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La petite ville américaine de Port Gamble, d’habitude si paisible, est en proie à un terrible virus qui transforme les habitants en zombies assoiffés de sang et avides de chair fraîche. Alors que la population se fait décimer dehors, une poignée de survivants se réfugient dans des bâtiments à l’abri des attaques de morts-vivants et tentent de s’organiser afin de les affronter.



Les comédies horrifiques sont à ce jour devenues légion. En effet, depuis le succès planétaire de « shaun of the dead » principalement (même si le genre existe depuis bien plus longtemps mais pas avec autant de flopées de films), de nombreux réalisateurs se sont infiltrés dans la brèche ouverte et tentent de nous divertir en jouant sur l’absurdité, le burlesque, le gore/trash ou encore la parodie avec plus ou moins d’efficacité.

En effet, alors que certaines comédies horrifiques se sont clairement illustrées comme des classiques à ce jour (« shaun of the dead », « bienvenue à zombieland », « dead snow », « black sheep », « Fido » « Tucker and Dale fightent le mal », sans oublier bien-entendu les classiques antérieurs de la comédie horrifique gore/trash non négligeables que sont par exemple « braindead », « bad taste », « premutos », « street trash », « the toxic avenger », « ré-animator », « le retour des morts-vivants », « plaga zombie : zona mutante », « lady blood » ou encore le gentillet « flic ou zombie »…), d’autres s’avèrent moins bien réussies mais demeurent franchement divertissantes (« la main qui tue », « doghouse », « severance », « bienvenue au cottage », « butcher », « undead », « dead meat », « mad zombies », « dead and breakfast », « zombie strippers », « blood on the highway »…) tandis qu’une poignée enfin présentent bien trop de défauts pour rester dans les annales du genre (« cabin fever 2 », « lesbian vampire killers », « last of the living »…).

« Zombies of mass destruction » se classe sans difficulté dans la seconde catégorie citée : sans être un must du genre, ce dernier possède effectivement d’indéniables qualités qui en font une œuvre à posséder assurément. Retour sur un petit direct-to-video fort sympathique.



Partant d’une idée de base peu originale, pour ne pas dire vue et revue (la propagation d’un terrible virus transformant la population en une horde de zombies malfaisants), il est cependant intéressant de voir comment le traitement du scénario va permettre au film de Kevin Hamedani de se distinguer de nombreuses autres histoires d’invasions de zombies.

Doté d’un rythme globalement soutenu (on fera l’impasse sur quelques scènes de dialogues un brin longuettes entre un paroissien et ses fidèles dans une église ou entre deux tourtereaux dans une voiture, ainsi que sur une fin molle et sans grand intérêt mis à part celui de pousser le film jusqu’à ses 1h30 environ), « zombies of mass destruction » n’hésite pas à coller à divers registres pour divertir son public.
En effet, même si la comédie et le thème zombiesque demeurent les ingrédients essentiels du scénario, ce dernier se permet également quelques déviations vers le torture porn / survival (référence à une séquence, rappelant notamment le très bon « the loved ones », où une jeune fille se retrouve ligotée sur une chaise par un père de famille persuadé que cette dernière n’est pas étrangère à cette contamination) ou encore vers le film de tension (la séquence où l’un de nos héros recherche dans une maison sa mère zombifiée, ouvrant chaque porte une par une), tout en conservant bien-entendu quelques séquences horrifiques comme tout bon film de zombies où nos héros se barricadent tandis que les morts-vivants dévorent de malheureux innocents dehors (des petits clins d’œil notamment à « la nuit des morts-vivants » ou même « the crazies »).



Mais ce qui marque le plus lors du visionnage du film de Kevin Hamedani, ce sont les thèmes qui sont abordés tout au long de « zombies of mass destruction ». Politique, religion, influences médiatiques et autres phénomènes de société (racisme, homosexualité, avortement, terrorisme) : tout y passe et est critiqué ouvertement, le tout dans la bonne humeur, voire même les petits éclats de rire.

Et ce sont les personnages qui sont à la fête dans ce long-métrage. En effet, alors qu’on reproche souvent dans les films de genre contemporains de ne pas travailler suffisamment les personnages, il semblerait que notre réalisateur avait à cœur au contraire de les mettre en avant, et pas uniquement les trois héros principaux : même les personnages secondaires, tous plus farfelus les uns que les autres, ont leurs séquences phares bien à eux.

A commencer par un père de famille, véritable patriote (qui prône les valeurs d’un pays qui n’est d’ailleurs pas le sien à la base car canadien), qui se laisse facilement influencé par les médias (d’après le flash info à la télévision, le virus serait une arme lancée par les terroristes islamiques) et n’hésitera pas à séquestrer une jeune citoyenne américaine car cette dernière est fille d’iraniens, la torturant de questions portant sur les emblèmes des Etats-Unis afin de déceler chez elle à tout prix une quelconque préférence pour l’Islam (fous-rires garantis lors de certains passages).
Puis vient le tour de nos deux homosexuels dont l’un doit annoncer à sa mère (et ce n’est pas gagné) sa préférence pour les hommes (ce dernier ne va d’ailleurs pas y aller de main morte avec sa pauvre mère). Le souci est que maman est devenue un zombie et que nos deux tourtereaux vont bien avoir du mal à le comprendre au départ… Deuxième grand moment de détente et de rire dans ce film assurément!

N’oublions pas enfin nos deux compères : l’un est le maire de la ville, un businessman prêt à tout pour gagner quelques voix et qui pense (comme ses confrères dans la politique) que les zombies sont le fruit d’attaques terroristes islamiques. L’autre est un paroissien, dépité par la baisse de fréquentation dans son église, qui n’hésitera pas à tenter de récupérer des fidèles en leur promettant victoire contre les zombies et purification des pêcheurs (que sont les homosexuels, les personnes ayant avorté et autres étrangers) qui sont selon lui à l’origine de cette punition divine que sont l’arrivée des zombies sur Terre (on s’amusera d’ailleurs devant cette scène de purification, clin d’œil indéniable au culte « orange mécanique », où notre paroissien tente de purifier l’un des deux homosexuels en l’obligeant à regarder des films totalement débiles).



Niveau effets spéciaux, le film n’est pas en reste non plus et vous gratifie de quelques bonnes morsures bien saignantes (et ces victimes qui s’écrient, dans un élan d’absurdité, « c’est mon sang !!! »), deux-trois démembrements/décapitations, un arrachage de visage (cf capture d’écran) et autres head shots…
Deux-trois scènes trashs seront également de la partie, principalement axées sur le passage de la maman zombie qui vomit une substance rosâtre dégueulasse et avale même son œil droit…

Enfin, à noter une musique collant parfaitement aux différents thèmes et aux diverses ambiances parsemées tout au long du film. Un point fort assurément pour le film de Kevin Hamedani que l’on se doit de remonter car la musique n’est malheureusement pas toujours au rendez-vous dans ce genre de production.

Au final, « zombies of mass destruction » est un très bon divertissement. Intelligent, à l’esprit très critique vis-à-vis de nombreux phénomènes de société (comme le faisait déjà Papa Romero dans ses œuvres) et franchement drôle, le film de Kevin Hamedani vous fera passer un très bon moment, seul ou à plusieurs, devant ses personnages bien souvent décalés.
Mais comme tout bon direct-to-video qui se respecte, et je ne le dirai jamais assez, par pitié matez-le en VOST (la VF est vraiment dégueulasse une fois de plus pour un film à petit budget)!








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