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Réalisation
Jun Fukuda

Scénariste
Shinichi Sekizawa

Date de sortie
1966

Genre
kaiju eiga

Tagline


Cast
Haruo Nakajima
Hiroshi Sekida
Akira Takarada
Toru Watanabe
Chotaro Togin


Pays
Japon

Production


Musique
Masaru Satoh

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 3
(1 vote)
Un yacht coule dans les mers du Sud, semblant ne laisser aucun survivant. Mais le frère d'une des victimes, averti par une médium que ce dernier est encore en vie, décide de partir à sa recherche. Pour cela, il vole un bateau, accompagné de deux personnes rencontrées à un marathon de danse et d'un cambrioleur. Ils essuient bientôt une terrible tempête et échouent sur l'île de Letchi. Celle-ci est sous le contrôle du Bambou Rouge, une organisation terroriste effectuant des recherches nucléaires et exploitant des esclaves.



Comme le laisse entendre le synopsis, ce godzilla prend, comme quelques années auparavant dans "Ghidorah le monstre à trois têtes", une direction clairement inspirée du film d'espionnage. Il faut dire qu'à l'époque, le genre est en plein boum avec le succès de James Bond. L'influence se retrouve ainsi dans de nombreux aspects du film : l'organisation terroriste, les esclaves, les poursuites et même certains combats entre le Big G et Ebirah. On pense ainsi à Opération Tonnerre (le film a même failli s'appeler "Opération Robinson Crusoé !") ou à James Bond contre Dr. No. Comme dans "Invasion Planète X", cela va avoir un effet sur la présence à l'écran des monstres. Si Ebirah, sorte de crustacé géant (en japonais, le mot "ebi" signifie d'ailleurs crevette), nouveau venu dans la série, apparaît à plusieurs reprises (son territoire s'étend en effet dans les eaux entourant l'île, empêchant ainsi toute évasion), godzilla n'apparaît que dans la seconde partie du film. Quant à mothra, son rôle sera quasiment limité à une simple présence passive, passant 1h10 sur les 1h20 du film endormie, pendant que le peuple de Infant Islant tente de la réveiller, à grands renforts de chants et de chorégraphies.



Mais ce septième film de la série marque surtout un changement important au niveau de la réalisation. En effet, jusqu'ici à l'exception de "Le Retour de Godzilla 1955" de Motoyoshi Oda, tous les godzilla de la série, ainsi que "Rodan", "Mothra" et bien d'autres, avaient été réalisés par Ishirô Honda. " Ebirah Horror of the deep " (le titre anglais du film sous lequel il est mieux connu et a même été commercialisé récemment en DVD) voit l'arrivée derrière la caméra de Jun Fukuda. Ce dernier a un passé d'assistant réalisateur, et a même réalisé quelques films passés plutôt inaperçus. Peu à l'aise avec le monde du fantastique ou avec godzilla (il aurait même estimé que le "Godzilla" original n'aurait pas dû avoir de suite, toutes plus mauvaises les unes que les autres), ce réalisateur marquera d'une façon définitive le personnage de Gojira, bien que le mystère persiste sur le véritable contrôle qu'il a eu sur les scénarii et sa réalisation face à la politique de la Toho visant à faire du monstre une icône pour le jeune public.



De fait, ce côté enfantin, esquissé dans les précédents films, va se retrouver totalement assumé ici. godzilla s'humanise, aussi bien côté visage que côté attitudes. Le Roi des Monstres fête ainsi ses victoires en prenant des poses spéciales, s'assied pour se reposer, se gratte le museau...Il va même jusqu'à éprouver de la sympathie pour une jeune femme, relation qui restera bien sûr au stade de simples échanges de regards. Son adversaire ne sera pas en reste, puisqu'il lui proposera une partie de volley-ball avec un rocher dans une scène anthologique : revers de pinces, coups de tête, coups de queue, tout y passe dans cet affrontement. De même lors du combat final, Ebirah se verra arracher ses membres, que godzilla fera joyeusement claquer pour manifester sa supériorité.

Les situations rencontrées dans le film sont également assez cocasses, avec des personnages qui apparaissent bien peu malins. Ils errent ainsi de gaffes en gaffes pour un côté humoristique totalement assumé, mais aussi bien souvent assez lourd. Ils sont néanmoins par moments frappés d'éclairs de génie, comme ce plan visant à ressusciter godzilla pour détruire la base cachée, ou celui visant à empêcher les terroristes de s'enfuir par la mer. Le film est également marqué par un budget moins important, préfigurant là aussi les épisodes à venir. Cela entraîne plusieurs conséquences : le transport de l'action sur une île, afin d'éviter les dépenses liées à la réalisation de maquettes de villes trop compliquées, le faible nombre de destructions et l'absence d'affrontement avec l'armée, l'absence des jumelles Emi et Yumi Ito dans le rôle des Shobijins, remplacées par les bien moins mignonnes "Pair Bambi".



Premier godzilla réalisé par Jun Fukuda, " Ebirah Horror of the deep " marque donc, après quelques hésitations, l'entrée de plain-pied de la saga dans le domaine du film pour enfants. Si le film est assez mauvais, accumulant les défauts, il se laisse suivre avec plaisir pour peu qu'on apprécie le second degré japonais (et ça, c'est déjà assez éliminatoire). Et surtout, comment ne pas tenter de sauver ce qui peut encore l'être quand on sait que le prochain film de la saga est celui qui fera apparaître Minilla, dans le bien nommé Fils de godzilla qui, si Ebirah était en équilibre plus que précaire, précipitera la série au fond du gouffre.