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Deux couples décident de se lancer dans une folle aventure : retrouver la trace de Michael Rockefeller, disparu en Nouvelle-Guinée en 1961, et récolter ainsi un gros pactole en ramenant un film prouvant qu’il n’est pas mort. Armés de deux caméras et de provisions, ils quittent les îles Fidji et se retrouvent en territoire inconnu et inhospitalier. Après quelques disputes, le groupe se scinde en deux parties. La chasse au trésor va rapidement se transformer en voyage cauchemardesque, quand nos explorateurs du dimanche vont découvrir qu’une peuplade cannibale habite dans les parages…



Jonathan Hensleigh est un scénariste de renom pour les amateurs de films d’action qui dépotent. En effet, c’est à ce monsieur qu’on doit les scripts de "Une journée en Enfer", "Le Saint" ou d’"Armageddon" par exemple. Il a également œuvré en tant que scénariste sur la série télévisée "Les aventures du jeune Indiana Jones". En 2004, il décide de passer derrière la caméra et réalise une nouvelle adaptation d’un super héros Marvel avec "Punisher", qui est interprété par Thomas Jane ("Peur Bleue"). Trois ans plus tard, il remet le couvert et s’aventure à revisiter à sa façon le culte "Cannibal Holocaust" de Ruggero Deodato. Un pari risqué, mis au goût du jour en imitant le procédé utilisé par "Le Projet Blair Witch" (lui-même déjà inspiré par cannibal holocaust, LE film précurseur…) puis par des films comme "Cloverfiled" ou "Rec". Jonathan Hensleigh va donc nous faire vivre "en direct" l’aventure, via les caméras utilisées par les protagonistes, ce qui apporte le côté réaliste au projet et permet une certaine immersion du public au cœur de la tragédie.



Malheureusement, Jonathan Hensleigh n’est pas Ruggero Deodato. Là où ce dernier parvenait à maintenir un intérêt constant du spectateur durant toute la continuité de son film, Jonathan Hensleigh commet les mêmes erreurs que pour "Le Projet Blair Witch", à savoir une longue phase d’exposition où il ne se passe quasiment rien d’intéressant. Certes, cela permet de faire connaissance avec les héros de l’histoire mais avouons quand même qu’on s’ennuie ferme durant les trois premiers quarts d’heure du film. Il faudra attendre que nos protagonistes se divisent en deux groupes pour que notre intérêt s’émoustille et retrouve sa vitalité, les péripéties et les rencontres avec la tribu cannibale commençant à devenir plus nombreuses et plus excitantes. Mais avant tout ça, que de bavardages et de scènes guères passionnantes. Préparatifs du voyage, recherche sur Mickael Rockefeller, engueulades, vannes foireuses et j’en passe, rien qui retienne notre attention et on a qu’une seule envie, que les cannibales débarquent et bouffent nos quatre compères. Et puis, s’ils pouvaient dénuder un peu l’actrice Véronica Sywak, qui interprète le rôle de Bijou, une petite peste qu’on se surprend à trouver attendrissante et pas si inintéressante que ça au final, ben ça serait sympa aussi et ça rajouterait un peu de piment à l’aventure ! Oui je sais, c’est mon côté "j’aime les jolies filles dénudées dans les films" qui reprend le dessus, excusez-moi. C’est vrai qu’elle est mignonne Véronica. Et coup de bol, les cannibales ont dû entendre mes pensées, parce qu’en plus de nous la montrer dans le plus simple appareil, ils lui ont réservé également la mort la plus affreuse et la plus choc du film ! Sont intelligents les cannibales quand même ! Tiens d’ailleurs, pour la peine, je vous passe une photo du résultat. L’effet est tout de même assez réussi et on devine aisément le méga clin d’œil à la séquence culte du film de Ruggero Deodato.



Comme évoqué ci-dessus, une fois passée la première (lonnngguuueee) partie du film, on se surprend à arrêter de bailler et on commence à raccrocher à l’histoire. Les deux couples se sont séparés et on va assister à ce qui arrive à chacun d’entre eux. La tension commence alors à monter d’un cran, la peur s’installe chez les protagonistes, pas du tout rassurés par les drôles de personnages maquillés qui les observent à travers les feuillages de la forêt. L’effet caméra à la main se met alors à véritablement fonctionner et le spectateur se met à ressentir lui aussi le stress qui émane de nos aventuriers du dimanche qui croyaient pouvoir se débrouiller seuls dans cet environnement qu’ils ne connaissent absolument pas. Les amateurs de gore seront forcément déçus car mis à part quelques visions de membres tranchés éparpillés sur le sol, il n’y aura pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent. On est très loin de la folie furieuse des films de cannibales italiens qui nous montraient des repas à base de viscères humains. Néanmoins, je dirais qu’ici, ça ne dérange pas. L’approche, qui se veut réaliste, peut éviter les bains de sang sans que la crédibilité soit vue à la baisse. Le simple fait d’entendre les héros hurler ou de les voir à terre puis se faire traîner par les pieds par les cannibales suffit à nous faire comprendre qu’on n’a franchement pas envie d’être à leur place. Le réalisateur parvient à instaurer un climat angoissant qui progresse par touches successives, et qui redonne du peps à l’ensemble. Dommage que ça arrive si tard dans le métrage et que "Le Projet Blair Witch" soit passé par là bien avant "Welcome to the Jungle". Car plus qu’à "Cannibal Holocaust", c’est bien au film de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez qu’on pense lors de la vision, Jonathan Hensleigh se contentant de reproduire la recette qui a fait le succès (ou l’insuccès, c’est selon) du film événement de 1999.



"Welcome to the Jungle" s’avère une petite déception au final, malgré une dernière demi-heure correctement mise en scène et assez intéressante. Le film trouvera néanmoins son public parmi les fans du "Projet Blair Witch", tant les deux films ont de nombreux points communs. Jonathan Hensleigh aurait dû plus se concentrer sur les événements se déroulant dans la jungle et mettant les protagonistes aux prises avec les cannibales et écourter la première partie trop bavarde pour nous plonger plus efficacement dans l’aventure, ce qui aurait donné du rythme au film. Reste quand même quelques séquences de tensions plutôt réussies et un final accrocheur. C’est toujours ça de pris…








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