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Le petit Ichiro est un jeune écolier, souffre-douleur de ses camarades. Afin d'échapper au calvaire que constitue son quotidien, il se réfugie dans ses rêves, dans lesquels il se trouve sur Monster Island et se lie d'amitié avec Minilla, le fils de Godzilla, également confronté au même genre de problème, à une autre échelle. La curiosité d’Ichiro l'amènera, dans sa vie réelle, à croiser le chemin de deux braqueurs de banques en fuite.



Avant de lire le synopsis du film, l'espoir est permis : la présence en tant que réalisateur d’Ishirô (le prénom du personnage principal est-il un hasard?) Honda est rassurante. Créateur de la saga avec "Godzilla", le bonhomme a réalisé les meilleurs films de la série jusqu'alors, avec "Mothra contre godzilla" ou même "Ghidorah le monstre à trois têtes", et surtout redressé la barre d'un vaisseau qui sombrait dans les profondeurs après plusieurs films moyens/mauvais grâce à "Destroy all monsters". Pourtant, les illusions s'envolent rapidement en lisant le synopsis du film. On y apprend donc que Minilla aura une grande importance, et surtout que le personnage principal sera un gamin, qui se liera d'amitié avec le mini-monstre...! D'ailleurs, le film ne perd pas de temps à annoncer la couleur (à vrai dire, celle-ci est annoncée dès le menu du DVD zone 1), nous assénant une musique tout à fait ringarde, mélange improbable de ce qui d'un côté sonne comme de l'électro, et de l'autre comme un dérivé de disco...Le tout sur un tour d'horizon rapide de stock-shots d'épisodes précédents et d'images nous présentant les monstres présents. Outre godzilla et Minilla, nous y apercevrons donc les stock-shots/images de Kamacuras, Kumonga et du nouveau venu Gabara (qu'il est impossible de décrire avec des mots...).



On apprend alors que ces images sont le fruit de l'imagination d'un jeune garçon, Ichiro. Souffre- douleur de ses camarades, le bousculant, le rackettant et se moquant de lui, l'enfant, vêtu d'un short moule-couche retenu par des bretelles, d'une veste bleue et coiffé d'une casquette jaune criard, imagine en effet se retrouver, à chaque fois qu'il dort, sur Monster Island. Il y rencontre des (stock-shots de) monstres, certains se contentant d'une apparition de quelques secondes comme Rodan, Anguirus, Manda ou Gorosaurus. Mais surtout, il y fait la connaissance de Minilla, qui deviendra rapidement son ami. Pour faciliter les choses, le fils de godzilla devient ici capable de parler...Non pas comme un monstre, ce serait encore trop compliqué (mais pas nouveau...), mais avec une voix humaine ! Et pour bien illustrer ce fait, le costume du monstre possèdera une mâchoire articulée de façon spéciale, achevant le ridicule des situations dans lesquelles Ichiro et Minilla discutent, commentent les (stock-shots de) combats, se confient l'un à l'autre et expriment leur joie en dansant ensemble (je n'arrive toujours pas à croire ce que je viens d'écrire...). Ce dernier est en pleine éducation, et a des difficultés à surmonter les épreuves que lui impose son père, comme cracher le feu.



Vous avez une impression de déjà lu (ou déjà vu pour les malheureux ayant déjà subi "Le fils de godzilla")? C'est normal, le film reprend ici des scènes entières de plusieurs films précédents. En vrac, on retrouvera donc l'apprentissage du rayon atomique et les batailles entre godzilla et les Kamacuras ou contre l'araignée Kumonga, provenant du film sus-énoncé, mais aussi quelques scènes de "godzilla, Ebirah et Mothra : Duel dans les mers du Sud", comme l'attaque du Big G par les avions ou les affrontements entre le lézard atomique et la crevette géante Ebirah. Ces affrontements sont d'ailleurs regroupés en une seule scène, posant évidemment un problème de continuité, le premier combat ayant lieu de nuit et le second, de jour...Mais à ce niveau du film, on n'est déjà plus à un défaut près...Mais revenons-en aux épreuves que doit affronter Minilla. Outre cracher son rayon atomique donc, le bébé monstre est surtout poussé par son père (au sens propre même, ce dernier n'hésitant pas à lui mettre des baffes et des coups de pied...dommage que personne n'en fasse de même avec Ichiro...ou avec Ishirô sur ce film, si vous voyez où je veux en venir...) à affronter une autre créature géante, Gabara, dont c'est heureusement la seule apparition dans la saga, afin de devenir un homme (enfin, un monstre digne de ce nom). Evidemment, les premiers contacts tourneront en défaveur du rejeton monstrueux, violenté par Gabara, qui n'hésitera pas à se moquer du pauvre Minilla. Et là, la vérité nous saute aux yeux (enfin, pour ceux qui ne les ont pas déjà fermés de fatigue) : le film nous fait suivre les parcours initiatiques parallèles d’Ichiro et de son monstrueux ami ! Devenir un homme, faire preuve de courage, faire face à l'adversité, les deux enfants ont donc le même destin, à une échelle différente. Et de fait, ils se serviront de leur amitié pour braver leurs terribles épreuves. Le fils de godzilla parviendra en effet à repousser Gabara grâce aux encouragements, à l'aide et aux conseils de son ami humain.



Le renvoi d'ascenseur ne se fera pas attendre, puisque le jeune héros, capturé par deux braqueurs de banques en fuite, réussira à leur échapper grâce à l'encouragement de Minilla, mais surtout en utilisant les mêmes techniques de combat : la fuite, la morsure, le piège -seule idée amusante du métrage en ce qui concerne Minilla d'ailleurs-, et même un souffle atomique fait maison. Macaulay Culkin n'a qu'à bien se tenir, Ichiro nous la jouant "Maman, j'ai raté l'avion!" avant l'heure (pendant qu’Ishirô nous la joue "Maman, j'ai raté mon film!"...). Tout est ainsi bien qui finit bien, l'humain finissant par être accepté et respecté par ses anciens tortionnaires de camarades, tandis que le monstre fera enfin la fierté de son père, qui semblera même lui déposer un baiser sur le front. C'est-y pas mignon tout plein ça ? Tiens, godzilla, puisqu'on parle enfin de lui, n'apparaît que très peu dans le film. Le temps néanmoins de changer de look selon les stock-shots utilisés. Il sera néanmoins au centre de scènes inédites contre Gabara, dans le cadre de combats manquant cruellement de punch, écartant ainsi la seule possibilité de sauver le métrage du néant intégral. D'ailleurs, Honda réussira à rater les rares scènes qui ont dû être filmées, nous proposant un montage épileptique et vomitif, filmant ses combats en plans serrés de deux secondes maximum, cadrant des parties des monstres pas toujours identifiées...Pour résumer, ce dixième épisode de la série est donc un raté complet, un navet (oui, même pas un nanar) consternant, dans lequel la réalisation, le scénario, le jeu d'acteur et la musique rivalisent de nullité au milieu des stock-shots. La seule qualité du film finalement, c'est de ne durer qu'un peu plus d'une heure et donc d'abréger assez vite les souffrances des spectateurs. Le genre de film qui fait qu'il est parfois difficile d'être fan de kaiju eiga, et qui, en tant que niveau zéro du cinéma, ne mérite qu'une seule note.