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Une bande de copains décide d’aller assister à un concert dont le thème est "hommage à Woodstock". Au programme, musique, pétard, drogue et sexe. Tout se déroule pour le mieux pour nos joyeux lurons sauf pour Samantha, qui a profité de cette expédition pour fuir son fiancé qui la terrorisait et qui ne peut s’empêcher de penser qu’il va venir la rechercher. En plus, un dingue habillé comme Ronald Reagan s’invite à la soirée et s’amuse à démembrer à coups de hache les hippies, nouvelle génération. La fête va vite virer au pire des cauchemars…



David Arquette, tous les fans de slashers le connaissent, puisqu’il jouait le rôle de l’agent de police Dewey, un des personnages principaux de la saga "Scream", dont les trois films ont été réalisés par Wes Craven en 1997, 1999 et 2003. Né en septembre 71, il est le plus jeune de la famille Arquette, et ses frères et sœurs ont pour nom : Rosanna Arquette, Patricia Arquette, Richmond Arquette et Alexis Arquette. Logique que le petit David entre dans le monde du cinéma avec une telle famille. L’un de ses rôles les plus importants au début de sa carrière fut celui qu’il interpréta dans "Buffy tueuse de Vampires" en 92, film qui donna naissance à la série télévisée culte des années 90. Outre les "Scream", on l’a vu dans l’excellent "Vorace" d’Antonia Bird en 99 ou dans "Arac Attack" en 2002. Fan du cinéma d’horreur, et ayant beaucoup appris lors de ses tournages avec Wes Craven, il décide de réaliser à son tour un slasher movie, n’ayant œuvré qu’une seule fois auparavant en tant que réalisateur en 2002, avec un film totalement méconnu : "Selling Air". Avec l’aide de ses amis et de sa famille, il entreprend donc le tournage de "The Tripper", dont il co-signe le scénario avec son ami Joe Harris. Ayant vécu les années Reagan quant il était adolescent, et ayant été fortement marqué par la mesure qu’avait prise le Président concernant la suppression du budget consacré à certains hôpitaux, provoquant la remise à la rue de plusieurs malades qui étaient en service de psychiatrie, David se dit que mettre en image l’histoire d’un tueur qui s’habillerait comme Reagan et porterait un masque à son effigie pour aller tuer des hippies seraient une bonne idée ! Pourquoi des hippies ? Tout simplement parce que le Président Reagan ne les portait pas du tout dans son cœur. Le film s’ouvre d’ailleurs sur une de ses citations les concernant : "les hippies ressemblent à Tarzan, marchent comme Jane et sentent mauvais comme Cheetah". Ca a au mois le mérite d’être clair et précis.



Pour interpréter ces personnages, David Arquette pioche d’abord dans ses connaissances. Le policier Buzz Hall sera joué par Thomas Jane ("Peur Bleue", "Punisher"), qui n’est autre que le beau-frère de David, puisqu’il a épousé sa sœur Patricia. Thomas est assez méconnaissable dans ce rôle, sa moustache et sa barbichette lui changeant assez fortement son aspect physique de beau gosse. Ce qui n’enlève rien à ses talents d’acteur. Le maire de la petite ville où va avoir lieu le concert hippie est quant à lui interprété par Richmond Arquette, le frère du réalisateur. L’organisateur de la fête est joué par Paul Reubens, qu’on connaît plus sous le nom de Pee-Wee Herman, personnage immortalisé par Tim Burton et que David a connu sur le tournage de "Buffy tueuse de Vampires". Quitte à faire jouer ses copains, autant faire jouer sa femme. David offre donc à Courteney Cox Arquette un petit rôle vraiment très drôle vers la fin du film, où elle blâme des policiers pour avoir tirer sur des chiens avant de se faire dévorer par l’un d’entre eux. Et pour finir, comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, David se donne le rôle de Muff, un bouseux n’aimant pas non plus les hippies et qui s’amusera avec ses amis à leur chercher des noises.

