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Sous trois tonnes de tubes à essais et de gênes de toutes sortes, Clive et Elsa vivent une union passionnée, tous deux liés par un milieu scientifique leur permettant de croiser des ADN animales au détour d'expériences peu catholiques. Ils en tirent des créatures mutantes capable de relever l'industrie pharmaceutique qu'ils servent. Malgré la sonnette d'alarme et les risques qu'ils en tireraient, le couple choisit de croiser ADN animal et humain pour donner vie à un nouvel être qui ne pourra révéler ses secrets qu'au court de son évolution...



Habile dans sa manière d'emmener des concepts originaux et surprenants avec des titres comme "cube", "cypher" ou "nothing", Vincenzo Natali tente une nouvelle fois de surprendre son public en remaniant au goût du jour le sempiternel thème de la Prométhée post moderne : il ne s'agit pas ici de redonner vie, mais de donner vie tout court. Et en ces temps de clonages et de recherches secrètes, on ne peut pas dire que l'éthique médicale soit encore toute blanche...



Moins original dans le fond, Splice part tout de même d'une base juteuse, à savoir développer à l'écran une créature inattendue et ambiguë, qui surprend aussi bien ses géniteurs que le spectateur. En féminisant le mythe, il ne fait qu'offrir une énième illustration de "la fiancée de frankenstein", voire même pour aller plus loin du méconnu "embryo", dont il est plus proche dans son idée d'évolution éclair et de pulsions néfastes allant crescendo. Quant au croisement de gênes d'animaux et d'humains, on vous laisse deviner sur quelle petite île avait eu lien des exactions semblables...



On ne cache cependant pas notre curiosité face au sujet, porté à bout de bras par un duo d'acteurs définitivement attachant (Adrian Brody & Sarah Polley) et dont la mise en scène efficace porte rapidement ses fruits : sous couvert de sa durée de vie annoncée comme éminemment courte, les descendants illégitimes du Dr Frankenstein et du Dr Moreau gardent contre toute attente le résultat de leur expérience pour mieux le traiter comme leur propre enfant. Malgré une naissance chaotique, on se surprend à trouver la créature aussi intrigante que touchante...avant que la nature reprenne son droit comme dans cette scène où la représentation de deux expériences passées se transforme en carnage, dans ce qui constitue la seule scène gore du film. Il serait approprié de ne pas essayer d'en savoir trop sur Dren avant le visionnage, puisque son aspect inédit fera naître de nombreuses surprises au fil du métrage : c'est d'ailleurs une actrice de notre hexagone, Delphine Chanéac (dont on taira les précédents films) qui endosse le physique hybride et androgyne de Dren, dont les couinements de gamine surexcitée succèdent rapidement à d'étranges râles de plaisir, ou pire encore, à des rages dont on ne soupçonne pas le résultat.



Solidement charpenté et plutôt gonflé, Splice a la facilité de se réfugier dans le film de monstre lambda en fin de bobine, dans un climax évoquant parfois "Jeepers Creepers"(?!). Car il est rare de voir un monstre à la libido affolée, Natali traitant frontalement un triangle amoureux troublant, à la frontière de l'inceste et de la zoophilie. Une audace payante qui ramène parfois le film vers les terres de Cronenberg (jusqu'en dans le côté organique de certaines créatures) et même de "la mutante" dont Splice devient presque le cinquième volet officieux : les tribulations sexuelles, scientifiques et horrifiques de Dren sont en effet très proche de la fâcheuse saga, mêmes si elles n'en gardent sans doute que les aspects positifs. Cela fait donc beaucoup de renvois pour le dernier film de Natali, dont le talent reste toujours prégnant, même si on regrette quelque peu la furieuse inventivité de ses débuts. Mais de la SF horrifique qui fasse autant plaisir à voir, ce n'est pas si courant, alors profitons...








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