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Réalisation
Koji Hashimoto

Scénariste
Shuichi Nagahara

Date de sortie
1984

Genre
kaiju eiga

Tagline


Cast
Kenpatchiro Satsuma
Ken Tanaka
Yasuko Sawaguchi
Yosuke Natsuki
Shin Takuma


Pays
Japon

Production


Musique
Reijiro Koroku

Effets spéciaux



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Moyenne: 4.3
(10 votes)
Lorsque l'équipage d'un bateau disparaît, est envahi par des limaces géantes et que l'unique survivant raconte ce qu'il a vu, il n'y a plus de doute : Godzilla est de retour ! 30 ans après avoir été vaincu, le monstre est réveillé par une éruption sous marine et menace de nouveau le Japon. Dans un contexte international difficile, scientifiques et militaires nippons doivent trouver une solution pour que la créature ne menace pas les autres pays.



1954-1984. godzilla a 30 ans, et en est avec ce Retour de godzilla à son seizième film. Une saga qui a connu des hauts et des bas, jusqu'à s'arrêter en 1975 avec "Mechagodzilla contre attaque". Aussi, c'est de façon assez surprenante que Tomoyuki Tanaka décida de produire un nouvel épisode au début des années 1980. Réalisant plus de trois fois les recettes des derniers épisodes en date et le meilleur score au box office de la saga depuis "Godzilla, Ebirah et Mothra : Duel dans les mers du sud" de 1966, ce nouveau chapitre des aventures du monstre permettra de développer une nouvelle "ère" dans sa chronologie, malgré l'accueil critique plutôt négatif. Bien que considéré au Japon comme le dernier film de l'ere Showa, Le Retour de godzilla est perçu par les occidentaux comme le premier film de l'ere heisei, de part sa concordance avec le règne de l'Empereur "Heisei" Akihito, qui débuta en 1989. Au Japon, cette période sera simplement appelée "ere Versus", tous les films suivant celui-ci consistant en un affrontement entre godzilla et un autre monstre, notamment contre d'anciens adversaires.

Une ere Versus qui commence donc avec un retour aux sources évident : godzilla n'affronte ici aucune autre créature, ce qui n'était arrivé que dans le "Godzilla" originel et n'arrivera plus dans la saga. Le titre japonais est d'ailleurs identique, le film étant sobrement nommé Gojira. En outre, ce Retour de godzilla, qui est sur le papier une suite directe au film de 1954, peut quasiment être perçu comme un remake de ce dernier sur bien des points. Ainsi, même sur la version américanisée, Raymond Burr reprendra le rôle de Steve Martin dans des scènes ajoutées, comme cela avait été fait pour l'original. Si je parle de suite directe à Gojira, c'est parce que ce film occulte totalement les autres films de l'ere Showa : godzilla n'est jamais réapparu, pas plus que les autres monstres. En voulant retrouver le ton sérieux de ses origines, la saga souhaite ainsi renier implicitement les épisodes enfantins des années 1960-1970. Ce retour aux sources devait par ailleurs s'accompagner du retour de figures marquantes de la Toho. Ainsi, Akihiko Hirata (acteur dans de nombreux godzilla, dont le rôle principal en 1954) devait avoir un rôle dans le film, mais est décédé d'un cancer peu avant le tournage et le producteur Tanaka proposa à Ishiro Honda, le metteur en scène légendaire de la saga de réaliser le film, mais ce dernier refusa, en raison de ce qu'était devenu godzilla dans les films des années 1970 (dont certains qu'il a réalisés...).



