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Un météore s’écrase sur Terre, réveillant une nouvelle créature géante : Battra. Dans le même temps, les éruptions sous-marines créées par ce crash réveillent Godzilla, bien décidé à détruire une nouvelle fois le Japon. Enfin, un œuf gigantesque est découvert sur Infant Island. Bientôt, la baie de Tokyo menace de devenir le théâtre d’une bataille titanesque entre trois monstres géants...



Ca y est, la Toho et Godzilla ont repris leur rythme de croisière ! Après avoir fait patienter les fans plusieurs années après "Le Retour de Godzilla 1984" et "Godzilla vs Biollante", la saga reprend son rythme de croisière, ce nouvel épisode sortant quelques mois après "Godzilla vs King Ghidorah". Un épisode précédent qui posait d’ailleurs les marques de ce que sera l’ère Heisei : Godzilla y rencontre ainsi d’anciens adversaires des années Showa, remis au goût du jour avec les moyens techniques des années 90. Ainsi, après avoir affronté une nouvelle fois King Ghidorah et sa forme robotisée, le Big G rencontre une nouvelle fois ce qui est sans doute la créature la plus connue et appréciée parmi ses collègues kaiju : mothra, la mite géante. Celle-ci, grande habituée des films de la saga, apparaissant dans quatre épisodes, n’était plus apparue depuis "Destroy All Monsters" de 1968 !



Pratiquement un quart de siècle de repos donc, au cours desquels mothra a bien changé : d’un insecte plutôt terne et balourd, on passe à une créature vraiment jolie, aux couleurs éclatantes, et bien plus souple dans ses déplacements. Son corps est également recouvert d’un épais duvet…ce qui la fait ressembler à de nombreuses reprises à une grosse peluche. J’imagine que le marketing a bien fonctionné chez les jeunes japonais ! Mais cette apparence pacifique s’explique également par une volonté d’opposer visuellement mothra au nouveau venu : Battra. En effet, Battra est le pendant maléfique de la mite géante, parfois désigné comme Battle mothra ou Black mothra. Son apparence est radicalement différente de celle de sa cousine : entièrement noir, avec des ailes décharnées et un corps très maigre, doté de mâchoires proéminentes, Battra a un look assez effrayant, et se place parmi les monstres les plus réussis de la saga. Pourtant, ce sera là son unique apparition.

L’opposition entre les deux créatures nous est décrite par les Cosmos, les gardiennes de mothra. Selon elles, Battra a été créée par la Terre, considérée ici comme une créature vivante, afin d’attaquer tout ce qui la menace…y compris l’espèce humaine, si nécessaire. mothra, monstre bienveillant, cherchant également à protéger la Terre mais également ses habitants, s’oppose donc naturellement à Battra, et ce de façon cyclique. Les deux créatures suivent d’ailleurs la même évolution, passant de larve à insecte. Ce qui donne lieu pour mothra à une scène magnifique, bien que déjà vue, où elle tisse son cocon contre le Parlement Japonais. Godzilla, dans tout ça, passe un peu au second plan, mais sera bien présent pour quelques très bonnes scènes de destruction et surtout, pour un magnifique combat final.



Jusque là, tout est très bon, mais malheureusement, ce Godzilla vs mothra ne manque pas de défauts. Certains semblent directement liés à la rapidité de sa production, qui n’a en effet duré que quelques mois. Ainsi, certaines maquettes semblent un peu bâclées, de même que le scénario qui se rapproche énormément de celui du "Mothra" de 1961 et de celui de "mothra contre Godzilla" de 1964, au point de retrouver par moments certains plans identiques, et beaucoup de situations semblables. De même, certains passages ressemblent furieusement à des films bien connus : ainsi, l’introduction fait immanquablement penser à la saga Indiana Jones. Mais surtout, ce qui étonne dans le film, c’est le mélange entre sérieux et légèreté. En effet, il aborde des thèmes très matures, auxquels la série ne nous avait pas forcément habitués : la question du divorce et de la famille monoparentale, la profanation de temple, l’exploitation des Cosmos, et même une trame de fond très sérieuse, avec cet avertissement constant sur la dégradation de la nature. Un avertissement d’ailleurs trop présent, puisque le message écologique est rappelé à chaque scène par un des personnages principaux.

Mais à côté de ce sérieux, le film verse, par moments, dans un climat plus enfantin, notamment par le biais d’une fillette, qui sera un des personnages principaux. Particulièrement agaçante, elle sera un élément moralisateur du film, n’hésitant pas à critiquer les adultes et leurs choix, dans l’optique de protéger mothra, qui lui en sera reconnaissante. Un côté plus léger donc, qu’on retrouvera par la suite dans la trilogie "Rebirth of mothra", qui mettra la mite sur le devant dans la scène comme véritable héroïne de sa propre série de films pendant la pause que prendra Godzilla à la fin des années 90. Un côté qui rappelle également certains films de la saga Gamera, la tortue géante amie des enfants pendant les années 60 et 70. Un côté renforcé par la chanson de mothra, dans une nouvelle version : c’est mignon au début, mais la chanson revenant très souvent, ça finit par agacer un peu. D’autant que les nouvelles Cosmos sont loin d’égaler leurs modèles des premiers films mettant en scène mothra !



Remake déguisé des aventures précédentes de mothra, ce "Godzilla & mothra : Battle for the Earth" reste un très bon Godzilla, dans la lignée des épisodes précédents de l’ère Heisei. On regrettera simplement une petite impression de bâclage et un mélange parfois étrange entre sérieux et enfantin. Dès l’année suivante, Godzilla affrontera un autre de ses anciens ennemis : son double mécanique MechaGodzilla dans le bien nommé "Godzilla vs MechaGodzilla II"…