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Après "Zombie Bloodbath", Todd Sheets revient nous taquiner les mirettes avec zombie bloodbath2: rage of the Undead. Le cinéaste en culottes courtes poussera même le vice jusqu’à réaliser un troisième volet, transformant son œuvre séminale en trilogie. Pour l’heure attelons-nous à disséquer ce second méfait. Si vous arrivez à survivre les 3min15 de générique d’une police dégueulasse sur fond noir avec une musique singeant vaguement celle des Goblins, vous apprendrez que tout a commencé dans le Kansas en 1945. Dans la petite ville de Topeka des brutes épaisses torturent un couple de fermiers locaux. Pas de chance, ceux-ci sont sous la protection d’une espèce de seigneur des ténèbres maquillé façon Halloween. Résultat les mécréants se retrouvent punis : les forces maléfiques leur cousent un sac de toile sur le faciès. En deux temps trois mouvements (enfin, plus que trois mouvements, puisque le réalisateur insiste bien sur la scène d’atelier-couture) voilà les vilains transformés en épouvantail. L’épouvantail maléfique, réveillé des années plus tard, va transformer les autochtones en zombies cannibales. Pas de chance pour les jeunes survivants qui en plus d’être confrontés aux macchabés, devront composer avec un trio de prisonniers ayant fait le mur de la prison, et un duo de psychopathes locaux. Autrement dit, les chances de survie sont particulièrement minces. Et vous, survivrez-vous à la vision de zombie bloodbath2: rage of the Undead ?



Vous aimez les séries Z ? Celles qui suintent la graisse et qui laissent des traces partout ? La série Z est au cinéma ce que le fast food est à la gastronomie. Et pourtant, qui dit junk food, ne dit pas forcément manque de créativité. Cet aspect gras, dégoulinant de toxines nuisibles pour la santé peut parfois revêtir un aspect attirant. Ce ne sont sûrement pas nos confrères de Junkfood.fm ou the This Is Why Your Fat qui me contrediront.
En matière de série Z, les Zombie Bloodbath se posent là. Nul doute que si l’alphabet comprenait une lettre de plus, l’œuvre de Todd Sheets en aurait écopé.
Par où commencer ? Attelons-nous d’abord à la (dif)forme.

De prime abord, l’image est tout simplement immonde. Filmé avec un caméscope VHS à l’article de la mort, Zombie Bloodbath2 : rage of the Undead vous rappellera le bon vieux temps des cassettes vidéo à la bande usée jusqu’à la trame. L’image est très largement parasitée par divers bruits vidéo. La gamme de lumière navigue dans les tons primaires, et il n’est pas rare qu’une scène soit noyée d’un éclairage rouge ou vert. Afin d’en mettre une couche supplémentaire, des séquences entières du film ont été passées au noir et blanc, sans raison particulière.
Kitsch ? Très certainement, mais le film a plus d’une corde à son arc.



Comme bon nombre de ses congénères fauchés des années 90, Zombie Bloodbath2 : rage of the Undead recèle de scènes gore. Puisqu’elles ont été mises en place avec trois bouts de mannequins et du ketchup, à l’instant même où le sang coule, la caméra plonge littéralement dans l’effet. En résulte des plans quasi macroscopiques faisant appel à l’imagination du spectateur pour y voir plus qu’un bout de rien baigné dans de la sauce barbecue. Cependant, comprenez-moi bien, cette pratique visant à compenser un manque flagrant de budget, ne fait que contribuer à l’aspect cocasse du film. D’autant que chaque effusion de sang est accompagnée d’un gargouillis caricatural. Boucle d’Or n’aurait pas fait mieux en mangeant le porridge des trois ours (une métaphore plus sexuelle aurait aussi permis de s’imaginer les sonorités en détail, mais ce n’est pas le style de la maison).
Quand Todd Sheets sort son objectif des plaies béantes qu’il a bricolées, c’est pour faire des plans dignes d’un télé-reportage filmé sans trépied. Rien à voir cependant avec "[Rec]" puisque la caméra n’est ni subjective, ni présentée comme un personnage à part entière. De deux choses l’une, soit le film a été intégralement tourné à l’épaule, ce qui expliquerait l’absence totale de stabilité dans les plans, soit le chef op’ était en phase critique de delirium tremens. Quoi qu’il en soit, ça booooouge. Burp ! Oh, j’ai tout vomi, quel dommage, un si beau dîner !
Voilà qui vous donne un aperçu de la forme déjà très Z de Zombie Bloodbath2 : rage of the Undead. A présent, creusons la croute pour toucher le fond.



Le scénario per se, va à l’essentiel. Il ne s’embarrasse pas de finesse, ni de détail et plonge immédiatement dans le vif du sujet. La narration est aussi claire qu’un annuaire sans ordre alphabétique. Heureusement, les personnages et enjeux sont réduits à peau de zobi.
Résultat, les protagonistes pataugent dans un scénario abracadabrant. Ils se retrouvent à demander de chercher un téléphone dans une maison où trois évadés de prison ont déjà estourbi les parents et s’apprêtent à fumer les gosses (qui n’ont pas du tout l’air de gosses, mais c’est ça aussi la magie du ciné… euh… de la série Z). Après quelques instants douloureux, et une invasion de zombies carabinée, tout le monde quitte la maison pour aller se réfugier dans un fast food où sévissent deux ploucs dangereusement psychotiques. Si ça c’est pas avoir la poisse, c’est qu’ils sont vraiment très cons ces survivants, alors autant les achever tout de suite.
Saupoudrez le tout d’une intervention de super flic de mes deux, et vous aurez gagnez un Chuck Norris du pauvre. Du pauvre, certes, mais avec des idées de grandeur pharaonique. Car le super-flic en question va tenter de sauver les jeunes, ramener les évadés en prison, buter les psychopathes, et stopper l’invasion zombie, le tout en arborant une superbe coupe mulet. Tout un programme !



Les acteurs se retrouvent donc embourbés dans une histoire sans structure, dont le seul but est de montrer des zombies et quelques effusions de sang. Difficile de rentrer dans la peau de personnages non-écrits. Encore plus difficile quand les interprètes n’ont jamais joué de leur vie, et n’ont aucun talent pour cela.
La palme revient évidemment au super flic, dont le jeu est quelque part entre l’amateurisme le plus affligeant, et l’avant-garde. D’autant qu’il sera tenu de jouer une scène où il rencontre la gardienne de la soi-disant prison qui se limite à une clôture et deux barbelés au bord d’une route nationale.
Tout ces défauts font le charme de Zombie Bloodbath2 : rage of the Undead qui ne plaira qu’aux convertis de la série Z. Les autres n’y verront qu’une tentative lamentable de faire du cinéma avec peau d’zob !

Todd Sheets n’est peut-être pas Zorro, mais ça ne l’empêche de signer d’un gros Z !








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