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Les humains continuent à polluer l'environnement. Ce problème menace bientôt le monde marin de Seatopia, à qui l'on devrait apparemment les statues de l'île de Paques. Le Roi Antonio décide alors d'envoyer Megalon, un monstre géant aux allures de scarabée, punir les humains. Dans le même temps, il envoie des hommes s'emparer de Jet Jaguar, un robot ultra sophistiqué, pour guider le monstre.



"On prend les mêmes ingrédients et on recommence" pourrait être le mot d'ordre de l'équipe de Jun Fukuda lorsqu'il réalisa ce Godzilla vs Megalon. En effet, ce treizième film de la saga ne va pas s'encombrer d'originalité, et va reprendre quasiment à l'identique la trame et les éléments clés du film précédent, "Godzilla vs Gigan": un film enfantin, quelques relents d'espionnage, et quatre monstres répartis en deux équipes. La seule différence de taille se fait au niveau de l'acteur portant le costume de Godzilla: après avoir joué le rôle pendant les douze premiers épisodes, Haruo Nakajima a pris sa retraite. Il faut dire que jouer sous les costumes n'est pas de tout repos (parallèlement aux Godzilla, il a également joué dans la plupart des kaiju eiga de la Toho tels que "Mothra", "Rodan", et dans beaucoup de films de Honda comme "Matango" ou "H-Man"), et ce cascadeur, ceinture noire d'arts martiaux, a connu de nombreuses blessures au cours des tournages, entre brûlures, électrocutions et étouffements. Également marqué par le décès du roi des effets spéciaux de la saga, Eiji Tsuburaya, il interpréta donc le monstre géant une dernière fois dans godzilla vs gigan avant de vivre une retraite bien méritée. Il est dans ce film remplacé par Shinji Takagi, dont ce sera l'unique rôle, avant que le rôle ne soit repris par celui qui joue le monstre Gigan ici: Kenpachiro Satsuma, qui marquera la saga de son empreinte.



Jun Fukuda, on le sait, est coupable de quelques uns des plus mauvais Godzilla de la saga. Alors qu'on pouvait penser qu'il avait tiré quelques leçons en nous livrant son honorable "Godzilla vs Gigan", on se rend rapidement compte qu'il retombe dans ses travers. Le film est clairement destiné aux enfants, et aux spectateurs très indulgents avides de troisième degrè. Totalement kitsch et décalé, le film partage la communauté des fans du Big G, certains y voyant un nanar affligeant, les autres une oeuvre assumant complètement son côté loufoque. Je penche personnellement pour le nanar affligeant, m'appuyant pour cela sur une réalisation vraiment peu inspirée et des acteurs en roue libre, le tout au service d'idées grotesques. Il faut voir par exemple les poursuites automobiles du film, un régal de n'importe quoi. Même le fait de descendre des escaliers devient un prétexte pour que les acteurs s'amusent, avec ces scènes incroyables où un personnage descend les marches en effectuant de gracieux sauts...Les dialogues contribuent également à tout cela, les personnages nous abreuvant sans sourciller, et sans conviction, de remarques grotesques et totalement inadaptées.

Au jeu du ridicule, la palme revient quand même, en ce qui concerne le casting humain, au roi de Seatopia. Incarné par l'acteur américain Robert Dunham, ses trop rares apparitions provoquent invariablement un large sourire. Alors que son peuple semble lié à l'île de Paques et à ses colosses, le roi Antonio semble se prendre pour un Empereur romain ou grec, vêtu d'une toge bien trop ouverte, laissant apparaître un torse dont la pilosité est assez effrayante. Déambulant au milieu de gadgets ringards et de danseuses en pleine chorégraphie, c'est sans émotion qu'il nous confiera que sa nation est en danger et qu'il faut détruire les humains pour survivre. Et d'appeler Megalon, une divinité seatopienne, pour aller effectuer la sale besogne, et de communiquer avec le roi de la Planète M (?) pour obtenir l'aide de Gigan.



