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Godzilla est de retour, et continue sa vague de destruction. Armée et scientifiques s'opposent: faut il tuer Godzilla ou l'étudier, d'autant qu'un savant semble avoir découvert les origines des capacités exceptionnelles du monstre. Dans le même temps, un OVNI fait son apparition, après avoir été en sommeil depuis 60 millions d’années...



Vingt-troisième épisode de la saga japonaise, godzilla 2000 y tient une place particulière pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il s’agit du premier film mettant en scène le monstre après l’épisode américain ("Godzilla (1998)"). Face à ce dernier, considéré comme un véritable sacrilège au pays du soleil levant, la décision est rapidement prise de faire revenir l’icône plus tôt que prévu, alors qu’elle ne devait revenir que vers 2005 . Pourtant, le studio Toho va également profiter du succès international du film de Emmerich : en effet, celui-ci va permettre à leur nouveau film de sortir sur les écrans américains, ce qui n’était plus arrivé depuis "Le Retour de Godzilla 1984" ! Ce qui posera évidemment une nouvelle fois le problème de l’américanisation du produit, dont plusieurs éléments seront modifiés avant la sortie nord-américaine.



Ces deux spécificités vont entraîner un certain paradoxe autour du film : d’un côté, les japonais veulent faire oublier le godzilla de 1998, mais veulent par ailleurs surfer sur le succès de ce dernier pour redynamiser une saga essoufflée. Un paradoxe qui va donner un film hybride à bien des égards. Ainsi, on sent une réelle volonté de bien faire côté interprétation, scénario et effets spéciaux, tout en essayant de conserver une trame classique, avec une histoire mâtinée de science-fiction, et conclue par un versus, dans une des grandes traditions de la saga. On notera d’ailleurs que ce scénario classique a été préféré à un autre dans lequel le Big G devait affronter les armées du monde entier. Un classicisme qui reflète finalement la frilosité de la Toho dès qu’il s’agit de toucher à godzilla. Le film est d’ailleurs confié à Takao Okawara, déjà réalisateur de trois épisodes de la saga, metteur en scène adepte de la vieille école. Bref, à aucun moment les moyens utilisés ne reflètent véritablement l’ambition affichée, ce qui sera également flagrant en ce qui concerne les effets spéciaux : conscients de la nécessiter de dépoussiérer un peu la série, les japonais vont remplir leur film d’effets numériques, à côté des traditionnels effets en suit motion.

Ainsi, pour la toute première fois, une scène montrera godzilla entièrement en CGI, lors d’une scène aquatique. Malheureusement, la plupart de ces effets sont loupés, souvent très mal incrustés au paysage...et largement en dessous des effets classiques, particulièrement réussis. Le costume de godzilla bénéficie d’ailleurs d’un nouveau design, le rendant plus agressif et plus animal, et bien plus réaliste que par le passé. On notera une certaine originalité au niveau des écailles dorsales, bien plus grandes que d’habitude (ce qui entraînera quelques problèmes pour manoeuvrer) et ponctuées par une couleur rose qui, ma foi, rend plutôt bien. En face, un nouveau monstre, qui n’apparaîtra que quelques minutes, nommé Orga, et créé par l’OVNI depuis l’ADN de godzilla. Oui, encore une créature née à partir des cellules du Roi des Monstres...Le combat entre les deux sera néanmoins assez agréable, renouant enfin au corps à corps après les batailles de rayons de l’ère Heisei, mais demeurera assez mou. Reste quand même cette image surprenante de Orga tentent d’avaler godzilla !



Malheureusement, ce sera l’un des rares moments du film durant lesquels ce dernier sera mis en évidence. En effet, après 20 minutes où il monopolise l’écran, on ne le verra quasiment plus jusqu’au 20 dernières minutes ; le film durant environ 1h40, je vous laisse faire le calcul. Le film va privilégier l’aspect science-fiction, et se concentre presque exclusivement à cette histoire d’OVNI, peu passionnante et bien banale, et rappelant trop souvent la science-fiction américaine. Car un autre des problèmes majeurs du film sera de ne pas se démarquer autant que voulu du remake maudit. Si l’opposition scientifiques / militaires reste un classique du genre, certains plans renvoient directement au film de Emmerich, ainsi que certains personnages. A titre d’exemple, sachez que deux des personnages principaux sont un scientifique voulant étudier godzilla et une journaliste recherchant un scoop...

Sorti à peine un an après "Godzilla (1998)", on sent que ce godzilla 2000 a été bâclé, la Toho ne prenant au final pas le temps de préparer un retour digne de ce nom à leur star et préférant miser sur la vague du remake qu’ils ont pourtant tant décrié. Malheureusement, cela entraîne un film qui, s’il n’est pas foncièrement désagréable à regarder, est particulièrement bancal, notamment lors d’une partie centrale peu passionnante. Ne s’éloignant pas assez du film de Emmerich que souhaité, le film a quand même subi quelques modifications pour plaire au public nord-américain : quelques scènes sont raccourcies, les effets sonores sont amplifiés...On notera aussi que dans la version japonaise, les propriétés régénératrices de godzilla proviennent de ce qu’un scientifique nommera "Organizer G1", ce qui donnera plus tard le nom du monstre ennemi ; dans la version américaine, ce nom sera changé en "Regenerator G1"...



Malgré tout, le film obtient un succès raisonnable au Japon, le public étant heureux de retrouver godzilla. Ce godzilla 2000, également appelé godzilla Millennium, sera d’ailleurs le premier d’une nouvelle série, connue depuis sous le nom de "ère Millennium", comportant 6 films et terminée récemment avec "Godzilla : Final Wars". Le principal point commun de ces films sera, contrairement à l’ère Heisei, l’absence totale de continuité, chaque film s’inscrivant finalement en tant que suite directe possible du tout premier "Godzilla".