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Voilà une semaine que les morts se sont mis à marcher sur la terre. Sur une île au large des côtés du Delaware, deux familles s'entretuent : les Muldoon et les O'Flynn. C'est sur cette île précisément qu'atterrit un groupe de déserteurs guidés par le sergent Sarge, décontenancé par le chaos ambiant. Et il ne sera guère dépaysé sur ce petit bout de terre, où les morts sèment aussi bien la panique que les vivants...



Visant sans doute trop haut (mais sans la spontanéité d'antan) avec "le territoire des morts", Romero rabaisse davantage le niveau avec un "Diary of the dead - chronique des morts vivants" moyennement convaincant, surfant sur la vague "caméra subjective" en se bornant à surligner sa critique sociale. La mollesse généralisée et les ruptures de tons gênantes n'aidant pas, on en vient à demander si Papy Romero ne creuse pas sa tombe comme son comparse Argento. Le clan des mitigés attendant alors une réponse certaine dans le dernier volet de sa saga, qui fut l'un des événements du dernier festival de Gérardmer.



La comparaison avec Argento n'est pas innocente, non seulement car les deux lascars ont déjà travaillé ensemble mais surtout en raison d'une désagréable impression de forcing englobant l'état actuel de leur filmographie, comme si les deux réalisateurs se plongeaient à corps et à cris dans une phase revival uniquement présente pour le désir d'un public souverain (le giallo pour l'un et les zombies pour l'autre). Sage décision, vraiment ? Il est clair que ce sixième opus taille pas mal dans son public, surtout celui encore persuadé que Romero est tout à fait prêt pour un film d'une ampleur touchant ses classiques antérieurs : là pas de doute, beaucoup vont tirer une gueule de cent pieds de long...



Faut-il pour autant s'alarmer de ne pas voir le digne successeur de "Zombie" débarquer sur grand écran ? Pas foncièrement, puisque cette nouvelle aventure se révèle bien plus satisfaisante que les errances vidéo de son petit frère. Adieu donc l'esprit critique et revanchard (globalement irritant) et bonjour la série B de grands gamins nourris aux cadavres ambulants et aux cow-boys. Pas de doute ici, Romero s'amuse, s'en accommode et en profite : passé une séquence maligne faisant le relai avec Diary of the dead, on se retrouve parachuté en plein décor de western, avec un village isolé servant de décorum à une tragédie familiale mi-rigolarde, mi-dramatique. Pas de sempiternel huis-clos ou de film de siège, bien heureusement pour nous. On respire.



Romero revient aux sources de son succès, avec une pléiade de macchabés coursant une tripotée d'acteurs inconnus, incarnant une lignée de personnages charismatiques et plutôt bien dessinés : une jolie militaire lesbienne, des vieux briscards rivaux se disputant le droit des morts-vivants (??!), un ado parfaitement débrouillard, des jumelles séparées par la mort, un soldat aigri... Le tout balayé de mises à mort aussi graphiques que cartoonesques, d'idées fendardes (une pêche aux zombies et la nage risquée qui s'ensuit, des morts-vivants encore casés à leur ancien métier) voire poétiques (une cavalière galopant encore sur son cheval, même après avoir mis un pied dans la tombe) et d'un nouveau débat au cœur de la saga : que faire de nos morts et surtout, sont-ils réellement cannibales ? Romero ne prétend en rien révolutionner le sous-genre qu'il a inventé, mais engendre un spectacle décomplexé à souhait, et fort généreux d’un bout à l'autre. Un vrai bon moment.