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Toutes sous le charme du Docteur Taa, des infirmières sexys en viennent à tuer l’une des leurs qui désirait se marier avec lui. Sept jours plus tard, le spectre vengeur de l’infirmière revient pour accomplir une terrible vengeance…



Tiens, y’avait longtemps qu’on avait pas parlé d’un film de fantôme revanchard sur le site. Quoiqu’en y réfléchissant bien, ça fait moins longtemps qu’on ne le croit en fait, puisqu’au mois d’avril 2009, on a chroniqué "Ghost Game" et "La victime". Le filon du spectre aux longs cheveux noirs ne semble donc toujours pas vouloir s’arrêter dans les pays asiatiques et c’est encore une fois la Thaïlande, pays d’origine des deux films précités, qui nous envoie ce "Sick Nurses", sortant chez nous avec deux ans de retard, et qui bénéficie d’une bonne réputation auprès de ceux qui l’ont vu. Le film a d’ailleurs été présenté au festival du NIFFF cette année. Peut-on encore espérer un renouveau de ce thème archi usé avec ce film ?



A cette question existentielle, on pourra répondre "oui" et "non". Non, parce que le film n’est pas d’une grande originalité dans sa trame principale et recycle les ficelles des ghost movie récents, avec évidemment le spectre aux cheveux longs et noirs qui poursuit sans pitié ses futures victimes, responsables de sa propre mort lorsqu’il était encore un être vivant. Le début du film nous montre d’ailleurs son calvaire. Infirmière dans un hôpital corrompu, où le plus célèbre médecin, le Docteur Taa, se livre à un trafic de cadavres, notre malheureuse victime, désirant plus que tout au monde se marier avec ce dernier, va se retrouver confrontée à la jalousie de ses consœurs féminines, qui, avec l’accord du Dr. Taa lui-même, vont trouver une solution radicale pour mettre fin à son désir d’amour fou.

Dans les bras du Dr. Taa, nos infirmières ne sont que des pions, et chacune d’elles rivalise d’ingéniosité pour s’acquérir le beau et jeune médecin, qui, malgré une certaine préférence pour l’une d’elles, s’amuse à batifoler à droite, à gauche. Petite touche d’humour bien sentie, le beau gosse a une relation homosexuelle et ne fait donc que du cinéma avec les infirmières pour ne pas faire naître de soupçons. Sept jours après le meurtre sauvage de l’infirmière, cette dernière, comme le dit une légende, revient hanter ses bourreaux durant une semaine et concocte pour chacune d’elle une mort violente.



Et c’est là que le film trouve sa petite touche d’originalité. En effet, les deux réalisateurs ne s’embarrassent pas de créer une quelconque ambiance terrifiante, avec des scènes à suspense qui font froid dans le dos, à l’instar du mètre-étalon en la matière, "Ring". Ici, le mobile de la vengeance est connu d’entrée de jeu et on sait qui seront les victimes. Bref, pas de temps à perdre avec une mise en scène aboutie censée provoquer des frissons d’horreur chez le spectateur. Non, "Sick Nurses" ne joue pas dans la catégorie film de terreur, où la suggestion est de rigueur, mais se lance à corps perdu dans la violence graphique et la mise en avant des meurtres causés par l’infirmière revenue d’outre-tombe. Des meurtres plutôt imaginatifs, proposant des séquences presque poétiques (la capture d’une infirmière par les cheveux du spectre qui s’enroulent autour d’elle comme une toile d’araignée, créant une prison-cocon du plus bel effet…), poésie contrebalancée par des scènes gore bien crades et totalement décalées, avec, par exemple, une infirmière obligée d’avaler des lames de rasoir qui lui sectionneront la mâchoire inférieure avant qu’un fœtus mort ne vienne se loger dans le trou béant. Des séquences comme seuls les asiatiques savent nous en donner. Le sang gicle bien souvent dans le film et les amateurs de scènes horrifiques y trouveront leur bonheur. Car reconnaissons-le, ce sont bien les séquences gore du film qui lui donnent tout son intérêt, de par leur diversité, leur originalité et leur refus de concession.

Il est d’ailleurs étonnant qu’on ne retrouve pas cette exagération présente dans les scènes d’horreur, qui en deviennent parfois surréalistes (le découpage à la scie d’une infirmière par sa collègue, possédée par le spectre vengeur ; les milliers d’infirmières-clones, dans un escalier de l’hôpital, venant torturer une des responsables qui se battra à coups de…test de grossesse !) dans d’autres séquences plus anodines, comme celle où l’une des infirmières (super jolie…) prend une douche…toute habillée ! Des choix parfois surprenants mais qui ont été, semble-t-il, dictés par les producteurs du film, qui voulaient avoir, au final, un film mêlant comédie et horreur graphique, sans toutefois aller dans un extrême trop choquant qui aurait réduit le potentiel commercial de l’œuvre.

Bref, "Sick Nurses" est un film fun, plutôt bien rythmé, gore à souhait et jouant sur le mythe de l’infirmière avec réussite, la caméra sachant les filmer avec amour et nous les décortiquant sous toutes les coutures. On retiendra également le final du film, avec un twist vraiment bien trouvé et qui se conclut sur une image forte qui parachève l’adhésion du spectateur venu se divertir.



La Thaïlande nous prouve donc qu’avec du matériel archi recyclé, il est possible de se démarquer en changeant l’approche du film et que niveau originalité des scènes gore, il faudra encore compter sur les pays asiatiques. "Sick Nurses" en est la preuve et malgré quelques défauts, dus aux exigences des producteurs sur le produit fini, venant entraver la liberté des réalisateurs, le film s’avère au final divertissant, excessif, sexy et gore comme il faut. Une petite curiosité qu’il vous faut découvrir, ce qui est chose facile puisque l’éditeur Emilya vient de le sortir en DVD et Blu-ray…








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