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En 1995, un groupe de scientifiques et de militaires se rendent sur Birth Island, où vivent Godzilla et Little Godzilla, pour essayer le Projet T. Selon ce plan, il est prévu d'implanter un récepteur sur Godzilla, ce qui permettra à la G-Force de contrôler le monstre géant par télépathie, avec l'aide de la médium Miki Saegusa. Cette dernière est avertie par les Cosmos, les gardiennes de Mothra, qu'un monstre se dirige vers la Terre pour détruire Godzilla et conquérir la planète. Ce dernier ayant détruit une station orbitale de la NASA, le robot MOGERA est envoyé pour l'intercepter...



Poursuivant sa cadence infernale, Godzilla réapparaît l'année suivant "Godzilla vs MechaGodzilla 2" pour le 21ème film de la saga, et l'avant-dernier de la série Heisei, avant "Godzilla vs Destoroyah". Comme pour les autres épisodes depuis 1991, il remet une créature du bestiaire de la Toho au goût du jour, tout en introduisant un nouveau monstre. La résurrection concerne ici mOGERA (ou mOGUERA), qui n'était jusqu'alors apparu que dans un seul film: "Prisonnières des Martiens" (The mysterians) en 1957. C'est donc évidemment sa toute première apparition aux côtés du Roi des monstres et, pour l'occasion, il est totalement redessiné, passant d'un look désuet et kitsch à celui d'un robot high-tech. Car oui, celui dont le nom signifie "Mobile Operation Godzilla (Universal) Expert Robot Aero-type", rien que ça, est un nouveau robot, débarquant dans la série juste après les destructions de mechaGodzilla et du Garuda. Ce qui entraînera ainsi certains passages très semblables au film précédent. Comme les précédents, il est piloté par un équipage, arborant fièrement un énorme "M" sur le casque.



On retrouve également dans le film le fils adoptif de Godzilla, dont le nom passe de "Baby Godzilla" à "Little Godzilla", et qui ressemble bien moins à son père que lorsqu'il était plus jeune : une apparence beaucoup plus douce, plus enfantine en fait, avec de grands yeux, une grande bouche. La chose pousse de petits cris aigus, se prend d'affection pour les humains et apparaît sur son propre thème, une petite musique toute guillerette... En quelques mots: on n'est plus très loin de minilla, "Le Fils de Godzilla". D'ailleurs, une série pour enfants mettant en vedette le mini-monstre sera un temps envisagée, avant d'être abandonnée. Ce sera l'élément d'identification pour les plus jeunes, qui permettra de renforcer le côté maléfique du nouveau venu : SpaceGodzilla.

Un nouveau clone de Godzilla donc, qui vient de l'espace. Ils ont dû passer des nuits blanches à lui choisir ce nom à la Toho. Evidemment, on peut se poser la question : comment un monstre spatial peut-il ressembler à ce point au Big G? malheureusement, l'explication est fournie dans le film: des cellules de Godzilla seraient arrivées dans l'espace suite à la mort de Biollante (qui possédait ces cellules) à la fin de "Godzilla vs Biollante" ou suite au départ de mothra dans."Godzilla & mothra: the battle for Earth". Les-dites cellules auraient alors été absorbées par un trou noir (!), puis recrachées par un trou blanc (!!), tout en assimilant un cristal spatial et gagné de la puissance (!!!). Le résultat : une créature dont le physique évoque Godzilla, avec une crête de coq, d'énormes cristaux en forme de cônes sur les épaules (voire sur tout le dos lorsque l'animal vole) et une queue bien plus longue que l'original.



Trois monstres principaux donc, plus little godzilla qui n'apparaît heureusement qu'assez peu. Juste le temps de se faire malmener par le monstre de l'espace, qui est vraiment "très très méchant". Une combinaison qui donne ainsi de nombreux combats, le film ne perdant que peu de temps à développer un scénario de toute façon très mince. Ceci nous amène au principal défaut du film : les affrontements. manquants cruellement de rythme et d'intensité, ils se limitent principalement à des combats des rayons, à distance, les affrontements au corps à corps étant ainsi réduits au strict minimum. Si au début, ce n'est pas si gênant, ça devient très rapidement rébarbatif et lassant, d'autant que les combats s'éternisent,, notamment cet interminable affrontement final, donc les rebondissements peinent à retenir l'attention du spectateur.

Si encore les scènes entourant ces combats étaient intéressantes ! mais non. L'intrigue sur la télépathie est rapidement expédiée, de même qu'une intervention de la mafia japonaise qui n'apporte strictement rien au film, sinon quelques gunfights mous. Le réalisateur Kento Yamashito, nouveau venu sur la saga, nous offre même un hommage involontaire à Ed Wood, avec une erreur de continuité incroyable : dans la même scène, d'un plan à l'autre, on passe de la nuit au jour ! Il use et abuse également de gros plans sur les visages des monstres, pour bien nous montrer leur détermination...Ce qui semble logique (enfin, dans le film), puisqu'on apprend, dans une scène qui ferait vomir leurs larmes aux plus acharné(e)s des fans d'histoires à l'eau de rose. Imaginez : un romantique coucher de soleil, sur une plage. Notre médium miki Saegusa est en pleine discussion avec un prétendant. Quand soudain, elle affirme : "mais Godzilla aussi a des sentiments !". même si la niaiserie du personnage à propos du monstre n'est plus à démontrer depuis son apparition dans la saga, je vous assure que la scène laisse franchement pantois.



Si la réalisation et le scénario ne sont guère brillants, la musique est encore pire. En dehors de l'éternelle reprise du thème de Godzilla, le reste est franchement mauvais, voire irritant comme le thème de little godzilla. Le film abuse enfin d'effets numériques pour certains passages, notamment ceux concernant mothra ou l'explosion de la station orbitale. Le costume de Godzilla, ne supportant pas de passer autant de temps dans l'eau, semble parfois abimé, et le monstre a la fâcheuse tendance à tomber latéralement plusieurs fois dans le film. Tout cela fait de ce "Godzilla vs SpaceGodzilla" un film vraiment moyen, le moins bon de la période Heisei. Le film sera suivi par l'un des épisodes les plus importants de la saga: "Godzilla vs Destoroyah", qui marque une nouvelle retraite du monstre, pour passer la main aux Etats-Unis.








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