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Dernier épisode de la trilogie Zombie Bloodbath, Zombie Bloodbath 3: Zombie Armageddon saura étonner le spectateur en s’enfonçant encore un peu plus dans le Z. Dans un lycée (sic) quelque part aux Etats-Unis débarque toute une flopée de zombies. Les cancres en retenue, deux geeks de service, quelques membres du personnel enseignant et deux stars de ciné vont tenter de mettre de l’ordre là-dedans. Autant dire que ce n’est pas gagné puisque chacun des protagonistes est un digne représentant de ce qui se fait de plus débile en la matière. Quant aux macchabés, que font-ils dans ce Lycée ? Pourquoi ces zombies sèment-ils la panique dans les couloirs de cet établissement ? Eh bien, c’est fort simple (sic bis). Dans le futur le gouvernement utilise des zombies génétiquement modifiés comme combattants. Sauf qu’une fois la guerre finie, ils ne savent plus quoi en faire. En bons représentants d’une nation, au lieu de régler le problème, ils préfèrent cacher la poussière sous le tapis. Du coup, les hauts fonctionnaires font affréter une navette, y calent un container de morts-vivants, et l’envoient se faire voir dans l’espace. Petit hic, le chargement de cadavéreux se fait happer par un trou noir et… je vous le donne en mille le container voyage dans le temps et se retrouve dans les caves du lycée… Voilà ce qu’on appelle un scénario échevelé.



Avec 34 films à son compteur, Todd Sheets continue de nous abreuver de Z plus gras qu’un loukhoum (sa filmographie comprend tout de même des titres comme " Kansas City Blender Massacre" ou " Bloodthirsty Cannibal Demons"). Et ce n’est bien évidemment pas ce Zombie Bloodbath 3: Zombie Armageddon qui augurera un changement drastique dans la carrière du réalisateur.
A ce titre, je le répète puisque certains d’entre vous semblent ne pas comprendre : il ne s’agit ni d’un blockbuster, ni d’un film d’art et d’essai. Gardez cela en tête et veillez à ne pas comparer ce qui n’est pas comparable ; à moins que vous ne souhaitiez une comparaison entre votre "c’est pas la taille qui compte" et la poutre de Bamako (mesdames ne riez pas, cela pourrait m’inciter à comparer Jane Birkin avec Lolo Ferrari).
Cohérent sur toute la ligne, Todd Sheet a conservé son penchant pour l’image vidéo poussive et parasitée. A la vision de ce troisième volet, il est parfaitement impossible de concevoir qu’il a été tourné en 2000. Mais peut-être a-t-il été tourné sur VHS dans les années 80, puis envoyé dans l’espace, aspiré par un trou noir, et recraché en 2000 ? Les mauvaises langues diront "filmer de la merde avec une merde, ça c’est de la cohérence" ; ce à quoi je répondrai que dans le cinéma, l’important est de faire. Sinon on passe des années à attendre des fonds, des gens, du matos, l’inspiration… et au final on ne fait rien. Conséquemment, le seul fait que Todd Sheet se soit donné du mal pour nous servir sa bouillie Zédifiante est en soi louable. Louons la Zed bouillie !
Le réalisateur a composé avec ce qu’il avait à disposition et vraisemblablement, ce n’était pas grand-chose.



Dès la première image, le spectateur aguerri reconnaitra la patte de Todd Sheet. Qui d’autre que ce réalisateur américain peut se targuer en 2000 de commencer ses films par un effet de ralenti sur des panoramiques bourrins ? Aucun doute possible, ce mec est nostalgique des années 80, et pas nécessairement de ce qui s’y faisait de mieux.
En effet au-delà de ses effets de caméras désuets et de son filtre "granulage et parasites spécial VHS", ce troisième épisode de Zombie Bloodbath collectionne les tics tout droits sortis d’une autre époque. Ca change de tous ces réalisateurs nouvelle génération overdosés à l’épilepsie musicale. Du coup, on a tout le temps de voir ce qu’il se passe à l’écran ; c’est mal fichu, mais on le voit !

Pour parfaire les choses, il faut une idée bien naze pour la développer en un scénario plein de trous. A ce titre, difficile de détrôner cette histoire de Zombies happés par un trou noir et recrachés quelques années auparavant dans la cave d’un lycée. Toutefois cette trame usée jusqu’à la corde ne serait rien sans une brochette de personnages pour le moins caricaturaux. Des acteurs afro-américains qui parlent comme Eddy Murphy, en passant par les emo-goth décérébré(e)s, la collection de clichés est incroyable. Bien sûr, pour rappeler que l’action se passe bien en amérique, chaque personnage utilise le mot fuck en guise de ponctuation (virgule, point d’exclamation, point, point de suspension).
Cependant, les caractères stéréotypés des protagonistes sont largement éclipsés par leur accoutrement. Difficile de dire si la costumière était aveugle ou si le costumier était daltonien, mais une chose est sûre : ça pique sévèrement les yeux.



Et ces personnages habillés comme l’as de pique, sont-ils crédibles ? Pas le moins du monde. Ils semblent parfaitement arriérés et prennent systématiquement les décisions les plus improbables.
Et si on allait visiter la cave ?
Et si on se mettait tous dans une salle en tournant le dos à la porte ?
De quoi saper définitivement toute potentielle crédibilité des protagonistes. Mais dans le doute, l’accessoiriste leur à mis entre les mains des armes en plastique du plus mauvais effet. Impossible de croire une seconde que ces pistolets sont autre chose que des jouets. C’est tout juste si le bout orange placé dans la bouche des armes n’a pas été laissé.
Apparemment le tournage devait ressembler à un magasin de jouets, puisque les incrustations de la navette en ouverture du film ne pèsent pas lourd en matière de crédibilité. L’engin n’arbore pas de logo Fisher Price ® sur ses flancs, mais c’est tout comme.
Une question se pose : Todd Sheet ne serait-il pas en train de marcher sur les plates-bandes de Brett "Bite me!" Piper ? La réponse est unanimement négative, puisque là où le premier fait du Z mal dégrossi, le second aurait plutôt tendance à barboter dans la série B pleine de charme.

La bande originale proposée est à l’avenant. Elle alterne entre une Funk qui n’est pas sans rappeler un bon vieux film porno des années 80, et du gros métal bien gras et pas spécialement bien fin.



Pour toutes les raisons évoquées précédemment, Zombie Bloodbath 3: Zombie Armageddon aurait pu coiffer au poteau la majorité de la production Z actuelle (car en matière de série Z, plus c’est con, plus c’est bon). Malheureusement pour lui, Todd Sheet s’embourbe avec une histoire de voyage dans le temps. Du coup il complique son intrigue, et s’en démêle à l’aide de longues tirades à la limite du supportable. Les acteurs ne sont déjà pas crédibles lorsqu’ils sont immobiles, alors leur faire déclamer de longs monologues explicatifs relève purement et simplement du suicide artistique.
Et c’est bien là-dessus que Zombie Bloodbath 3: Zombie Armageddon pèche. Le rythme est brisé par 15 minutes d’explications débilitantes d’un étudiant en phase terminale de nerdisation, assis face à un ordinateur qui aurait fait marrer notre minitel.

Pour autant, la série des Zombie Bloodbath demeure une franchiZe tout à fait divertissante ; à condition d’aimer le gros Z qui tâche. A l’heure de maintenant, qui est celle actuelle (comme la femme) la trilogie n’est disponible que dans la langue de Shakespeare… mais pour le prix d’un DVD vous en avez deux qui contiennent trois films. Et c’est qui qui vous fait cette fleur ? C’est Camp Motion Pictures.