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En 1903, le paléontologue britannique Alexander Saxton découvre au Tibet le fossile d’un être mi-homme mi-singe vieux de deux millions d’années. Ce dernier décide alors de rapporter l’hominien dans l’Ouest, à bord du Transsibérien, afin de l’étudier. Alors que la précieuse marchandise est enfermée dans une caisse à l’abri des regards indiscrets, des voyageurs du Shanghaï Express sont retrouvés morts, les yeux blancs, vides et ensanglantés pour la plupart. Très vite, la Police comprend que ces morts étranges sont liés au fossile ramené du Tibet par le paléontologue anglais : en effet, la caisse qui le transportait est retrouvée vide…



Réalisé au début des années 70, "terreur dans le Shanghaï Express" est l’occasion de revoir une fois de plus le duo d’acteurs de la Hammer Christopher Lee et Peter Cushing. Plusieurs années après les épisodes phares des sagas mythiques des Dracula et Frankenstein revisitées par la société anglaise de films fantastiques, les deux acteurs continuent de collaborer ensemble, malgré que l’impact des films suivants soit moins important et les succès plus rares.

Partant d’une idée assez banale (un monstre fossilisé revient à la vie et massacre les gens ayant le malheur de croiser son chemin), le film de Gene Martin réussit toutefois à maintenir son public en haleine grâce à une intrigue qui révèle quelques informations au goutte à goutte au sujet du fameux contenu de la cargaison du paléontologue britannique. "Horror express" (titre original) offre par ailleurs deux-trois péripéties bienvenues qui empêchent de plonger dans une lassitude pourtant pressentie de par plusieurs aspects : un tueur rapidement démasqué, un train comme unique lieu d’action, des dialogues plutôt basiques ou encore des mises à mort sans grande originalité les unes par rapport aux autres.

D’une durée d’1h23, "terreur dans le Shanghaï Express" s’avère donc plutôt plaisant à regarder grâce à ce rythme bien maintenu (les morts sont assez nombreuses) et ce final présentant son petit lot de surprises que je vous laisse bien-entendu le soin de découvrir pour éviter tout spoiler. On remerciera notamment les scénaristes de ne pas s’être uniquement cantonnés à un monstre "physique" mais d’y avoir au contraire apporté quelques spécificités dont l’une que nous retrouverons dix ans plus tard dans un certain film de John Carpenter se déroulant dans l’Antarctique…




La Science est également une entité à part entière dans le film de Gene Martin. Prenant une place considérable au sein du long-métrage, les Sciences se manifestent de diverses façons, que ce soit lors d’autopsie, de recherches au microscope, de réflexions sur la possible vie sur d’autres planètes etc etc… Les hommes de Sciences que sont le professeur Alexander Saxton (Christopher Lee) et le docteur Wells (Peter Cushing) souhaitent manifestement tout vouloir expliquer par le rationnel dans la première partie du film et n’envisagent pas que tout ceci ne soit que pure fiction. C’est donc scalpel et microscope en mains que ses derniers vont tenter de percer les mystères de ces morts peu communes.
Une volonté de tout vouloir expliquer par la Science qui ne pliera pas face à des détracteurs pourtant puissants qui tentent de s’opposer au domaine des Sciences : la Religion (représentée par un homme de Foi un brin illuminé, comme emprisonné dans ses croyances) et les Autorités (représentées quant à elle par un policier bien banal et presque effacé et un capitaine russe tyrannique). [Spoiler] Ces quelques personnages cités ci-avant, représentant des forces morales ou physiques, connaitront un destin fatal dans le film de Gene Martin, confirmant ainsi l’invulnérabilité du monstre [Fin du spoiler].

Suite à ces quelques réflexions sur le scénario et son intrigue, revenons rapidement sur ce qui est clairement un point fort dans ce film : le casting. En effet, comme dit quelques lignes plus haut, nous avons là un duo de choc pour mener la barque en les personnes de Christopher Lee et Peter Cushing. Forts de nombreuses prestations pour la Hammer, nos deux compères n’en sont pas à leur premier film en commun. On peut en effet citer par exemple des long-métrages tels que "Frankenstein s’est échappé!", "le cauchemar de Dracula", "le chien des Baskerville" ou encore "la malédiction des pharaons" dans lesquels nos deux monuments du genre brillaient pour le plus grand plaisir des fans.
Même si "terreur dans le Shanghaï Express" peut souffrir de la comparaison avec certains titres phares sur lesquels Lee et Cushing ont collaboré, ce dernier n’en est pas pour autant un mauvais film. Certes bien moins connu que les précédents long-métrages cités, le film de Gene Martin doit être vu comme un film de genre à part entière et non être comparé à d’autres films de monstres générés par le tandem de choc du cinéma de la Hammer.




Le monstre, parlons-en justement! Car oui, voilà l’un des points quelque peu noirs de cette critique. Il est en effet difficile de parler du monstre "physique" (tel qu’on le voit à l’écran) car ce dernier est toujours tapi dans l’obscurité (on apprendra par la suite qu’il ne supporte pas la lumière). Un cache-misère en quelque sorte, mais qui permet cependant de nous donner une ambiance un peu plus froide / glauque lors de ses quelques apparitions. De ce dernier, nous ne verrons donc principalement qu’une silhouette dans le noir et plus distinctement un bras fort poilu (bah oui, c’est un être mi-homme mi-singe, faut suivre un peu!) et un œil rouge (dont je vous laisserai à nouveau découvrir la caractéristique).

De même pour les meurtres, ne vous attendez pas à des scènes chocs : le film demeure assez "soft" allons-nous dire et ce n’est pas un reproche en soi car les mises à mort sont plutôt efficaces (cris, douleurs, panique, regard pétrifié…) et les cadavres rendent très bien à l’écran (yeux blancs, vides et ensanglantés des victimes, raides mortes à terre dans la pénombre : effets garantis).



Au final, "terreur dans le Shanghaï Express" est un film de genre qui a certes un peu vieilli, comme de nombreux films des années 50-60 et début 70, mais qui réussit à nous maintenir en haleine jusqu’à un final assez divertissant il faut le reconnaitre. Certes, nous ne sommes pas devant le meilleur film du tandem Lee / Cushing mais ce film mérite que l’on s’y attarde car nous sommes tout de même devant un petit classique du film de genre!








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