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Un terrible virus déclenche une pandémie à l’échelle mondiale. Tous les contaminés trouvent la mort puis se mettent à revivre, devenant des zombies dont chaque morsure entraîne une nouvelle propagation du virus. Trois groupes d’individus vont devoir lutter pour leur survie…



Depuis "Les morts vivants" de Victor Halperin en 1932, le film de zombies n’a cessé d’être une source d’inspiration pour les réalisateurs avides de sensations fortes, certains comme George Romero lui donnant même ses lettres de noblesse avec des œuvres définitives comme "La Nuit des Morts Vivants" et "Zombie" par exemple, les inscrivant au patrimoine des grandes figures du cinéma d’horreur. Quelque soit les décennies, le zombie a toujours été présent sur les écrans et les années 2000 ne font pas exceptions à la règle. On a eu droit par exemple à du zombie énergique avec "l’armée des morts", à du zombie romantique avec "zombie honeymoon", à du zombie comique avec "Shaun of the Dead", à du zombie westernien avec "Undead or Alive", à du zombie punk avec "Punk Rock Holocaust" et même à du zombie animalier avec "Poultrygeist" ! Tobe Hooper et George Romero ont également livré leur vision du phénomène avec "Mortuary" pour le premier et "Le territoire des morts" et "Diary of the dead – chronique des morts vivants" pour le second, prouvant qu’il reste bel et bien le maître des zombies. Bref, le film de morts vivants fait toujours recettes et ne cesse d’augmenter le nombre de ses fans, toujours prêts à chercher et à découvrir de nouvelles oeuvres sur ce sujet. Ca tombe bien, de nombreuses productions indépendantes à petits budgets utilisent cette thématique et on a souvent droit à de très agréables surprises, prouvant qu’un gros budget n’est pas toujours la condition sine qua none concernant la réussite d’un film. On pense par exemple à "Dead Meat", à "The Dead Next Door", à "Moi zombie : chronique de la douleur", à "Plaga zombie: zona mutante" ou même à "Undead" qui faisait preuve de trouvailles et d’ingéniosités qui faisaient plaisir à voir. Une petite liste non exhaustive à laquelle il faudra désormais ajouter "The zombie Diaries", réalisé en 2006 par Michael Bartlett et Kevin Gates, qui signent également le scénario. La question que se posent les fans étant "comment apporter un peu de sang neuf et d’originalité à cette thématique maintes fois représentée ?" Nos deux réalisateurs apportent la réponse, et ce, un an avant le "Diary of the Dead" de Romero et le "Rec" de Jaume Balaguero et Paco Plaza : filmer l’histoire à la manière du "Projet Blair Witch", caméra à la main et DV, et faire une sorte de cinema verite pour plonger le spectateur au plus près de l’action et de la terreur, en laissant les acteurs filmer eux-mêmes la plupart des séquences. De là à dire que les réalisateurs des deux films précités ont vu "The zombie Diaries" avant de se lancer dans leurs projets, il n’y a qu’un pas, surtout que ce film a été sélectionné dans de très nombreux festivals. Un pas qu’on pourrait franchir tant il y a certaines similitudes troublantes entre ces métrages !



Michael Bartlett et Kevin Gates ont choisi de raconter leur histoire d’épidémie causée par un virus faisant revivre les corps morts des contaminés sous forme de trois histoires distinctes, mettant en scène des personnages différents et des situations différentes, mais qui, vous vous en doutez déjà, finiront par se télescoper et par interagir ensemble vers la fin du métrage. Bien sûr, le postulat de départ évoque le film de Danny Boyle "28 jours plus tard" mais rappelons que dans ce dernier, il s’agit de personnes infectées et non de zombies. Pour faire face à l’actualité, on évoque dans le film la grippe aviaire, fléau qui continue d’inquiéter les populations.

Après une petite introduction dans laquelle l’armée investit une ferme apparemment déserte mais qui ne l’est sûrement pas vu les forces déployées, on nous présente la première histoire sous le titre de "diary 1 – the outbreak". On se retrouve en présence d’une équipe de reporters, deux hommes et deux femmes, qui font justement un reportage sur l’épidémie, sur la réactivité de l’Etat, sur les dédommagements alloués aux paysans devant éradiquer leurs bétails. Pour faire "documentaire" jouant sur la réalité, et pour impliquer le spectateur, tout est filmé par une caméra tenue par l’un des protagonistes, avec ce que cela comporte comme aspect positif et négatif. Positif pour l’immersion au sein de l’action, nous faisant "vivre" les événements au plus près, négatif pour le visionnage des images, qui ne sont pas toujours évidentes à regarder quand la caméra bouge violemment lors des scènes de panique. Bien sûr, ces images parfois chaotiques renforcent encore plus le phénomène d’immersion du spectateur mais certains pourront avoir un léger mal de crâne, même si on est quand même loin de la façon de filmer de "Cloverfield" par exemple. Rassurez-vous tout de même, la caméra ne passe pas non plus son temps à bouger dans tous les sens mais il fallait néanmoins le signaler. Les fans du "Projet Blair Witch" seront par contre en territoire connu. Personnellement, c’est cette première "histoire" qui m’a procuré le plus de plaisir, malgré un début un peu longuet et pas mal de bavardage. Mais une fois dans la ferme, de doux frissons viendront parcourir votre échine et ceux qui ont vu "Rec" ne pourront s’empêcher de penser que cette partie de "The zombie Diaries" a été une source d’inspiration marquante et évidente pour les réalisateurs espagnols tant on a l’impression de voir la même chose au niveau de la façon de filmer, de la nature des protagonistes et de la progression du suspense. Dommage que cette partie ne dure pas assez longtemps, j’aurai vraiment aimé en voir d’avantage et vivre plus de chose avec ce premier groupe, surtout que les acteurs font une très honnête prestation, tout comme la quasi-totalité du casting de ce film d’ailleurs.



