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Un jeune couple, Mike et Sheryl, part faire une petite randonnée dans une région reculée le temps d’un week-end en amoureux. Après une petite mésaventure avec quelques chasseurs du coin, ils empruntent le sentier de Timber Falls qui les conduit en haut d’un massif forestier, où se trouve également un lac somptueux. Le lendemain, Mike découvre que Sheryl a disparu…



Après avoir été assistant de production sur de nombreux films, dont le "Mort ou Vif" de Sam Raimi ou "Los Angeles 2013" de John Carpenter, Tony Giglio décide de passer à la réalisation en 1999 avec "Soccer Dog : the Movie". En 2001, il réalise un court métrage baptisé "Love, Sex and Murder" avant de revenir au long-métrage avec le film de guerre "Entre les mains de l’ennemi" en 2004. L’année suivante, il dirige Jason Statham dans le thriller d’action "Chaos" avant d’investir le cinéma de genre en 2007, année où il nous livre ce survival bien sympathique du nom de "Timber Falls".

Comme tout bon survival, "Timber Falls" nous met en présence d’un couple de citadins qui va se retrouver aux prises avec les habitants du coin, ces derniers ayant quelques secrets inavouables et se livrant à certaines pratiques que la morale chrétienne réprouve. Depuis "Délivrance", en passant par "Massacre à la Tronçonneuse", "La colline à des Yeux" jusqu’au plus récent "Détour Mortel" ou "Manhunt", les confrontations citadins/rednecks se terminent généralement en bain de sang et ce n’est pas "Timber Falls" qui viendra changer la donne…



Avouons-le de suite, "Timber Falls" ne changera pas la face du survival. Le film de Tony Giglio est rempli de clichés inhérents au genre, et de nombreuses séquences nous renvoient à d’autres films déjà vus auparavant, que ce soit par exemples "Détour Mortel" avec le personnage de Deacon, jeune garçon psychopathe à la face monstrueuse, "Hostel" pour certaines séquences de tortures ou même "Misery" avec le personnage d’Ida, jeune femme qui semble un brin dérangée, notre intuition nous en donnera d’ailleurs la preuve en milieu de métrage. D’autres classiques du genre nous viendront en tête pendant le déroulement du film. Pourtant, "Timber Falls" remporte l’adhésion au final. Bien que peu original dans ses situations, le travail du réalisateur et le jeu des acteurs nous permettent de passer un bon moment en compagnie de Mike et Sheryl, notre joli couple de citadins joué respectivement par Josh Randall, un habitué des séries télévisées dont les parents devaient sûrement être fans de la série "Au nom de la Loi" avec Steve McQueen, et par la jolie blondinette Brianna Brown, elle aussi plus habituée au plateaux des séries Tv que de cinéma, qu’on reverra prochainement aux côtés de Lance Henriksen dans "The Lost Tribe". Les deux tourtereaux vont vite voir leur idyllique week-end se transformer en un véritable cauchemar auquel ils ne s’attendaient sûrement pas (toute ressemblance avec un film de Tobe Hooper est fortuite…Ndlr).

Beauté des paysages, randonnée tranquille, couple d’amoureux, Tony Giglio plante son décor tranquillement et nous embarque avec lui dans ce qui est une escapade somme toute assez banale mais qui n’est pas déplaisante. La première rencontre entre Mike, Sheryl et les habitants du coin, à savoir trois jeunes chasseurs qui surprennent notre couple qui commençait une partie de jambe en l’air en pleine nature, viendra rompre ce joli tableau trop propre et installera une petite tension bienvenue, dont on sait par avance qu’elle n’est que le début du calvaire de nos deux amoureux, surtout que la scène d’introduction, bien efficace et bien sanglante, nous a mis de suite dans la confidence et on sait qu’il va y avoir certains endroits à éviter. La suite joue avec les codes du genre encore une fois (la silhouette d’un inconnu apparaissant à travers la toile de la tente où notre couple fait l’amour), mais ça passe bien à l’écran et ce classicisme des situations nous place en territoire connu sans que l’ennui ne vienne poindre le bout de son nez, ce qui est une bonne chose.



Une fois Sheryl disparue, le rythme du film se met à s’accélérer et les malencontreux événements se succèdent pour Mike, qui finira par retrouver sa fiancée avant que notre duo fasse enfin la connaissance de la famille de tarés qui habite près du sentier de timber falls. Une bonne famille bien barge comme on les aime, dont le mobile des exactions est plutôt attendrissant pour une fois, on leur donnerait presque raison. Exit les beaux paysages avec forêt et cascades, le film se transforme alors en un huis clos étouffant, avec des petites séquences gore bien sympas même si encore une fois déjà vues ailleurs. Survival, slasher, huis clos, torture porn, Tony Giglio brasse les ambiances et les références. En tout cas, notre homme sait tenir une caméra et fait preuve de talent, ce qui permet au film de gagner en intensité, tout en critiquant les adeptes de la religion au passage, le film n’étant pas très tendre avec les croyants purs et durs.

Parmi ceux-ci, on trouve donc Ida, merveilleusement bien interprétée par Beth Broderick, qui donne toute la dimension psychologique nécessaire à ce personnage, tiraillée entre son amour de Dieu, de ses règles et par son incapacité à être mère, qui la pousse à enfreindre l’un des commandements principaux, à savoir "tu ne tueras point". Son mari est un peu moins charismatique mais il s’en sort plutôt bien quand même, donnant au film des touches d’humour noir, et participe à l’ambiance de folie grandissante qui gagne le film. On est certes très loin de l’atmosphère du "Massacre à la Tronçonneuse" (normal me direz-vous, comment égaler l’inégalable ?) mais encore une fois, le motif de la famille expliquant leurs comportements envers les touristes est assez glauque et devrait satisfaire les fans du genre.



Timber Falls", film maintes fois vu ? Oui, certainement, mais ce n’est pas un réel défaut dans le cas présent. Le réalisateur assume pleinement les différents hommages qu’il fait au cinéma de genre et le manque d’originalité est compensé par une réalisation sans faille, une interprétation plus qu’honnête et par quelques effets gore bien sentis et efficaces, et qui semblent réalisés à l’ancienne, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Les fans les plus exigeants ne trouveront peut-être pas le film à leur goût, prétextant qu’ils l’ont déjà vu des centaines de fois, mais pour les autres, je pense que "Timber Falls" saura leur donner satisfaction. Ce n’est, après tout, qu’un divertissement sans prétention, et qui m’a fait passer un bon moment devant mon écran. Notons que la dernière image n’était peut-être pas nécessaire mais participe néanmoins au côté "hommage" voulu par le réalisateur. Les fans des films des années 80 seront sûrement aux anges avec cette ultime vision…








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