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Godzilla est en pleine forme et détruit tout sur son passage. Soucis : son coeur nucléaire est en surchauffe et risque d'exploser dans peu de temps, menaçant ainsi l'ensemble de la Terre. L'usage des armes étant devenu impossible dans ces conditions, les scientifiques se penchent sur l'Oxygen Destroyer, mais libère bientôt un micro-organisme qui va grandir jusqu'à devenir immense: Destoroyah...



1995 marque certainement pour godzilla l'une des dates les plus importantes de sa longue histoire. Après 40ans de bons et loyaux services, le monstre doit mourir. La Toho a en effet signé un accord expatriant son icône de l'autre côté du Pacifique, et ne prévoit à cette époque pas de réaliser un nouveau godzilla avant 2005. Il faut dire que la période Heisei, sans être un gouffre financier, ne rapporte pas autant que les anciens godzilla, malgré des films de bonne qualité. Soucieuse de préserver son monstrueux bébé, la Toho a inclus dans cette passation de droits nombre d'alinéas et de stipulation selon lesquels l'adaptation hollywoodienne ne trahira pas l'esprit de la saga. L'avenir montrera que finalement, Emmerich et sa clique n'en feront qu'à leur tête.

"Godzilla vs Destoroyah", 22ème film de la série, doit donc marquer la fin du godzilla japonais. Et comme pour toute légende, cette fin se doit d'être grandiose, et est accompagnée de nombreux événements symboliques. Ainsi, Kenpachiro Satsuma, l'acteur caché sous le costume du monstre depuis "Le Retour de Godzilla 1984", annonce qu'il ne reportera plus la combinaison. Akira Ifukube, compositeur historique de la saga, travaille pour la dernière fois sur un godzilla, de même que le producteur Tomoyuki Tanaka, créateur du monstre avec Honda et Tsuburaya en 1954. Megumi Odaka, interprête de Miki Saegusa depuis "Godzilla vs Biollante", ne réapparaîtra plus au cinéma. Encore plus symbolique, le bassin ayant servi à filmer les miniatures s'apprête à être bétonné par la Toho. Une sortie en beauté, qui ne laissait plus pour seule inconnue celle du scénario. Plusieurs furent envisagées: le godzilla de la période Heisei devait affronter le fantôme du godzilla original dans un "Godzilla vs Godzilla". Mais le monstre ayant déja affronté des doubles au cours de "Godzilla vs Mechagodzilla II" et "Godzilla vs Spacegodzilla", et la Toho sans doute effrayée à l'idée de méler du fantastique pur à la saga, le projet fut abandonné. On notera également l'idée selon laquelle godzilla devait affronter Bagan, le boss final du jeu vidéo "Super Godzilla" sur la Super Nintendo.



Finalement, le scénario retenu va mettre en parallèle le film avec le tout premier "Godzilla", puisque l'intrigue va être centrée autour de l'Oxygen Destroyer, l'arme utilisée dans le premier film. "Godzilla vs Destoroyah" comportera ainsi quelques extraits du film de 1954, mettant notamment en scène le Professeur Serizawa, par le biais des souvenirs de Emiko Yamane, interprétée 40ans après par Momoko Kôchi, qui jouait déja le rôle à l'époque! L'histoire de ce 22ème film est simple: godzilla apparaît flamboyant, et détruit tout sur son passage. On apprend rapidement que son coeur nucléaire est en surchauffe, et qu'il risque d'exploser dans peu de temps, menaçant ainsi l'ensemble de la Terre. L'usage des armes étant devenu impossible dans ces conditions, les scientifiques se penchent sur l'Oxygen Destroyer, mais libère bientôt un micro-organisme qui va grandir jusqu'à devenir immense: Destoroyah.

Un scénario très simple donc, semblable à ceux des précédents épisodes, basé sur le face à face entre deux monstres. Qui seront en réalité trois, puisque le bébé godzilla des deux épisodes précédents a bien grandi, ressemblant enfin à son aîné, et portant désormais le nom de godzilla Junior. Mais finalement, le combat entre monstres n'interviendra que dans les dernières 35 minutes du film, le reste étant consacré au nouveau danger que représente ce godzilla prêt à exploser et l'évolution de la forme de vie qui deviendra Destoroyah. Autant le dire tout de suite: ce Destoroyah (né de l'Oxygen Destroyer, ce qui justifie son nom) va faire un adversaire décevant au roi des monstres. Surtout qu'il était prévu pour être son dernier adversaire...Bien qu'imposant, son design est assez loupé, entre crustacé et reptile, et il manque cruellement de charisme, même avec sa machoîre rétractile à la "Alien". A mon humble avis, un King Ghidorah aurait fait un "dernier" adversaire bien plus intéressant, mais bon. On notera en tout cas que ce Destoroyah ne réapparaîtra plus du tout dans la saga. Bien fait!



Heureusement, godzilla dans sa version "fusion" est sublime. Le costume utilisé pour le film précédent a été modifié pour lui donner cette nouvelle apparence: des centaines de diodes oranges ont été greffées, un mécanisme dégageant de la fumée a été ajouté et les yeux pouvaient s'allumer. Le monstre semble réellement proche de l'explosion, et sa luminosité donne une atmosphère particulière aux scènes nocturnes. Avec ce film, godzilla redevient la star qu'il était, retrouvant enfin sa puissance et sa détermination d'antan au cours d'un combat final titanesque, et Takao Okawara va lui réserver des passages sublimes malgré la simplicité du scénario. Jouant la carte de l'émotion, notamment dans les relations entre la médium Miki Saegusa et godzilla Jr et entre les deux godzilla, il nous livre de belles images, principalement celle de conclusion. Mais surtout, c'est Akira Ifukube qui est en grande forme, et qui livre avec son requiem l'une des plus belles musiques de la saga pour accompagner la fin de godzilla. C'est un sentiment de nostalgie qui plane sur les dernières minutes, les personnages n'éprouvant aucune joie de voir godzilla enfin vaincu...



Au final, ce "Godzilla vs Destoroyah" était une fin plutôt décevante à la saga. Un scénario trop simpliste, surtout à côté du "Godzilla vs Godzilla" envisagé un temps, un adversaire indigne du rôle de bourreau, et un rythme en dents de scie. Toutefois, la fin du film relève tout ça, et offre un véritable hommage au monstre...avec l'indication que tout n'est pas terminé. Si la Toho ne prévoyait pas de nouveau godzilla avant 2005, la version de Emmerich fut perçue comme une telle injure que le monstre fut déterré dès 1999 pour une nouvelle ère, qui sera baptisée du nom du 24ème film: "godzilla 2000: Millennium".