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On dit que les voyages forment la jeunesse, c’est probablement vrai. Ce que l’on dit, en revanche, moins souvent c’est que les retours de voyage peuvent déformer cette même jeunesse. C’est du moins ce que vont découvrir à leurs dépens deux jeunes et jolies demoiselles de retour du week-end tapas et tequila au Mexique. Arrivées à l’aéroport et suite à une perte de bagage, elles se voient contraintes de prendre une navette en compagnie de deux autres jeunes mâles et d’un comptable qui passait par là. Les voilà tous les cinq en route pour l’enfer, conduits par un chauffeur qui s’avère sympathique au premier abord, mais que l’on se rassure cela ne va pas durer.



Au vu de l’énoncé de l’intrigue, certains ou certaines vont se dire, je cite : " oh non ! Encore un survival avec un serial-killer qui va torturer et tuer les passagers et à la fin la plus canon des filles va s’en sortir et patati et patalère.
Ce en quoi on leur répondra qu’ils n’auront qu’à moitié raison, tant ce "Shuttle", tout en empruntant aux codes du film de survie en milieu hostile, emprunte également d’autres voies et est nanti de suffisamment de suspense et de retournements de situation pour vous mener à bon port, ou plutôt au bout du trajet de la navette.

Difficile d’en dire trop de peur de déflorer ce qui va arriver à nos cinq passagers, sachez cependant que les surprises seront nombreuses, certaines cousues de fils blancs, d’autres franchement inventives et inattendues.
Outre le côté légèrement novateur de la manière dont est menée l’intrigue et un retournement final d’une grande noirceur, un des bons points du film se situe dans la " non-stéréotypisation" (pardon, ça ne se dit pas ?) des protagonistes, du moins pas autant que dans d’autres films du même type comme…la liste est longue.
Pas de bimbos à gros seins, ce qui n’empêche pas nos deux tourterelles d’être très séduisantes, sans cervelle et une vraie évolution crédible dans leurs manières de se comporter vis-à-vis des épreuves qu’elles vont devoir affronter. On pense un peu aux " héroïnes" du prenant "Wolf Creek" par exemple.



L’autre bon point se situe dans l’approche d’une violence plus psychologique que physique de la part du réalisateur. L’horreur de la situation étant plus due à l’absence apparente de raison de la séquestration dans le bus que dans les tortures physiques qui pourraient leur être imposées. Cela n’empêche pas quelques scènes brutales mais celles-ci ne sont pas la matrice du film.
Les malheurs des prisonniers de la navette n’arriveront, de surcroît, qu’à cause de leurs actes et non à cause du sadisme du chauffeur. Chauffeur par ailleurs énigmatique dans ses raisons de pratiquer ce détournement d’êtres humains à des fins que l’on ne devinera que très tard dans le métrage.

Si la grande majorité de l’action se situe à l’intérieur du bus et pourrait à l’évidence vite tourner en rond (ou en rectangle plutôt), le réalisateur est assez malin pour multiplier les arrêts de celui-ci relançant ainsi à chaque fois l’intérêt du spectateur, tout comme les diverses tentatives d’évasion de nos lascars et lascarettes (copyright Horreur.com).



Tendu comme un tamis de raquette de tennis avant la première balle, "Shuttle" l’est à n’en pas douter au moins pendant une grosse première heure, cela se gâte un petit peu une fois la navette arrivée à son terminus (où ?, quand ?, comment ?, pourquoi ?, vous reprendrez bien une madeleine avec votre café ?). Là, le suspense s’effiloche, surtout que l’on devine vite à quoi, à qui sont destinés à la base les habitants du bus.
Les scénaristes semblent avoir un peu de mal à finir le film, mais s’en acquittent finalement sans trop de casse, allant jusqu’à proposer une scène finale qui fait froid dans le dos et qui, une fois n’est pas coutume, est en totale cohérence avec ce qui a précédé (si vous aimez les happy-end, jetez-vous sur le dernier film de Meg Ryan).

Techniquement, on pourra noter un travail sur la photographie rendant les couleurs glauques, froides et morbides, qui sied à l’ambiance générale. Au niveau de la mise en scène, le réalisateur évite les scories modernes de la caméra parkinsonienne et le montage à 300 images par seconde, quant à la direction d’acteurs elle est là aussi maîtrisée avec une mention spéciale à Peyton List qui pour son premier grand rôle au cinéma et en plus d’être agréable à regarder, semble avoir plus deux expressions dans son jeu, contrairement à pas mal de ses consoeurs.
Le reste du court casting s’en sort également plus que bien, Cameron Goodman (vue dans le médiocre "Rise") est crédible dans son rôle de gourdasse avec du cran. Tout comme Tony Curran (un second rôle dans "The midnight meat train", "Underworld : evolution", " le 13ème guerrier" ou "Blade II") en chauffeur barjot.



"Shuttle" parvient donc à renouveler un tant soit peu le thriller horrifique, un genre qui a tendance en ce moment à se répéter un peu trop. Pour un premier film, qui plus est à budget réduit, Edward Anderson tape dans le mille et risque de se faire rapidement un prénom, s’il continue dans cette voie-là.

Un film écologique, dans la mesure où il prône finalement la marche à pied au détriment des transports en communs, grands pourvoyeurs de gaz nocifs pour la santé.

"Shuttle" c’est bon, mangez-en cinq fois par jour !








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