôt ou tard dans la pièce où ils se trouvent.
Pas de remplissage sans intérêt ni de dialogues longs et inutiles, Marvin Kren et Benjamin Hessler veulent rapidement parvenir à leurs fins : mettre l’être humain face à une catastrophe et tenter de montrer comment ce dernier pourrait réagir devant pareille situation. Et ce qui marque justement dans ce film, c’est que le réalisme est parfois saisissant : on ne pourra s’empêcher, à divers moments, de se dire « moi aussi j’aurais fait ça à sa place! », les personnages ayant des réactions non tirées par les cheveux (chaque décision semblant murement réfléchie) et ne cherchant pas à jouer les héros.



Une ambiance oppressante, des décors sombres et tristes (en référence entre autres à cette superbe vue d’un Berlin miné par ce terrible virus quand Michael se retrouve sur le toit de l’immeuble : cf capture d’écran) ainsi qu’une musique à mi-chemin entre le poétique et le mélancolique, qui n’empêche pas pour autant au film de jouer la carte du tragi-comique. En effet, Marvin Kren et Benjamin Hessler ont beau nous offrir un cadre des plus désolants et stressants avec quelques passages quelques peu émouvants, ils arrivent également à nous sortir par moments un sourire par le biais du personnage central, Michael, et son insatiable amour pour son ex-petite amie. Sa chère Gabi pour qui il se ferait dévorer dans les escaliers juste pour répondre à son appel, pour qui il refuserait de se servir de ses fourchettes pour se défendre par peur de lui abîmer et par conséquent de la fâcher, pour qui il refuse d’uriner dans son évier alors que les WC sont inaccessibles… Michael Fuith, l’acteur incarnant notre drôle de héros, est vraiment très bon dans ce rôle d’ « amoureux à côté de la plaque », dépassé par les évènements mais ne manquant pourtant pas de bonnes idées quand celui-ci se décide à penser à autre chose qu’à sa Gabi. Encore une fois, pour profiter pleinement de « Berlin undead », le VOST est indispensable (la VF est déplorable, ne serait-ce que pour la voix et les intonations de Michael justement).



Au final, « rammbock », alias « Berlin undead », est une très bonne surprise. Réalisé pour la seconde chaîne publique allemande ZDF, ce moyen-métrage de 59min mêle habilement horreur, oppression, tragédie et humour, le tout à un rythme effréné bienvenu. Encore la preuve qu’un surplus de scènes d’action, une quantité importante d’hémoglobine versée et une longueur formatée d’1h30-1h45 ne sont pas indispensables pour constituer un vrai bon divertissement.

EN SAVOIR PLUS : Le titre original, « rammbock », signifie « bélier », un objet qui aidera nos héros à se sortir des griffes d’infectés à un moment du film. Tout le scénario a d’ailleurs été construit autour de cette scène du bélier, tout droit sortie d’un rêve de Benjamin Hessler.






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