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Le sous-marin Akatsuki explore la baie d'Okinawa à la recherche des pièces détruites de Mechagodzilla, lorsqu'un dinosaure aquatique géant, Titanosaurus, les attaque. Dans le même temps, des extraterrestres venant du Trou Noir ont pour plan de détruire Tokyo pour y construire leur nouvelle ville. Aidés par un scientifique avide de vengeance, le Dr. Mafune, les aliens envoient Mechagodzilla, réparé pour l'occasion, et Titanosaurus, que le scientifique contrôle, pour préparer le terrain. Mais c'est sans compter sur Godzilla, de retour pour défendre la patrie japonaise dans un nouveau combat dantesque.



Godzilla a 21 ans, et le temps est venu pour lui de faire une pause. Après un rythme infernal (quasiment un film par an), le monstre atomique va entrer en hibernation jusqu'en 1984. En effet, le cinéma japonais traverse une crise, et le pays subit quant à lui de gros problèmes énergétiques qui se répercutent sur le cinéma et la télévision. En conséquence, godzilla sera mis au placard quelques années, marquant ainsi la fin de la période showa, du nom de l'Empereur régnant à cette époque. Pour l'occasion, l'inventeur du genre, Ishiro Honda, viendra signer son dernier film et le compositeur Akira Ifukube créera de nouveaux thèmes, là où les anciennes musiques étaient réutilisées à chaque film depuis plusieurs années. Pourtant, Terror of Mechagodzilla n'a rien d'un film testament, comme le seront plus tard "Godzilla vs Destoroyah" et "Godzilla Final Wars", ou avait pu l'être "Destroy All Monsters". Au contraire, le film se veut comme une simple suite à la saga, commençant directement là où "Godzilla vs Mechagodzilla" se terminait : godzilla a vaincu son double mécanique, dont les fragments ont disparu en mer. Ainsi, les premières minutes du métrage nous montrent les passages principaux du film précédent, principalement les affrontements entre les deux monstres. On notera d'ailleurs qu'aucun de ces passages ne montre Anguirus ni King Caesar. Un bref rappel qui permet de situer l'action de ce nouveau film.



En effet, de façon assez logique, les humains tentent de récupérer les débris du robot extraterrestre. Mais ils seront attaqués par un monstre aquatique : Titanosaurus. Loin des monstres exagérés des précédentes productions, ce dinosaure aquatique comme décrit par un paléontologue (oui, la Toho ne s'est jamais encombrée de précision dans ce domaine), ce dernier a été imaginé de façon assez réaliste. Nous sommes, à la différence d'un Gigan ou d'un Mégalon, face à un monstre qui pourrait très bien exister, et dont la caractéristique principale est la taille de ses nageoires caudale et dorsale, qu'il utilise d'ailleurs comme arme pour créer de forts courants ou des tempêtes. Malheureusement, l'attaque du sous-marin sera un peu gâchée par la qualité des effets spéciaux, Titanosaurus ne semblant par moment n'être qu'une figurine de plastique inanimée. Nous apprendrons plus tard que ce monstre est contrôlé par le Docteur Mifune. Ce dernier s'inscrit dans la lignée des savants géniaux dépassés par leur propre intelligence et rejetés de la communauté scientifique. Evidemment, il souhaite dès lors se venger des humains, utilisant Titanosaurus à cette fin. Et c'est tout naturellement qu'il acceptera d'aider les extraterrestres belliqueux. Mifune est interprété par une des figures majeures de la saga, Akihiko Hirata, qui apparaît ici pour la dernière fois dans un godzilla, après avoir été présent dans nombre de kaiju eiga de la Toho, et ce dès "Godzilla" en 1954, où il interprétait le Dr Serizawa.

Car une nouvelle fois, nous sommes face à une invasion alien. Cette fois, elle est un peu plus modeste : plutôt que le monde, c'est Tokyo qui est visée ici. En effet, la "Troisième Planète du Trou Noir" est sur le point de disparaître, et ses habitants voudraient un petit pied-à-terre au Japon, reconstruit selon leur goût. Mais avant d'imaginer ce chantier, il faut régler un détail : il faut détruire godzilla. Ben oui, le monstre ayant tendance à détruire et redétruire la capitale, cela troublerait la quiétude des citadins. Ainsi, les extraterrestres reconstruisent Mechagodzilla, et connaissant la force du Big G, décident de s'allier avec Mifune, non sans exercer une pression sur sa fille pour le motiver dans son travail. Laquelle sera d'ailleurs au centre d'une intrigue amoureuse avec un biologiste effectuant des recherches sur Titanosaurus. Pour couronner le tout, ce dernier fait partie d'Interpol, qui cherche à mettre hors d'état de nuire les envahisseurs, et une surprise nous attend concernant l'identité de la jeune femme... Qui pour l'anecdote amusante nous gratifiera de la première poitrine apparente de la saga. Une scène toute innocente, qui sera pourtant censurée sur la version, une nouvelle fois modifiée, américaine !



Bref, un scénario qui part gentiment dans tous les sens, et qui fait qu'on ne s'ennuie pas. Pourtant, pendant près d'une heure, nous n'avons aucune ou presque aucune trace de godzilla et de son double. Titanosaurus assure le minimum d'attaques et de destructions, mais la revanche entre les deux autres monstres se fait attendre. Quand elle interviendra enfin, elle tiendra néanmoins toutes ses promesses. Un peu moins violent que dans le film précédent, l'affrontement est néanmoins très réussi, avec des acteurs vraiment doués sous le costume, chargeant comme des damnés, tombant, frappant. Mechagodzilla s'en donne une nouvelle fois à cœur joie avec ses armes, dans un déluge de bruits, de couleurs et d'explosions, pour notre plus grand bonheur ! Mais surtout, ce qui fait la différence avec les combats habituels de la série, c'est la réalisation. Honda retrouve ses qualités de réalisateur et va surtout enfin donner l'impression de gigantisme des monstres par des plans ingénieux, filmant plusieurs fois du sol. L'effet est particulièrement réussi !



Le film revient également à un ton plus sérieux, moins enfantin, déjà initié par "Godzilla vs Mechagodzilla", et un peu plus sombre. Ce "Mechagodzilla contre attaque" termine donc d'assez belle manière la première partie de la saga du monstre géant. Plus sérieux que beaucoup des films de cette période dite "Showa", avec un Ishiro Honda revenu en pleine forme et un Akira Ifukube inspiré, le film sera néanmoins un gros échec commercial, le film étant le seul à attirer moins d'un million de personnes dans les salles japonaises. Le temps donc pour godzilla de prendre une première pause, jusqu'en 1984.