La fameuse divinité, Megalon, va dépasser tout ce qui avait été fait dans les autres films. A vrai dire, elle pousse presque à reconsidérer Minilla et Gabara de "Godzilla's Revenge" tant son ratage est intégral. Ressemblant vaguement à un scarabée au niveau des mandibules, des ailes et de la corne qui lui orne la tête, elle dispose, comme Gigan, d'armes au bout des bras. Si je souligne cette ressemblance, ce n'est pas anodin. Parce que cela va servir aux producteurs pour faire des économies. Ainsi, lorsque Megalon sera attaqué par les forces aériennes du Japon, ce seront les pinces de Gigan qui détruiront les appareils humains. Le problème, c'est que ça ne passe évidemment pas inaperçu, et que le monstre extraterrestre n'est pas encore arrivé sur Terre. Autre ressemblance pratique: Megalon utilise pour détrure les villes un rayon identique à celui qu'utilise King Ghidorah. Les nombreuses destructions de villes et de véhicules seront donc reprises des films précédents, qui étaient elles-mêmes parfois déja reprises de films précédents! C'est particulièrement flagrant ici dans le sens où, à la différence du dragon tricéphale, Megalon n'a qu'une seule tête...Les plans montrant plusieurs rayons venir de sources différentes, le rendu est assez amusant. Le costume lui même n'est pas très convaincant, notamment lorsqu'il est mouillé, et l'acteur a tendance à en faire des tonnes, se déplaçant par bonds, effectuant quelques pas de danse. Notons enfin que le monstre est capable de rire.

A côté de Megalon, un autre nouveau monstre fait son apparition: Jet Jaguar. Ce personnage est issu d'un concours que la Toho avait lancé afin de créer un nouvel héros. C'est un enfant, élève d'école primaire, qui remporta le concours grâce à "Red Arone", rebaptisé ensuite Jet Jaguar. Il s'agit donc d'un robot ultraperfectionné, qui renvoit directement au populaire Ultraman. Il s'agit d'un robot "évolutif": il est capable, au prix d'une chorégraphie qui présage déja des méfaits de la tektonik, de grandir grâce à sa volonté. En effet, Jet Jaguar n'est pas un robot comme les autres, il est capable d'échapper au contrôle de ses inventeurs juste pour défendre la Terre!Un personnage uniquement destiné à attirer un large public donc, et qui sera le véritable héros de ce Godzilla. Ce dernier d'ailleurs, semble vraiment n'être qu'une guest star tant son rôle à l'écran est réduit. Il ne sera finalement là que pour sauver Jet Jaguar dans le dernier combat du film. Et ce n'est pas vraiment un défaut tant son costume fait peine à voir. Construit en une semaine, il sera le costume le plus enfantin de tous: de grands yeux (qui ne bougent pas forcément très bien d'ailleurs), un visage amical, des dents régulières: le monstre atomique est plus que jamais le héros des enfants. A ces trois monstres, il faut ajouter Gigan, qui rempile après le film précédent. Son arrivée tombera un peu comme un cheveu sur la soupe d'ailleurs. Dès lors, les combats entre monstres pourront débuter. Cette fois, l'influence du catch est encore plus insistante que dans "Godzilla vs Gigan". Ainsi Megalon, le méchant, se voit dominer par Jet Jaguar, le gentil. Un second méchant viendra alors, Gigan, pour un combat qui se trouve forcément déséquilibré. Complicité entre les deux méchants, gentil dépassé et passé à tabac, prises à deux rythmeront ses minutes. Et quand tout semble perdu, une musique se fait entendre, et Godzilla fait son entrée, à grands renforts de gestes et de cris, exactement comme les protagonistes de ce sport spectacle. Jet Jaguar, reconnaissant, lui serrera la main (!!!), et ils s'occuperont des méchants, qui tenteront bien sûr les pires stratégies pour prendre le dessus: prise d'otage, provocations, armes, faire le mort, coups bas...Les gentils s'en sortiront par leur détermination, leur abnégation, leur entraide, et refuseront bien entendu de tricher.



Notons que ni Megalon, ni Jet Jaguar, ne réapparaîtront dans un autre des films de la saga, malgrè une certaine popularité pour le premier. La niaiserie de l'ensemble réussira même à réduire à néant l'essai de message engagé du début du film: voici en gros les conclusions qu'en tirent deux des personnages principaux: Megalon a été réveillé par un peuple sous marin, les Seatopiens, qui veulent de venger des essais nucléaire. A la fin, les gentils monsieur se disent entre eux qu'ils ne feront plus d'essais, parce que c'est vraiment pas bien. Voila, message écolo torché en 10secondes, merci, bonsoir! Un néant presque total donc, qui peut néanmoins être vu comme une grosse farce assumée par certains. Un des films que j'aime le moins dans la saga, malgrè un combat final amusant. Allez, pour le mot de la fin, je ne résiste pas à l'envie de vous reproduire les paroles de la chanson qui vient clôturer le film:
"c'est bel et bien un robot créé par l'homme
JET JAGUAR! JET JAGUAR!
tu es notre héros, tu vas sauver la paux du monde entier, tu feras preuve de courage!
GODZILLA ET JAGUAR! PUNCH PUNCH PUNCH!
ne pleurons pas, devenons aussi fort que toi!"
Quand je vous disais que c'était niais.