RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 5.4
(6 votes)
Une nuit, une météorite s'écrase dans le nord du Japon. Le lendemain, les militaires dépéchés sur place ne trouvent que la trace de l'impact, mais pas ce qui l'a causé. Peu de temps après, des phénomenes étranges se produisent: ennuis informatiques, disparition d'objets en verre, témoignages à propos de monstres étranges...Bientot se dévoile une invasion extraterrestre, menée par une nuée de petits monstres et une énorme forme de vie végétale...



Avec le succès de "Gamera: Gardien de l'Univers", il était logique qu'une suite voit rapidement le jour, toujours mise en images par Shusuke Kaneko. C'est chose faite dès l'année suivante, avec ce "Gamera 2: Attack of Legion". Suite directe du précédent, il n'entretient pourtant que peu de liens avec ce dernier, à l'exception de quelques dialogues, de la présence du personnage, toutefois peu présent, de Asagi Kusanagi et, bien entendu, de la tortue géante. En effet, Gamera 2 abandonne le temps de ce film la mythologie développée par le premier épisode, et que l'on retrouvera dans le 3, au profit d'une histoire mélant largement film catastrophe, film de science fiction et film de monstres. Un mélange qui va s'avérer particulièrement efficace ici.

L'histoire est donc celle d'une invasion de créatures extraterrestres, avec un général et ses soldats qui attaquent selon un schéma et une stratégie bien précis. Ainsi, le début du film est rythmé par le décompte des jours, afin de suivre l'évolution des phénomènes. Un procédé qui rappelle notamment certains films catastrophes sur la propagation d'un virus ou une invasion extraterrestre sournoise. Les événements vont donc crescendo, faisant croitre l'interêt du spectateur face à la menace grandissante pour les personnages. Parallèlement, les monstres sont dévoilés progressivement, par des ombres, des parties de leurs corps, et par les descriptions de témoins. Rien de bien original, mais assez prenant pour nous faire oublier le relatif manque d'action. D'autant que rapidement, les créatures apparaissent. Les premières sont de "petite" taille (à l'échelle du kaiju eiga), environ deux mètres de haut, ce qui permet des intéractions avec les humains. La première attaque dans le métro permettra ainsi de voir un peu de sang humain, chose plutôt rare dans le kaiju eiga.



Des humains auxquels une large place est laissée dans ce film. Généralement limités aux rôles de victimes collatérales, de spectateurs ou de militaires qui ne comprennent jamais qu'un fusil ça ne sert à rien contre un monstre de 100 mètres de haut, ils ont ici une vraie importance dans la lutte contre l'ennemi, et seront d'une aide précieuse pour Gamera. Une assistance dont aura plus que jamais besoin le Gardien de l'Univers, qui aura rarement été autant mis à mal par "un" adversaire. Pendant tout le film, ses blessures graves se succèdent, la tortue étant même un instant empalée par Legion dans une effusion de sang. De même, lorsqu'elle décollera avec difficulté après une attaque, elle aspergera de sang la façade d'un immeuble. Plus que jamais, Gamera est un monstre martyr, n'hésitant pas à se dresser face à un ennemi beaucoup plus grand et puissant: Legion. Nommé ainsi en référence à un passage du chapitre 5 de l'évangile selon Saint Marc ("Et il lui demanda : " Quel est ton nom? " Et il lui dit : " Mon nom est Légion, car nous sommes nombreux"), l'ennemi revêt trois formes distinctes: d'abord, le "général", créature immense à allure d'insecte ou d'arthropode, deux fois plus grand et gros que Gamera. Ensuite, ses soldats, de forme identiques mais de taille réduite, qui attaquent directement les humains (notamment la scène du métro, avec les créatures parasites se déplaçant au plafond dans l'obscurité...il n'y a sans doute pas besoin de chercher beaucoup plus loin l'inspiration pour une scène semblable dans "Cloverfield"), mais peuvent également s'en prendre en groupe à Gamera, notamment lors d'une scène étonnante montrant la tortue géante recouverte de ces créatures. Enfin, une créature à l'apparence végétale, ressemblant à une gigantesque fleur, qui sert de quartier général et d'arme de destruction massive.



Autant d'ennemis qui entraînent évidemment de nombreux combats très violents, et de nombreux dégâts, rasant par exemple complètement la ville de Sendai. Une nouvelle fois, ces combats mélangent le suit-motion et les effets numériques, pas toujours réussis, permettant des prouesses étonnantes. Gamera se montre ainsi très agile dans ses mouvements, et les blessures qui lui sont infligées impressionnent. On notera aussi que, si son vol pourra toujours faire sourire, son look a été redessiné, lui donnant un visage menaçant après la bouille sympathique qu'il avait dans "Gamera: Guardian of the Universe". Mais surtout, Kaneko filme une nouvelle fois ses monstres avec une justesse bluffante. Toujours dans le souci de renforcer l'impression de gigantisme, il multiplie les perspectives, les combats en arrière plan, avec des scènes vraiment superbes visuellement, comme Gamera filmé de l'intérieur d'une voiture ou cette caméra qui suit les missiles jusqu'à leur cible.



Avec ce "Gamera 2: Attack of Legion", Kaneko signe un kaiju eiga qui s'impose comme l'un des meilleurs du genre, et fait de la tortue géante le nouveau roi des monstres en l'absence de Godzilla. Violent, rythmé et remarquablement réalisé, il ouvrira la voie à un troisième épisode, souvent considéré comme le meilleur kaiju eiga depuis le premier "Godzilla": "Gamera 3: Revenge of Iris".