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Batman, super-héros mi-homme mi-chauve-souris, sème la panique chez les bandits, cambrioleurs et autres violeurs arpentant les rues de Gotham City. Alors qu’il nettoie la ville de toute cette vermine, Bruce Wayne, alias Batman, va apprendre l’évasion de Double-Face de l’asile d’Arkham. Cette brute sans morale s’est en effet juré de l’éliminer, persuadé que l’homme chauve-souris est coupable de sa défiguration. Afin de parvenir à ses fins, Double-Face va s’allier à un scientifique totalement déjanté du nom d’Edward Nygma, qui se fera appeler Homme Mystère et s’avèrera être l’un des pires ennemis que Gotham City ait pu connaitre, ce dernier ayant le pouvoir de manipuler les cellules cérébrales et ainsi les pensées des habitants de la ville…



Après deux épisodes fort réussis de l’homme chauve-souris sur grand écran, « Batman » et « Batman le défi » en 1989 et 1991, tous deux réalisés par Tim Burton, c’est au tour de Joel Schumacher de passer derrière la caméra quatre ans après le second opus. Après le Joker, le Pingouin et Catwoman, nous voici à présent face à deux autres ennemis de Batman : l’Homme Mystère et Double-Face.
Ce troisième opus, intitulé « Batman forever et bien que très différent des deux premiers films de part son approche plus familiale, connaitra un succès tel que deux ans plus tard un quatrième opus sera mis en chantier, lui aussi réalisé par Joel Schumacher et portant le nom de « Batman et Robin ».
C’est huit ans plus tard qu’un troisième réalisateur, Christopher Nolan, mettra la main à la pâte et nous offrira un grand coup de fraîcheur à la saga de l’homme chauve-souris avec une trilogie qui demeurera dans les annales du film de super-héros (« Batman begins » en 2005, « the dark knight, le chevalier noir » en 2008 et « the dark knight rises » en 2012).

Mais revenons aujourd’hui sur la seconde partie de la saga de Batman initiée en 1989 et terminée en 1997, plus précisément sur le troisième volet intitulé « Batman forever ». Un épisode qui marquera sans conteste le début d’une descente aux enfers pour notre fier représentant des DC Comics qui brûlera définitivement sa cape dans la fin des années 90 avec l’arrivée du quatrième épisode, « Batman et Robin », que nous analyserons dans une seconde chronique. Mais pourquoi donc tant de haine et de déception envers les deux opus de Joel Schumacher? Pour le savoir, rendez-vous sur les quelques paragraphes qui suivent!



La première chose qui frappe lors du visionnage de ce troisième volet des aventures de Batman, c’est l’ambiance générale qui en découle. Exit l’univers sombre et gothique des deux premiers opus burtoniens et place à présent à un monde plus coloré, parsemé de couleurs flashy et aux allures parfois très granguignolesques (nos méchants se battent avec des bâtons fluorescents…).

C’est décidé : ce Batman version Schumacher sera plus familial que ceux réalisés jusque là! Un choix très discutable en fait… En effet, ce Batman s’avère être un opus très hollywoodien, le blockbuster dans toute sa splendeur, avec tout ce que cela implique parfois comme défauts bien usants pour le spectateur désireux de ne pas être trop pris pour un con : un scénario aussi mince que du papier cul bon marché (et brouillon avec cela… quand on pense qu’ils étaient trois scénaristes pour pondre cette bêtise!), un aspect humoristique trop présent (des méchants trop caricaturaux sur lesquels nous reviendrons quelques lignes plus tard), et enfin des scènes d’action à gogo peu crédibles pour ne pas dire invraisemblables (il suffit de voir le piège tendu par Double-Face pour éliminer Batman en début de film pour se rendre compte de la débilité flagrante du scénario).

Une liste de défauts qui ne feront que s’accumuler tout au long d’un film qui dure tout de même 1h55 rappelons-le… C’est long, trop long…



Et ce n’est pas le casting qui viendra sauver le film de la noyade. En invitant une véritable flopée de stars hollywoodiennes, Joel Schumacher et d’autres producteurs avides d’argent pensaient certainement rameuter un maximum de gens dans les salles obscures (n’oublions pas que ce Batman a connu un succès non négligeable dès sa sortie), même si pour cela certains personnages du film devaient en pâtir. A commencer par un Batman, campé par Val Kilmer (« heat », « le saint », « wonderland », « déjà vu »…), bien peu expressif, parfois même trop effacé, qui semble paumé au milieu de tout ce foutoir.

Son entourage n’est d’ailleurs pas en reste avec une Nicole Kidman (« moulin rouge! », « les autres », « the hours »…) déguisée en véritable nympho et un Chris O’Donnell dans la peau d’un Robin en pleine crise d’adolescence.

Mais que dire des méchants? Peu crédibles et caricaturaux au possible, nous avons droit à un Double-Face interprété par un Tommy Lee Jones (« JFK », « le fugitif », « men in black », « volcano »…) désireux de jouer les Joker (heu, tu te trompes de personnage Tommy!) et à un Homme Mystère joué par un Jim Carrey (« the mask », « Dumb and Dumber », la saga des « Ace Ventura »…) toujours aussi bête (je n’arriverai décidemment jamais à m’y faire à cet acteur raté…) et faisant preuve d’un maximum d’excentricité qui collait bien plus au Mask qu’à l’ennemi de Batman… Une grosse désillusion aussi bien pour les fans du comic book que pour les simples amateurs dont je fais partie.



Tous ces défauts en cascade se ressentent parfois un peu moins lors de scènes d’action (bastons, courses-poursuites) plus ou moins réussies, sorte d’effet cache-misère en quelque sorte pour tenter en vain de dissimuler un scénario au ras des pâquerettes il va sans dire.
De même, la musique (U2, The Offspring…) semble vouloir égayer un public prêt à pleurer devant ce triste spectacle mais, là encore, n’est pas Danny Elfman qui veut et la BO nous rappelle encore plus que nous sommes bien là devant un blockbuster bas de gamme et rien d’autres…

Au final, ce troisième volet de la saga Batman des années 80-90 est une véritable déception. Scénario long, brouillon, ennuyeux, mince et peu crédible (ça fait beaucoup d’un coup), sans oublier des personnages sans réel intérêt et des méchants caricaturaux… Tant de défauts qui font de ce Batman un blockbuster raté, ni plus ni moins.
« Batman pour toujours » disait le titre du film? Hé ben…