On passe ensuite à la partie "diary 2 – the scavengers" qui nous montre un jeune couple, ayant pris un auto-stoppeur qui possède une caméra et s’amuse à tout filmer, roulant vers une ville désertée de tout habitant. Rues et magasins vides, vieux journaux traînant dans les caniveaux et s’envolant au moindre courant d’air : une imagerie qui nous renvoie au début du classique "Le jour des morts-vivants" de George Romero. Nos "pilleurs" tentent de trouver des magasins ayant encore quelques victuailles à emporter afin de survivre. On assiste ici aux premières apparitions de zombies et aux premiers affrontements. Les maquillages sont sobres mais réussis, et les impacts de balles au niveau du crâne sont d’un bon niveau. Ca gicle moins que dans "Zombie" mais bon, l’équipe des FX n’avait sûrement pas le budget nécessaire pour égaler les FX de Tom Savini. Ce qui est intéressant, c’est qu’on perçoit très bien la démarche des deux réalisateurs au niveau de la progression du film et de la menace qui pèse sur les protagonistes. Le premier segment ne nous présentait qu’un seul zombie, dans celui-ci, on en dénombre plus d’une dizaine. Le danger devient grandissant, la tension monte petit à petit.

"Diary 3 – the survivors". Avec ce segment, on est d’entrée de jeu dans l’action puisqu’il démarre sur une séquence "champêtre" où les héros shootent du zombie afin de protéger la ferme dans laquelle ils se sont installés. On pense aux séquences similaires du "Zombie" de Romero, quand la population aidée de l’armée commençait à préparer sa défense. Le petit groupe semble très organisé, faisant de la prévention pour ne pas être infecté, brûlant les cadavres qu’ils ont tués au fur et à mesure, faisant des rondes pour éradiquer toute menace avant que le nombre de zombies ne devienne trop important. On ressent néanmoins quelques tensions entre les survivants et le dénommé Goke, un jeune homme un peu tête brûlé, qui aura son importance par la suite, mais pas de la façon dont on aurait pu s’y attendre. Ce segment est également intéressant car les interactions entre les différentes histoires commencent à se créer. Possédant une radio, le groupe du "diary 2" entend le groupe du "diary 3" mais ne parvient pas à les localiser. Les situations de crise commencent également à pointer le bout de leur nez, les premiers morts "humains" apparaissent, le stress gagne les protagonistes qui commencent à devenir impuissants face à la situation, manquant de vivres et de munitions. Les réalisateurs se permettent même quelques scènes hommages à "La Nuit des Morts Vivants" qui s’avèrent assez efficaces.



Bien sûr, "The zombie Diaries" n’est pas exempt de défauts. On pourrait reprocher au film de trop se focaliser sur les personnages humains au détriment des zombies, qui bien que présents ne sont pas "les vedettes" du film, et de mettre en scène trop de personnages justement, ce qui nous empêche de pleinement les connaître et de les apprécier. On se demandera également si dans pareille situation, on ne lâcherait pas la caméra pour s’enfuir le plus vite possible. Mais au final, ce film de zombie filmé à la "Blair Witch Style" s’avère une bonne surprise, dont la dernière partie fera froid dans le dos et vérifiera le slogan comme quoi l’homme est un loup pour l’homme et que la menace n’est pas toujours celle que l’on croit.

Autre point positif, l’absence de musique tonitruante pour accompagner les images du film. Une absence totale de musique aurait même été encore plus adaptée mais reconnaissons que les réalisateurs ont eu la bonne idée de faire composer une partition fort sobre et qui n’intervient pas continuellement dans le film, ce qui renforce l’aspect "filmé au caméscope" et donc le côté réaliste de l’entreprise. Bonne idée également de n’avoir engagé que des acteurs peu connus, voir inconnus, l’identification du spectateur n’en étant que plus forte.

Fans de "zombie movies", si vous êtes totalement réfractaires au "Projet Blair Witch", vous pouvez passer votre chemin car il est certain que "The zombie Diaries" vous insupportera de la même façon. Par contre, si vous aimez cette façon de filmer, que vous avez adoré "Rec", alors n’hésitez pas à vous procurer le film de Michael Bartlett et Kevin Gates, il comblera vos attentes. Pour un film indépendant à petit budget, "The zombie Diaries" tiendra ses promesses si vous ne lui en demandez pas trop. Son côté "cinéma vérité" lui sied bien et on prendra plaisir à le découvrir. Venu d’Angleterre, "The zombie Diaries" nous prouve une fois de plus qu’avec peu de moyens et de l’imagination, on peut faire un petit film efficace. Bien joué les gars !








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