Pour incarner le groupe de copains, David opte pour des nouveaux talents, dont Jaime King, qui joue le personnage de Samantha, et qui s’est fait un nom grâce au "Sin City" de Robert Rodriguez. Les deux autres filles de la bande sont la torride Paz de la Huerta ( !) et la black Marsha Thomason. Pour les garçons, on aura Lukas Haas, Brad Hunt et Balthazar Getty.
David connaît bien le code des slashers et nos joyeux lurons représentent parfaitement l’archétype des ados qu’on trouve d’habitude dans ce genre de films. C’est à dire un brin crétin, se défonçant avec tout ce qui leur passe sous la main, s’adonnant aux plaisirs de la chair. Bref, de la parfaite chair à canon destinée à succomber sous les coups mortels d’un tueur psychopathe. Il faudra malheureusement attendre un petit bout de temps avant que cela se produise et on finit par trouver le temps un peu long, entre deux prises d’ecstasy ou de situations guère passionnantes. C’est un peu le reproche que je ferais au film, un certain manque de rythme pendant les trois premiers quarts d’heure, certes ponctués par un ou deux meurtres sanglants, mais dans l’ensemble, on aimerait bien qu’il se passe plus de chose et que notre tueur entre enfin en scène pour dézinguer tout ce petit monde de drogués. David a peut-être mis trop de personnages dans son film pour qu’on puisse s’intéresser vraiment à eux, et il aurait fallu recentrer le film sur les méfaits du tueur. Mais bon, ne soyons pas trop dur, ce n’est que son deuxième long-métrage et il se rattrape bien par la suite !



En effet, ce qui sauve le film d’un certain ennui et qui le hisse légèrement au-dessus d’un simple slasher lambda, c’est d’une part son ambiance assez délirante et décomplexée (la séquence des hippies adeptes du nudisme), associée à une réalisation un peu chaotique mais qui respire l’amour et le désir de faire bien et de respecter les fans du genre, mais c’est surtout son tueur et les séquences gores. Il faut dire que voir un psychopathe habillé en costard-cravate très classe, avec la tête de Ronald Reagan, appelant son chien "Nancy" et balançant des coups de hache sur tout ce qui bouge, forcément, ça rehausse l’intérêt. La séquence d’introduction est à ce titre assez jubilatoire, avec un meurtre à la tronçonneuse très réussi. Le reste du film se révèle fort sympathique également au niveau gore, puisqu’on aura droit à une décapitation à coup de hache, à une pendaison par les pieds avec éviscération, au tranchage d’une main, à quelques coups de couteaux bien placés, la meilleure séquence étant quand "Ronnie" débarque en plein concert et tape dans le tas avec cœur et énergie, nous rappelant la séquence de la rave-party dans "Freddy vs Jason". Ok, ce n’est pas non plus du Olaf Ittenbach mais ça reste plaisant à regarder. On regrettera donc que ce cher "Ronnie" ne soit pas plus présent dans le début du métrage, ce qui n’aurait pas manqué de dynamiser l’ensemble. Quant à savoir qui se cache derrière le masque de l’ancien Président des Etats-Unis, je ne ferai pas l’affront de vous le dévoiler puisque vous l’aurez deviné depuis belle lurette, ce qui ne gâche en rien le film, la découverte de qui est responsable des meurtres n’étant pas une donnée capitale pour le suspense.

Bien sûr, utiliser l’emblème que représente Ronald Reagan pour les américains n’est pas du au hasard et David Arquette nous livre derrière cette histoire de tueur fou une virulente critique non dissimulée ou camouflée du régime conservateur républicain, et en particulier de George Bush. Ce n’est certes pas l’élément essentiel du film mais il fallait néanmoins le dire, ça rend David Arquette encore plus sympathique. Ne pas louper le générique de fin, où de nombreux extraits de discours politiques se font entendre.



Que dire d’autre sur "Tripper" ? Qu’il possède de belles images, comme cette magnifique séquence où l’on voit ronnie le tueur dans les bois, dans une ambiance bleutée du plus bel effet ! Qu’on s’y amuse la plupart du temps, malgré encore une fois certaines longueurs qui viennent plomber le film et qui auraient gagné à être zappées ou raccourcies. Qu’on aimerait bien revoir "Ronnie" dans une suite parce que c’est quand même un boogeyman bien fun et que chacune de ses apparitions sont assez tripantes (elle était facile celle là…). Que pour un second film, malgré un bilan mitigé, c’est quand même pas mal et qu’on attend les prochaines réalisations de David Arquette dans le domaine de l’horreur, s’il y revient. Que c’est un slasher qui ne restera pas non plus dans les annales mais qui trouvera certainement son public, notamment dans les soirées entre copains le samedi soir. C’est un film à visionner avec des bières et du pop-corn, entourés de ses potes qui aime l’humour sous acide ! Allez, Peace and Blood !








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