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Réalisation
Luigi Cozzi

Scénariste
Luigi Cozzi

Date de sortie
1979

Genre
Science-fiction

Tagline


Cast
Caroline Munroe
Marjoe Gortner
David Hasselhoff
Joe Spinel


Pays
Italie

Production


Musique
John Barry

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 2.4
(6 votes)
Résumer un film aussi foutraque que Starscrash, c’est comme tenter de vaincre l’apesanteur sur une planète qui en est dépourvue, comme résoudre le mystère du Big Bang avec un moteur diesel, comme deviner ce qui se cache sous les jupes du Pape, c’est une gageure ! Mais essayons : Stella et Akton tentent d’échapper à quoi ? La police ? des voleurs ? des mécréants ? On ne sait trop, probablement un peu des trois. En tout cas ce qu’il y a de sûr, c’est qu’ils tentent de s’échapper et par la grâce du Saint empire céleste, ils y arrivent ! Mais un temps seulement, vu qu’ils sont repris illico-presto par la police intersidérale du coin. Stella, qui est aussi intelligente qu’elle est canon, parvient à s’échapper. Après moult péripéties, elle apprend qu’elle et Akton sont désignés par l’Empereur galactique de tous les mondes connus, inconnus et même de ceux dont on ne soupçonne même pas l’existence (donc pas un empereur d’opérette le gars ! pour sauver le fils de ce dernier. En effet, l’effroyable Dark Vador (euh non), l’effroyable Zarth Arn (rien à voir avec l’acide ribonucléique, encore qu’avec ce film on ne sait jamais) a attaqué ce dernier (pas le premier dernier de tout à l’heure, le dernier de maintenant, le dernier dernier, le fils de l’Empereur.. Bon, suivez, prenez des notes, je ne vais pas répéter !). Nos deux valeureux aventuriers hésitent, se posent des questions, organisent un brainstorming, un débriefing, pour savoir si oui ou non ils acceptent. L’Empereur, qui n’est pas une fiotte leur conseille d’accepter, sans quoi il leur infligera "le supplice du toucher rectal impérial" (scène, hélas !, coupée au montage). Bref, les voilà en guerre contre le vilain Zarth qui possède une arme capable de détruire la galaxie.



Starcrash ! Un mot, un seul, qui permet de se replonger (au moins pour les vieux croûtons comme l’auteur de ces lignes) au temps lointain du règne tout puissant de la VHS et de ses jaquettes souvent (très souvent) bien meilleures que le film contenu dans la boîte en plastique. On y voyait sur le devant Caroline Munroe en tenue ultra-sexy avec un flingue et en arrière fond un vaisseau "Starwarien" et un robot en posture de cow-boy avec deux énormes revolvers. Bref, le pied intégral, surtout en pleine apogée des aventures de Luke Skywalker et compagnie.
Cela nous promettait de l’aventure, de la bagarre, du dépaysement et de l’érotisme !
La jaquette proclamait d’ailleurs fièrement, je cite : "Quand toutes les armes ont échoué, seuls les super-héros peuvent vaincre la terrifiante puissance des galaxies ennemies !" Vindiou, ça c’est de l’accroche !



Un film à voir et sans plus tarder ! Un chef d’oeuvre d’outre-Alpes ! (bien que l’on pensait que ce fût un film américain, oui on était con à l’époque, pas sûr que cela ait changé ceci dit, mais je m’égare et pas seulement d’Austerlitz). Une heure et demie plus tard, la tension avait définitivement quitté notre corps, le coeur battait à peine, le cerveau se liquéfiait, plus rien n’avait d’importance.
Conceptuel et irrémédiablement cryptique. J’en connais qui ne s’en sont jamais remis, ils naviguent dans les interstices du temps à la recherche de Caroline Munro, la bave aux lèvres, dans un univers fait de maquettes en carton et de lumières roses et bleues.

Puisqu’on parle de Caroline Munro, on se doit ici de remercier d’une part Dieu pour avoir donner vie à une telle créature et d’autre part les personnes responsables des costumes. Celui qui n’a pas subi une fracture de la rétine, suivi d’une tachycardie de la paupière et d’une entorse de la pupille à chaque fois que la Munro rentrait dans le champ de vision... Et bien celui-là, mes bien chers frères, celui-là n’est pas humain. Evidemment le réalisateur l’a bien compris et il nous la montre sous toutes les coutures, vêtue de combinaison ultra sexy comme ce n’est pas permis et dont on peut franchement douter de la fonctionnalité (allez mettre vos clefs de bagnole puis votre briquet dans une telle tenue !).



Si les autres acteurs ne peuvent se targuer d’être aussi sexy, ils se sont à l’évidence fournis chez le même tailleur.
Marjoe Gortner, qui obtient ici son plus grand rôle (a-t-il joué dans un autre film ou bien a-t-il décidé de mettre un terme à sa carrière après le monument que constitue le rôle d’Akton ici-même ?) est ravissant dans sa tenue rouge et noire.
David Hasseloff, est à son niveau, mi-tête à claques, mi-acteur de pacotilles et qui ne prendra son envol que sur les plages de Malibu à bord de sa voiture K2000.
Joe Spinell ("Maniac", "Rocky", "Le parrain", "Vigilante", quand même !), toujours à la recherche d’un cachet afin de s’adonner à la boisson et à la drogue, campe un Dark Vador nettement meilleur que son modèle… La barbichette lui va si bien il faut dire !

A l’évidence Luigi Cozzi est un fan de science-fiction (il a dirigé un fanzine et introduit Philip K.Dick en Italie, respect donc), celle-ci ne le lui rendant pas pour autant. Sa carrière est marquée par une poignée de films plus ou moins rattachés à la SF ou à la fantasy (les redoutables "Hercule" et "Les aventures d’hercule", sorte de néo-péplum dans l’espace et le temps, mais aussi le sympatoche "Contamination", un Alien bis).

Evidemment dès les premières minutes on pense inévitablement à "La guerre des étoiles", dès les dernières aussi. Mais un "Star Wars" nourri aux amphétamines qui finalement vieillit bien mieux que son modèle. Starcrash est intemporel !



Aujourd’hui, Starcrash n’a rien perdu de ses qualités. C’est l’avantage des immenses mauvais films, ils restent ad vitam eternam au niveau qu’on leur a connu.
Un fourre-tout, un concentré vitaminé, un buffet campagnard du n’importe quoi filmique. Quelle autre oeuvre du septième art peut revendiquer un tel je-m’en-foutisme ? une telle absence de continuité scénaristique ? une telle sûreté de goût dans les décors et les costumes ? et surtout une telle hauteur philosophique dans les dialogues ? Qui ????? Peut-être "Turkish star wars", et ce n’est même pas sûr.
Quoi qu’il en soit Starcrash navigue loin, très loin, au-delà des mers et des espaces quantiques, en compagnie de son compagnon venu de Turquie, "Virus Cannibale", "Le führer en folie", "Bloodfreak" et quelques autres rares incunables filmiques non identifiées et non identifiables.
Envions ceux et celles qui n’ont pas encore eu la chance visionner l’un des plus grands métrages de tous les temps !


Un DVD collector existe chez nos amis de Néopublishing. Que Dieu les bénissent !








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