Ce seizième épisode commence de façon assez classique : un navire et son équipage sont portés disparus après avoir été témoins d'une éruption sous-marine. Des créatures, ressemblant à des limaces de mers géantes, nommées Shockirus, vont décimer l'équipage, ne laissant qu'un seul survivant : Hiroshi Okumura. Ce dernier affirme avoir reconnu godzilla mais, pour éviter une panique nationale, le gouvernement japonais décide de taire l'affaire. On ne sait jamais, peut-être que pour une fois le monstre n'attaquera pas le Japon ! Malheureusement pour eux, godzilla détruit un sous-marin soviétique, mettant ainsi en place le fond politique très fort du film. En effet, le monde est alors en pleine Guerre Froide et le Japon se retrouve ici au milieu de l'affrontement entre l'Union Soviétique et les Etats-Unis. Cela amènera à un sommet entre les représentants des Etats, dans lequel les russes et les américains ont simplement pour solution de balancer une bombe atomique en plein Tokyo pour détruire godzilla. Comme nous l'expliquera plus tard un scientifique japonais, la puissance des deux Etats se mesurait alors à la puissance de leur armement atomique (par un effet de dissuasion mutuelle) : bombarder la capitale japonaise rentre ainsi dans cette perspective, afin de découvrir qui a la plus grosse (puissance hein !). Heureusement, le Premier Ministre Japonais va réussir à faire entendre raison aux deux superpuissances. Après avoir énoncé les Trois Principes Antinucléaires du Premier Ministre Eisaku Sato, entrant dans le cadre du traité de non prolifération des armes nucléaires : interdiction d'en produire, interdiction d'en posséder et interdiction d'en importer, il met les chefs d'Etat devant leur propre responsabilité : oseraient-ils faire exploser un engin atomique au beau milieu de leur capitale ? Bref, le Premier Ministre Japonais est ici montré comme une personne raisonnable, inflexible, face à ses homologues russe et américain, profondément antipathiques, et se fait le garant de la sécurité face au nucléaire. Il réussit tellement à les convaincre que, lorsqu'un missile nucléaire est envoyé par accident suite à l'attaque de godzilla par un navire russe, ce sont les américains qui empêcheront la destruction de Tokyo. Notons quand même que dans le montage américain du film, le missile est envoyé volontairement par les soviétiques...Quand la réalité de la propagande de la Guerre Froide rattrape la fiction...



Il est à présent temps de parler du vrai héros du film : godzilla. Ce dernier entre ici dans les années 80, et va donc bénéficier de l'amélioration des effets spéciaux. Cela se traduira surtout par un visage plus expressif, capable notamment de retrousser les babines (un effet qui a apparemment beaucoup plu au réalisateur). Le monstre est un peu relooké pour mieux coller à son tempérament agressif et destructeur : sa couleur est repensée pour lui donner du réalisme, les plaques dorsales redessinées et ses canines sont allongées. Dans le film, le "Big G" est supposé mesurer 80 mètres (soit à peu près le double de sa taille habituelle) et, en plus du classique suit motion, une "miniature" mécanique du monstre, haute de plusieurs mètres sera créée, ainsi qu'un pied à taille réelle. Le costume souffre cependant de deux défauts majeures : la taille des yeux tout d'abord, qui gâche un peu l'apparence menaçante de godzilla ; l'apparente immobilité du cou ensuite. En effet, la créature ne semble pas pouvoir tourner la tête et pivote d'un bloc lorsqu'elle doit cracher son rayon atomique sur les militaires ! Pour la premiere fois, l'homme sous le costume est Kenpatchiro Satsuma, qui assurera ce rôle pendant toute la période heisei. On le sent peu à l'aise, lui qui a pourtant déjà porté le costume d'autres monstres pendant l'ere Showa, comme Gigan, sans doute handicapé par le poids et le manque de confort de l'ensemble.



Au niveau de la réalisation, on sent bien l'effort de Koji Hashimoto pour rendre ses lettres de noblesse à godzilla. Les plans sont parfois ingénieux, les effets spéciaux bien utilisés, godzilla interagit plusieurs fois avec les humains...Surtout, cela donne de très belles images, comme le reflet du monstre dans les fenêtres du Yurakucho Mullion Building, où son visage visible à travers la vitre lors de l'attaque d'un train. En revanche, la galerie de personnage n'est pas toujours convaincante, à l'exception du Premier Ministre japonais ou du docteur Hayashida. Mais le gros problème du film vient surtout de son rythme, bien trop lent. Les attaques de godzilla manquent de punch et sont finalement assez peu nombreuses au profit d'un début de romance et de tout le passage concernant l'éventualité de lâcher une bombe sur Tokyo. Mais ces défauts restent pardonnables au regard de l'indicible bonheur de retrouver notre godzilla enfin menaçant, enfin sérieux et enfin adulte.








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