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Une bande de jeunes décident de passer un séjour dans un chalet à la montagne. Perdus et bloqués en route à cause des intempéries, ces derniers trouvent refuge dans un ancien hôpital psychiatrique. Un établissement qui, quelques décennies plus tôt, abritait des malades mentaux très dangereux dont notamment un groupe de trois jeunes difformes, issus de croisements consanguins, ayant provoqué jadis une émeute ayant abouti à une tuerie sanglante. Alors que nos neufs fêtards s’apprêtent à passer la nuit dans cette immense bâtisse, l’un d’entre eux disparait…



Alors que nous pensions peut-être la saga des « wrong turn » terminée après un troisième opus poussif, un quatrième volet fait son apparition, lui aussi réalisé par Declan O’Brien, réalisateur (ou devrait-on dire coupable) du troisième opus.
Une saga qui s’avère bien sympathique dans son ensemble, bien que régressant au fur et à mesure que nous avançons dans les épisodes (le premier volet est devenu culte dans le registre du survival tandis que le deuxième opus, plus sanglant mais se démarquant par sa touche humoristique bien présente, allait chercher le Prix du meilleur inédit vidéo lors de Fantastic’Arts 2008).

Pas de suite ici mais une préquelle (un procédé devenu légion de nos jours et qui s’avère parfois bien plus payant qu’une énième suite ou pire un remake), histoire de nous expliquer notamment comment nos trois dégénérés du début de la saga se sont retrouvés avec leurs caractéristiques propres à chacun (« three-finger » par exemple n’a plus que trois doigts à une main car il a dévoré les deux autres) et comment ils en sont arrivés à massacrer de pauvres gens ayant le malheur de passer sur leur territoire.



Comme nous y sommes à présent habitués dans la saga, le film commence par une introduction saignante. Dix premières minutes plutôt funs se déroulant dans un hôpital psychiatrique et rappelant des films tels que « le silence des agneaux », « madhouse » ou plus récemment le frenchy « the incident » avec tous ses malades mentaux dangereux enfermés dans leurs cellules. Malades qui vont d’ailleurs réussir à se libérer!

Nous avons alors droit à un véritable bordel dans l’hôpital (qui rappelle un certain « planète terreur » d’ailleurs ou encore une fois « the incident ») avec tous ces fous en liberté qui s’acharnent sur les gardes et autres médecins et psychologues de l’établissement médical.
Une tuerie avec une musique de fond qui, à l’écoute de celle-ci, donne l’impression d’assister à une œuvre de bravoure, comme si le tableau de Delacroix « La Liberté guidant le Peuple » s’animait devant nous (ici, les fous se battant pour leur liberté), avec en parallèle la cruauté d’un « Guernica » de Picasso avec toutes ses personnes qui souffrent, crient, s’agitent sous les coups des assaillants. Une métaphore « musicale » doublée d’un euphémisme (adoucissant la cruauté du carnage perpétré par les pensionnaires du sanatorium par la même occasion) bien pensée laissant présager quelque chose de vraiment plus abouti que l’opus précédent. Une introduction certes pas exempte de défauts (les jeunes jouant les rôles des trois dégénérés consanguins surjouent face à la caméra) mais qui finit en beauté par un écartèlement bien sanguinolent.



Plus sombre, plus pesante et plus inquiétante, l’atmosphère de ce film ressemble bien plus à celle du premier opus qu’à celle des deux autres qui jouaient en partie la carte de l’humour. La neige et l’isolement géographique qu’elle provoque, un établissement délabré et ses longs couloirs peu clarteux, des pièces faisant ressurgir des scènes horribles du passé de l’hôpital psychiatrique : tant d’éléments qui font de ce quatrième volet une œuvre plus froide, plus nonchalante et surtout moins drôle.

A cela s’ajoute, avec ce huit-clos rappelant « cold prey » ainsi que « mutants » entre autres, un certain rythme entretenu par de nombreuses courses-poursuites, cachettes et capture en tous genres.

Par ailleurs, l’inventivité de certains meurtres rajoute un gros plus indéniable par rapport à l’opus précédent. Les meurtres sont, avec l’introduction du film, les points forts (et peut-être les seuls…) de « détour mortel 4 ». Très sanglants, ces derniers sont très variés : démembrements, décapitations, écartèlement, nez arraché… Tant de scènes sanguinolentes qui raviront les fans de deuxième opus. A noter également une scène de « fondue humaine », petit passage très porté sur le torture porn, où nos malades mentaux découpent de petites escalopes dans le corps d’une victime pour ensuite les plonger dans l’eau bouillante avant dégustation.



Et pourtant, malgré tous les bons points que je vous ai donnés ci-avant, force est de constater que le film fourmille de défauts! Le film est certes au-dessus de son prédécesseur mais ne vole cependant pas bien haut (la véritable valeur de ce quatrième opus résidant dans la qualité et la diversité de ses scènes sanglantes). La faute à un scénario bas de gamme bourré d’incohérences et à des personnages tous plus bêtes les uns que les autres (ils passent leur temps à vouloir se diviser), aux réactions plus qu’étranges (ils ont l’occasion de brûler ces trois tarés mais ont finalement de la pitié pour ces meurtriers intraitables, puis ils s’acharnent à chercher les fils des bougies de leurs motoneiges dans l’immense bâtiment…). Et ce ne sont pas nos tarés consanguins qui rattraperont tant d’idioties : mous (ces derniers se laissent vite distancer) et faisant très souvent des mimiques à la limite du ridicule et de la lourdeur (et je ne parle pas de l’un qui s’étrangle après avoir avalé un doigt), ces derniers ne valent guères plus que le « three-finger » de l’opus précédent.

Bref, un panel de personnages pathétiques (dialogues insipides, réactions débiles) qui réussit à lui seul à casser le film, et ce ne sont pas les scènes érotiques gratuites qui rattraperont la qualité de ce casting. Alors que la saga avait réussi à retrouver sa noirceur et sa cruauté du départ, le casting quant à lui déstabilise, ridiculise et anéantit tous ces efforts. Quel gâchis…

Au final, « détour mortel 4 » s’avère bien meilleur que son prédécesseur (et ce, sur tous les tableaux) mais demeure au final un survival bien trop classique pour se démarquer des autres. Reste à revoir le scénario souvent illogique et bourré d’incohérences ainsi que le casting (pour la future préquelle de la préquelle? Le remake de l’original? La troisième vraie suite? Ou je ne sais quoi encore…).








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