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La journaliste Angela Vidal et son caméraman suivent une équipe de pompiers à Los Angeles. Au milieu de la nuit, un appel les conduits dans un immeuble où ils découvrent une vieille femme couverte de sang. Quand un homme s'approche pour l'aider, elle l’attaque...à coups de dents. Quelques temps après le bâtiment est circonscrit : plus personne ne peut y pénétrer et encore moins en sortir ! Mais que se passe-t-il dans cet édifice antédiluvien pour en arriver à de telles mesures de sécurité ?



Onze mois (seulement) après la sortie de "[REC]" en Espagne, son remake étasunien, En quarantaine, jaillissait sur les écrans américains. Comment un tel film pouvait être mis en boîte aussi rapidement ? pouvait-on légitimement se demander. Eh bien la réponse est simplissime : tout naturellement en reprenant plan par plan le film original en y ajoutant très peu de nouveautés. Pourtant à la réalisation et au script, on retrouve les frères Dowdle, "coupables" en 2007 de l’incroyable "documenteur" "the poughkeepsie tapes" ô combien novateur et glauque. Enfin, c’est la version officielle, parce que officieusement, En quarantaine reprend les trois-quarts de l’œuvre initiale alors que Jaume Balaguero et Paco Plaza ne sont seulement crédités ici que comme auteurs du film original. Quelle arnaque ! Mais qu’est-ce qui cloche vraiment dans cette adaptation ?



De prime abord, tout remake part très souvent perdant au jeu des comparaisons et rares sont les fois où la deuxième œuvre dépasse l’originale. En quarantaine reproduit ainsi sans vergogne le chef d'œuvre de Balaguero : l’équipe de pompiers suivie par une journaliste et son caméraman (très bavard ce coup-ci !), le vieil immeuble (ici sis à Los Angeles et non plus Madrid) avec ses murs et escaliers délabrés, ses boîtes aux lettres au rez-de-chaussée (et un ascenseur en plus mais complètement inutile !), des habitants divers dont des immigrés (ici les africains remplacent les asiatiques de la première version), et des sortes de zombies - par ailleurs très bien maquillés - ou personnes contaminées ayant décidé de bouffer tout ce qui dépasse des appartements. L’action est filmée façon caméra subjective et, au niveau sonore, on a le droit à la présence permanente de bruits d'hélicoptères et de sirènes de police. Voilà pour l’ambiance ! Ajoutons à tout cela que le film est également handicapé par une romance balancée de but en blanc quand un pompier drague la journaliste pendant le quart d'heure d’introduction ! Ah, ces ricains, de vraies fleurs bleues !

Outre ce manque d’innovation latent, En quarantaine se tire une balle dans le pied quant à rendre véridique son côté documentaire car presque tous les visages qui composent le casting sont trop connus ce qui, avouons-le, plombe l’immersion et l’empathie ! On retrouve donc, pêle-mêle : la belle mais ici trop scream queen Jennifer Carpenter (la série "Dexter", "L’exorcisme d’Emily Rose"), Jay Hernandez ("Hostel"), Johnathon Schaech ("The doom generation") et d’autres "stars" de la télé comme Rade Serbedzija ("24 heures chrono"), Greg Germann ("Ally McBeal"), Steve Harris ("The practice"), Marin Hinkle ("Mon oncle Charlie") ou encore Dania Ramirez ("Heroes").



Toutefois, une innovation a tout de même retenu mon attention et prend la forme d’une scène comique au cours d’un événement tragique, ce qui était totalement absent de "[REC]". Je veux bien sûr parler ici du caméraman qui pour se débarrasser d’un zombie tenace, ne trouve rien de mieux à faire que de lui asséner une série de coups de boule à l’aide de sa caméra ! Franchement trop hilarant et complètement inattendu ! Mais bon, c’est bien maigre, surtout pour les amoureux du film ibérique.



Ainsi, ni bon ni trop mauvais, En quarantaine convient parfaitement à un public d’américains vivant en autarcie et n’ayant jamais visionné d’autres films que ceux de leur grande nation ou bien à ceux qui n'ont pas eu la chance de découvrir le film initial, les autres passeront aisément leur chemin, tant ce fac-similé est une copie quasi conforme de l’original. Pour ce type de spectateurs, le film des frangins Dowdle (qui à la sortie de "[REC]", ont dû flairer là l’occasion de se faire du blé sur leurs terres en le repompant quasi intégralement) peut s’avérer efficace si on n’est pas trop regardant, les autres, qui comme nous à Horreur.com, sont des pointures en cinéma dit de genre, ce long-métrage pourra être considéré comme ennuyeux voire agaçant puisqu’en plus de pratiquement tout plagier version "Made in USA", il en a oublié une idée essentielle sur laquelle repose toute la trilogie, à savoir l’aspect religieux du film. Et ça, venant de la part des américains dont on connaît la propension à saupoudrer nombre de leurs métrages de religiosité mal placée, c’est surprenant !








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