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13 juin 1980, au camp de Crystal Lake, Pamela Voorhees est décapitée par une survivante du massacre qu’elle a orchestré. Bien des années plus tard, son fils Jason, prend la relève de la folie meurtrière de sa mère. Parti à la recherche de sa sœur disparue, Clay Miller, ignore tout du danger qui rôde dans la forêt du camp Cristal...



Marcus Nispel semble décidemment à l’aise avec des remakes de classiques de l’horreur, puisqu’après la réussite de "Massacre à la tronçonneuse 2003", il s’attaque à un mythe (plus qu’à une véritable réussite artistique) qu’est le tueur de Crystal Lake. Mis à mal ces dernières années par des épisodes versant dans la parodie ("Jason va en enfer", "Jason X"), le Boogeyman avait perdu de sa superbe. Les producteurs ne sachant trop comment faire pour que Jason revienne à Crsytal Lake après ses aventures spatiales préfèrent mettre en sommeil de nouveaux épisodes, à l’exception notable du cross over "Freddy vs Jason". Profitant de l’engouement pour les remakes, une mise à zéro de la saga est programmée.

Contrairement à ce qu’a réalisé son confrère Rob Zombie avec son "Halloween 2007", Nispel opte pour une démarche beaucoup plus humble consistant à ne pas faire de grandes modifications des règles et de l’histoire originale, au risque de finalement décevoir ce qui espérait un dépoussiérage complet. Ce Vendredi 13 comporte tous les éléments qui ont fait la gloire de la série: jeunes insouciants, filles topless , jeunes mecs à l’humour pas drôle, de la drogue, une héroïne qui garde la tête sur les épaules, des habitants qui savent et un shérif qui ne sert à rien. Nous voilà en terrain connu. Les modifications opérées par les scénaristes sont à doses homéopathiques. Jason court maintenant (!!) et il tend des pièges (même si on l’a déjà vu à l’œuvre mais de manière moins prononcée dans "Vendredi 13 chapitre 2").
En soulignant le côté animal de Jason, ce Vendredi 13 là n’hésite pas à lorgner du côté du survival, univers autrement plus riche que le simple Ouh j’ai peur habituel.



L’amateur éclairé s’amusera à épier les détails qu’il a vus dans les premiers Vendredi 13- notamment les chapitres 2, 3& 4 [le premier "Vendredi 13" est laissé de côté une fois finie l’introduction car son whodunit n’aurait plus guère d’intérêt de nos jours une fois révélée l’identité du tueur]. On retrouve ainsi quelques éléments dans le décor qui nécessitent une bonne mémorisation car Nispel les distille tout au long de son film. Ainsi, une tête de cerf accrochée au mur, viendra rappeler à notre mémoire la décoration d’un autre épisode. Du côté du scénario, la photocopie de l’histoire officielle de Jason Voorhees est répétée jusqu’à nous montrer en prélude la décapitation de la maman de Jason. La scène a été filmée de nouveau pour l’occasion, et a du mal à tenir la comparaison avec la version comprenant Bettsy Palmer. Il aurait d’ailleurs été plus utile de la raconter uniquement de manière orale.



Au rayon des victimes, Nispel continue à faire appel, pour être en tête d’affiche de son long-métrage, à des acteurs connus d‘un large public pour leurs rôles télé : Jared Padalecki ("Supernatural", "La maison de cire"), Danielle Panabaker ("Shark", "Mr Brooks") mais aussi Amanda Righetti ("Retour à la maison de l’horreur") et Derek Mears ("La colline a des yeux 2- version 2007"). En privilégiant son tueur, Nispel rend bien fade le casting. Ce qui fait qu’aucun acteur n’arrive à se démarquer, comme l’avait fait Jessica Biel dans le TCM 2003.

Ce qui compte dans tout Vendredi 13 qui se respecte, c’est le quota des morts et l’inventivité dont Jason fait preuve. Si le quota des morts est plus que respectable au point de ne pas provoquer de moments où l’ennui dominerait, il n’en va pas de même au niveau de l’inventivité des meurtres. Ayant semble-t-il fait le tour en termes d’imagination, la saga préfère miser sur l’efficacité. Jason n’hésitant pas à faire usage d’armes de portée (arc et même hache).
Si Nispel tente d’imprégner Jason de la touche Leatherface avec la découverte de l‘Antre du Monstre, on regrettera d’autant plus que la photo de Daniel Pearl soit plutôt quelconque.



Malgré les réserves mentionnées plus haut, on aurait tort de bouder notre plaisir de retrouver un Jason en aussi grande forme. vendredi 13 2009 dégage suffisamment de sympathie pour constituer un retour gagnant. Son succès au box-office américain (42 millions de $ pour son premier week-end) démontre que la popularité du tueur au masque de hockey est toujours intacte. En faisant un melting-pot des premiers épisodes de la saga, Nispel redonne un nouveau départ pour l’une des franchises d’horreur les plus populaires.