RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 4.7
(3 votes)
Toru Aizawa, 11ans, découvre un oeuf sur une étrange pierre rouge. Rapidement, celui-ci éclot, et il en sort une curieuses tortue qu'il baptise Toto et qui non seulement grandit de façon très rapide, mais est également capable de voler et de cracher des boules de feu! Dans le même temps, des attaques de navires sont observées, et une créature géante attaque le village côtier où vit Toru. Toto, atteignant maintenant une taille remarquable, l'affronte alors et le repousse. Il devient alors évident que Toto est un Gamera, successeur de celui qui s'était sacrifié 33ans auparavant pour débarasser le monde des Gyaos.



"Gamera l'héroïque" (mon Dieu que ce titre est laid!), plus connu sous le nom de "Gamera the Brave", est un kaiju eiga bien particulier. Dernier film en date mettant en scène la tortue géante, il sort plusieurs années après "GAMERA 3 : REVENGE OF IRIS" sans toutefois entretenir un quelconque rapport avec ce dernier, même si on pourrait rapprocher la scène finale du film de Kaneko avec l'introduction de celui de Tazaki. Particulier parce que finalement, il ressemble très peu à tous les autres films de monstres sortis avant lui, et offre un compromis intéressant entre les deux aspects principaux du genre: celui du film pour enfants, dont Gamera a été un fournisseur aussi généreux que Godzilla dans les années '60-'70, jusqu'à incarner "l'ami des enfants"; et celui du film plus mature, avec des combats plus violents et des thèmes plus sérieux, dont les trois Gamera précédents étaient les parfaits exemples. Un mélange pas toujours bien dosé (la première partie du film est essentiellement consacrée au côté enfantin), mais qui s'avère au final très réussi.



Le film met donc en scène Toru, dont la mère est décédée quelques années auparavant dans un accident de voiture. Son père, Kousuke (Kanji Tsuda, qu'on a notamment déja pu voir dans "Ju-On: The Grudge" ou dans le "Dolls" de Kitano), qui a été témoin du sacrifice du précédent Gamera 33ans auparavant, tient un restaurant et n'a que peu de temps pour s'occuper de son fils, et reconnaît lui-même que Toru était très proche de sa défunte mère, qui le surnommait toto. Aussi, quand Toru découvre cette étrange tortue, il l'adopte aussitôt, et la nomme "Toto". Rapidement, l'animal montre des capacités étonnantes: il double de taille en une nuit, est capable de voler, et envoie des boules de feu. Mai, la voisine et amie de Toru, commence à soupçonner la tortue d'être un Gamera, et conseille au jeune garçon de s'en débarasser. Mais celui-ci, attaché à l'animal et retrouvant l'affection qui lui manquait depuis le décès de sa mère, ne peut s'y résoudre, et décide de garder l'animal chez lui, puis dans un abri extérieur lorsque sa taille ne permet plus de le cacher à son père.

Toute cette partie est le passage le plus enfantin du film. On suit les péripéties de la petite tortue dans la maison, notamment dans la cuisine, à grands renforts de musiques légères et de bruitages cartoonesques. Le réalisateur en profite également pour glisser quelques clins d'oeil, comme lorsque toto fait face à un couteau dont la lame ressemble au monstre Guiron, du bien nommé "Gamera vs Guiron", et se sent assez menacé pour l'attaquer avec une boule de feu. Ce sont principalement les enfants que l'on voit à l'écran, et on se trouve vraiment dans un film qui semble destiné à un jeune public. Gamera reprend ici le rôle d'ami des enfants qu'il avait dans sa période "showa". Ryuta Tazaki joue également à fond la carte de l'émotion, notamment lorsque Toru veut abandonner toto, mais que celui-ci revient vers lui. Ce mélange entre le côté enfantin et la volonté de jouer sur l'attachement à Gamera sera palpable pendant tout le film, mais sera peu à peu mélé aux passages plus violents, donnant son atmosphère spéciale au film.



Car rapidement, un autre monstre fait son apparition: Zedus dont l'origine est, pour une fois, inconnue. Son apparence agressive, entre reptile et canidé, tranche radicalement avec l'apparence de jeune animal de toto. En effet, ce dernier, comme tout bébé, une tête un peu disproportionnée, avec un visage rond et de grands yeux. Comme un jeune chiot par exemple. Alors que Zedus lui, tiendrait plutôt d'un chien d'attaque, avec un museau pointu, des dents saillantes et un regard franchement vicieux. Il dispose également d'une langue semblable à celle d'un caméléon, comme Barugon dans un ancien Gamera (je vous laisse deviner le nom du film). Une créature présentée comme mauvaise, qui n'hésite pas à attaquer directement des humains pour s'en nourrir, accentuant encore davantage son opposition avec le gentil Gamera. Cela servira à renforcer encore l'empathie qu'on l'on ressent pour la jeune tortue, souvent mise en difficulté dans ses combats malgré un courage étonnant, face à un adversaire qui s'acharne sur elle. Une empathie qui atteindra son point culminant avec cette scène superbe où Gamera est capturée par le gouvernement et transportée attachée derrière un camion. Avec ces affrontements, on retrouve un peu de ce qui a fait le succès de la trilogie de Kaneko: la violence des monstres. Une nouvelle fois, le sang sera versé par litres, les plaies seront béantes, les attaques seront douloureuses, entre ces monstres prêts à tout pour vaincre leur adversaire. Cette violence se retrouve aussi bien dans l'introduction, avec l'ancien Gamera affrontant les trois Gyaos qui lui arrachent des lambeaux de peau, que dans les affrontements entre Zedus et toto au coeur de Nagoya.



Une nouvelle fois mis en difficulté par Zedus, qui l'envoit notamment dans une des tours jumelles de Nagoya, Gamera devra son salut à ceux qu'il a toujours protégé avant tout, même lorsque ses combats faisaient d'inévitables victimes collatérales: les enfants. Ceux-ci vont en effet traverser toute la ville, se relayant pour apporter à leur héros un artefact qui lui permettra de gagner en puissance et d'obtenir enfin la totalité de ses pouvoirs. Une scène magnifiquement filmée, au milieu des (très réussis) mouvements de la population en panique, qui crée directement le lien entre la période "showa" et la période "heisei" de la saga de la tortue géante. On notera enfin la qualité des effets spéciaux, que ce soit au niveau des costumes (Zedus est incroyable de réalisme) ou des effets numériques (malgré quelques loupés, comme la langue de ce dernier). La réalisation de Ryuta Tazaki est également très soignée, notamment lors des scènes de paniques ou de plans éloignés, rappelant par moments la signature de Kaneko. Il faut dire qu'il officie principalement sur des séries comme Sailor Moon et Power Rangers, et est donc assez familier avec le fait de filmer des monstres gigantesques. On regrettera simplement que la musique soit par moments un peu trop larmoyante ou facile.

"Gamera the Brave", ou "Gamera l'héroïque", douzième film mettant en scène la tortue géante, est donc un épisode particulier de la saga, mélant le côté enfantin des débuts et le côté plus sérieux des derniers films, tout en tirant partie de leurs évolutions techniques, et pouvant donc satisfaire les deux publics. Si l'ambiance bon enfant qui berce une bonne partie du film pourra forcément en rebuter quelques uns, les combats entre monstres devraient donner satisfaction par leur rythme, leur violence et la qualité des effets spéciaux.








Du même réalisateur :

GAMERA L'HEROIQUE
LUMIèRE SUR