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Réalisation
WHEATLEY Ben

Scénariste
Amy Jump, Ben Wheatley

Date de sortie
11.07.2012

Genre
Thriller

Tagline


Cast
Neil Maskell
Myanna Buring
Harry Simpson
Michael Smiley
Emma Fryer


Pays
Angleterre

Production


Musique
Jim Williams

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.1
(11 votes)
Huit mois après un travail désastreux à Kiev qui l’a laissé physiquement et mentalement marqué, Jay, un ex-soldat devenu tueur à gages, est pressé par son partenaire d’accepter une nouvelle mission. Très vite, Jay commence à ressentir à nouveau les effets de la peur et de la paranoïa…



Vous prendrez bien une petit claque? Non ? Alors, courrez vite faire autre chose, car c’est bien ce que risque de vous mettre ce premier film de Ben Weathley.

La présente chronique restera souvent et volontairement floue sur certains aspects ou situations afin de ne point déflorer les multiples surprises qu’engendreront la vision du film. Vous voilà prévenus.

Les termes « singulier » ou « original » sont souvent galvaudés pour parler de certains films qui, au final, ne font que reprendre de vieux thèmes en les mettant au goût du jour. Et bien pour une fois, « Kill list » mérite réellement d’être qualifié de novateur dans le sens où il mêle de manière non usuelle le thriller, le film de gangsters, le drame psychologique, le fantastique et l’horreur.

Débutant par une tranche de vie visant à suivre les méfaits de deux tueurs à gages, le film bascule lentement, doucement, méthodiquement a t-on envie de dire dans une forme de fantastique sépulcral pour s’achever dans l’horreur la plus sinistre et la plus déconcertante.



Jay est donc un ex-militaire ayant apparemment oeuvré dans les forces spéciales en Irak avec son meilleur ami, un certain Gal qui semble avoir également traîné ses rangers du côté de la lutte armée en Irlande.
Jay a une famille, une femme d’origine suédoise tout à fait ravissante et un petit garçon prénommé Sammy. Gal, lui est un solitaire qui a pour compagne actuelle une certaine Fiona, tout aussi ravissante.

Tranche de vie familiale difficile pour Jay, l’absence de revenus depuis huit mois pèse sur l’harmonie de cette dernière. Surtout que Jay ne semble pas capable de reprendre son «travail» qui lui pèse psychologiquement (on le serait à moins) et qui l’amène parfois à devenir méchant et violent. Beau travail des concepteurs du film qui parviennent à nous rendre les personnages, sinon attachants, du moins authentiques et humains. Le spectateur va pouvoir ainsi entrer dans une forme d’empathie avec les protagonistes, cela s’appelle une mise en place aboutie avant de faire basculer le long-métrage dans le sordide et la violence.



Surmontant ses peurs et obligé financièrement de replonger, Jay accepte en duo avec Gal un contrat visant à assassiner trois personnes. Contrat conclu avec un étrange personnage qui scelle le pacte en entaillant la main de Jay et la sienne et répandant le sang sur une feuille blanche.

On ne dévoilera pas dans les détail ce qui va suivre, sachez seulement que rapidement Jay va par moment plonger dans une folie d’une rare violence face aux perversions ( snuff, pédophilie, ce n’est jamais clair, mais on imagine et c’est déjà largement suffisant ) qu’ils découvrent chez ceux qu’ils doivent assassiner. Leur «boulot» prend dés lors de plus en plus une allure de croisade contre le Mal. Mal qu’ils croiseront pour de bon dans une spectaculaire et anxiogène dernière partie avec comme point d’orgue un final d’une rare cruauté.

Techniquement « Kill list » mélange avec réussite les plans caméra à l’épaule et ceux plus classiques, cela permet de suivre nos deux protagonistes au plus près sans pour autant que ce qui se passe sous nos yeux soit illisible. La part belle est également faite à la gestion du son par la multiplicité des séquences où le son traditionnel est remplacé par un bruit de fond assourdi, technique très efficace pour mettre en avant les troubles psychologiques de Jay et la plongée progressive du métrage dans le fantastique horrifique.

Un fantastique qui atteint son apogée, on l’a déjà dit, dans les 15 à 20 dernières minutes, par une gestion efficace des lumières, des ombres, de la forêt et de la claustrophobie engendrée par une séquence dans un souterrain.



S’il est difficile de classer un tel film (et c’est tant mieux), de par son esprit et son climat, on pourra néanmoins y voir poindre les influences de «Rosemary’s baby» du récent «Left Bank» mais aussi, par son mysticisme et son étrangeté, du formidable «The wicker Man». L’atmosphère tendue et le mystère jamais dévoilé du rôle réel de Jay dans cette histoire pourront également renvoyer aux derniers films d’un David Lynch par exemple.
Les interprétations sur le final devraient d’ailleurs donner lieu à de rudes débats.

Néanmoins, « Kill list » ne ressemble à rien de connu (du moins à la connaissance de l’auteur de ces lignes), il est violent, dramatique, mystérieux, oppressant, parfois tendu comme un slip de moine, tout en étant bien construit scénaristiquement, remarquablement interprété (Neil Maskell et Michael Smiley sont d’une rare justesse dans leur jeu) et risque de trotter un moment dans les têtes

Petite précision à l'attention du lecteur attentif : De par sa forme, son fond et son mélange des genres, le film ne plaira pas à tout le monde, c'est un fait...


Virtuose ? Peut-être. Marquant ? sûrement. A voir ? Inévitablement si vous ne voulez pas passer pour de gros tocards !









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