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Premier volet d’une trilogie réalisée par un fan pour les fans, Zombie Bloodbath est l’un de ces films hommage aux grands du cinéma de Zombies. Une ville empoisonnée par des radiations, subit l’attaque d’une horde de zombies. Les gentils citoyens modèles se transforment peu à peu en mangeurs de chair fraîche. Deux adolescents vont se retrouver seuls à lutter contre une horde de contaminés, les parents de l’un ayant été invités à dîner par le père de l’autre. A cours d’idée, les deux jeunes hommes courent comme des dératés pour aller quérir l’aide de leurs parents. Il incombera donc à un couple de babas cool et à un autoritariste de découvrir le secret qui se cache derrière tout cela. La récente épidémie cache en fait un terrible secret – enfin "terrible", pas tant que ça, car on commence à y être habitué – que le gouvernement a tenté de masquer pendant des années. Un réacteur nucléaire enterré aux abords de la ville laissait échapper d’importantes radiations. Le petit groupe lancé sur le chemin de l’aventure, se met en tête d’aller sauver la ville. Pour cela il va leur sceller un réacteur dont l’étanchéité laisse à désirer. Comment ça "même pas possible" ?



Zombie Bloodbath n’est autre que le premier volet d’une trilogie (les épisodes suivants étant les bien nommés "Zombie Bloodbath 2" et "Zombie Bloodbath 3"). Ici pas de vaisseaux spatiaux, ni de grande blonde aux oreilles taillées en pointes mais des zombies, ce qui, à la lecture du titre, n’a rien d’étonnant.

Zombie Bloodbath se traduit par : "Bain de sang Zombie". Hmmm, ça fleure bon la cervelle, pas celle qui réfléchit, plutôt celle éclatée sur un pan de mur, auparavant trop blanc. En effet, Todd Sheets délivre un métrage décérébré autant que décomplexé, ne lésinant jamais sur les effets gores. Certes, les moyens ne sont pas gargantuesques et pourtant les maquillages d’effets spéciaux sont toujours honorables, permettant les indispensables éviscérations et autres démembrements. C’est fauché, indépendant et sanglant, que demander de plus ?
Un scénario original et qui tient debout, par exemple. Pourquoi faire ? Zombie Bloodbath s’avère n’être ni novateur ni crédible. Comment croire à cette histoire de complot gouvernemental, à la survie d’un groupuscule de civils au sein d’un raz de marée de zombies. Mieux, comment ce même groupe de civils (à ce stade réduit à des individus qui ne semblent pas ingénieurs en nucléaire) saurait-il sceller un réacteur nucléaire avec deux cordes, trois pétards, un peu de béton ? Ainsi, si vous pensez être susceptible de vous poser de telles questions, vous ne pourrez sans doute pas apprécier le film pour ce qu’il est réellement : un hommage aux Films de zombies.



Todd Sheets n’a en effet pris que peu de liberté en ce qui concerne les morts-vivants qui peuplent le premier volet de sa trilogie. Ils sont lents, plus ou moins décrépis (plutôt moins que plus pour raison budgétaire) et amateurs de boyau fraîchement extrait d’un ventre tiède. L’esthétique du film se veut ancrée dans les années 70-80, période où les zombies ont commencé à se développer ("Zombies", "l’Enfer des zombies" et à faire des émules "Dead Next Door"). Il faut comprendre que Todd est un grand fan de ces cadavres ambulants et des maîtres de l’horreur qui ont contribué à construire le mythe à l’écran. Pas besoin d’être clairvoyant pour le deviner, il suffit pour cela de lire le générique : le scénario est signé Jerry Angell, Todd Sheets, Roger Williams et tous les films de zombies jamais fait. Pour ceux qui auraient de la viande hachée en guise de matière grise, des personnages sont créditées sous les noms de "Général Fulci, Sgt. Romero, Ct. Bookwalter, Sen. Argento…". Difficile de faire plus direct comme citation d’influences – ah, il semblerait que M. Tarantino ait quelque chose à dire : afficher les noms au générique dans la rubrique "remerciements" ?

Par conséquent le métrage est référentiel à l’extrême. Détailler ses inspirations serait inutile et laborieux tant elles sont nombreuses. Quasiment chaque plan vous rappellera un métrage culte. Ca peut être intéressant mais à l’instar de Où est Charlie, cela devient rapidement lassant. On notera cependant une dominance de l’influence du cinéma italien sur le cinéaste, qui se ressent lors de ses divers appesantissements sur les scènes d’éviscération et autres sorties d’organes internes.



Malgré cette avalanche d’influences, le réalisateur réussit à ne pas se laisser complètement submerger et évite le pire : la resucée. Pourtant la galerie de métrages n’est pas loin, frôlant l’impression d’entrer dans la chambre d’un fan boy et d’y compter les posters de ses films de genre préférés. De là à dire que le réalisateur est un monomaniaque du film de zombie, il n’y a qu’un pas que je me ferais un plaisir de franchir.
En effet Todd Sheets, alors que les années 90 commencent à peine, se lance dans l’autoproduction de Zombie Bloodbath. Le garçon n’en est pas à son coup d’essai, loin s’en faut, mais le scénario est aussi ambitieux qu’il est idiot. A en croire les titres de ses précédents métrages, cela ne devait pas être très différent : Prehistoric Bimbos in Armageddon City, Sorority Babes in the Dance-A-Thon of Death ou encore Battle of Mashed Potato Mountain. Comment faire plus Z que cela ?

Son statut de réalisateur Z, Todd Sheets l’assume pleinement. La réalisation est bancale et le tout est formé en format vidéo. Pour ne rien gâcher, connu pour son goût de la surenchère, le "Maître du Splatter" n’usurpera pas son titre avec Zombie Bloodbath puisqu’il se retrouvera à la tête d’une réalisation qui comptera plus de 735 zombies. Toujours plus ? C’est ce que la vision de "Zombie Bloodbath 2 : rage of the undead" nous apprendra.
Pour ce qui est du premier volet, il démarre sur les chapeaux de roues et sacrifie sa trame narrative pour verser dans un métrage orienté action. Cette démarche vise à compenser l’absence de budget dont souffre le métrage. Pour autant, le but n’est pas atteint.



S’il souffre d’imperfections, Zombie Bloodbath se revendique comme étant un pur produit d’exploitation, un divertissement. C’est bien là le défaut du métrage, de n’être qu’un divertissement médiocre. La mise en scène bâclée, le scénario prétexte et le résultat loin d’être original n’aideront sûrement pas le béotien à s’insérer dans le métrage.

A qui s’adresse Zombie Bloodbath ? Tout simplement au fan de zombies que les séries Z avec tripaille apparente n’effrayent pas. Autrement dit pas de budget, pas de scénario (soyons clair, c’est une telle fumisterie qu’elle pourrait appâter un certain Docteur), mais une envie profonde de procurer du plaisir au spectateur.

Pour la distribution en DVD, c’est Camp Motion Pictures qui s’y colle, proposant la trilogie dans une superbe édition trois DVD. Comme les trois films ne suffisaient pas, ils sont accompagnés de commentaires audio, de courts-métrages du réalisateur et de documentaires. Le tout pour un prix inférieur à 15€. Si ça ce n’est pas un joli geste, alors je veux bien finir mes jours à regarder de la série Z.