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Après avoir eu un accident de voiture sur des routes enneigées, trois copains snowboarders se font séquestrer et torturer par deux rednecks vivants au milieu de nulle part et ayant un sérieux penchant pour le cannibalisme…



"Massacre à la tronçonneuse" n’en finit toujours pas de faire des émules. Le chef- d’œuvre de Tobe Hooper a tellement marqué les esprits (et le fait encore de nos jours) qu’il n’est pas rare de retrouver ses influences dans de nombreux films d’horreur. Ce sera le cas pour Scarce, film canadien indépendant, réalisé par deux fans du genre, Jesse T. Cook et John Geddes. Les deux amis ont déjà travaillé ensemble en 2006 sur le court-métrage "Forlorn". Pour Scarce, dont ils sont aussi scénaristes, ils décident de mettre leurs personnages principaux aux prises avec deux autochtones cannibales, et ce, pendant le rude et glacial hiver de l’Ontario. Un choix courageux, les températures descendant à un niveau à ne pas mettre un acteur dehors. Courageux aussi de leur part de s’attribuer le rôle de deux des personnages centraux. On pourrait penser qu’ils incarneront les tueurs mais non, Jesse T. Cook et John Geddes interpréteront deux des trois snowboarders, ce qui, à la vue des images et du calvaire qu’ils vont endurer, est tout à leur honneur.



Avec leur budget ultra limité mais aussi avec leur passion et leur inventivité, nos deux réalisateurs-scénaristes-acteurs nous livrent un film d’horreur plutôt bien troussé, certes pas très original, mais qui atteint son but : nous mettre mal à l’aise et nous répugner. Si la trame principale est vue et revue, mêlant survival movie, Torture porn et tueurs fous, le traitement n’en est pas moins intéressant, de par les conditions climatiques dans lesquelles se déroule l’action, le côté brut de décoffrage et le jeu d’acteur de Steve Warren, qui joue le personnage d’Ivan, l’un des deux Rednecks.

En effet, la neige tient un rôle important dans le film, au niveau des émotions qu’elle nous fait ressentir vis à vis des victimes. Une neige omniprésente, qui recouvre l’étendue forestière qui se situe à proximité de la maison des tueurs cannibales. Et comme tout le monde le sait, la neige, c’est froid. Très froid même. Inutile de dire que voir des acteurs, entièrement nus comme dans la séquence d’introduction, ou juste vêtus d’un tee-shirt et étant pieds nus, marcher dans la neige, tomber dans la neige ou être trainés dans la neige, ça ne laisse pas indifférent. On imagine la douleur causée par le froid, les gerçures aux pieds, aux mains. Du cinéma vérité qui fait froid dans le dos, c’est le cas de le dire ! On félicitera donc nos acteurs et toute l’équipe du film d’avoir enduré ce calvaire pour le bien de Scarce, qui, d’un coup, après une première période qui met du temps à démarrer (classique dans les films indépendants, mais on a déjà eu le cas de figure dans des œuvres telles que "Hostel" ou "Wolf Creek" par exemple), assume entièrement son côté brut, sans concession, direct, sans humour. De l’horreur sadique, qui n’a pas pour but d’être divertissante. Un bon point ça !



Ajoutons à ce point positif les personnages d’Ivan et de Wade, les deux cinglés qui aiment faire joujou avec les pauvres touristes afin de les dépecer et de stocker "leur viande" en vu d’un bon repas. Deux beaux spécimens de tarés pas bien dans leur tête, mais qui agissent de la sorte pour "survivre" comme ils se plaisent à le répéter. Leur penchant pour la chair humaine s’explique de la même manière que l’a fait la réalisatrice de "Vorace". Une fois qu’on y a gouté, on ne peut plus s’en passer. Ce qui nous vaut quelques séquences de dégustation qui nous font monter le dégoût au bord des lèvres. Mais bon, ils sont sympas quand même puisqu’ils laissent toujours une chance à leurs victimes de s’en tirer. Amateurs de chasse, à l’homme bien sûr, Ivan et Wade laissent s’enfuir leurs proies pour mieux s’amuser à les retrouver. Sadiques je vous l’avais dit. Tout le film baigne d’ailleurs dans une ambiance de cruauté et de sadisme, qui culminera vers la fin du film lors de la découverte d’un autre repaire où il ne fait pas bon vivre et qui donne lieu à une séquence franchement glauque.

Niveau gore, le film tient toutes ses promesses et les effets spéciaux s’avèrent franchement bien foutus pour un petit film de cette trempe, donnant encore une fois un côté réaliste bienvenu. Les amateurs de barbaques apprécieront un découpage en règle au hachoir lors d’une séquence assez jubilatoire. Que voulez-vous, faut bien manger pour lutter contre la rudesse de l’hiver !

On appréciera aussi les petites références faites au sérial killer Ed Gein avec le système de poulie permettant de suspendre une victime par les pieds pour "la vider" de son sang.

Bref, Scarce ne fait pas dans la dentelle et assure un spectacle horrifique de qualité, assez direct et sans fioritures.



Bien sûr, on pourra toujours trouver à redire sur la qualité de l’interprétation, sur le jeu de certains acteurs, sur le rythme un peu mou en début de métrage et sur la qualité de l'image. Cette dernière est bien sur en format vidéo et ne fait pas très cinéma. C’est l’apanage des films indépendants. Si vous êtes réfractaire à ce type de films (on est à des années lumières d’un budget comme celui d’Avatar hein…), passez votre chemin. Si au contraire, vous appréciez les films fait par des gens passionnés, qui essaient de réaliser le meilleur film possible avec leurs propres moyens, et qui vous en donnent pour votre argent niveau atrocité, alors, n’hésitez pas à visionner Scarce. Passé une première partie un peu longuette, la tension et l’ambiance malsaine commenceront à s’installer une fois dans la demeure d’Ivan pour ne plus vous lâcher. Une bonne petite surprise au final, qui mérite qu'on s'y attarde. Et puis, avec une accroche comme "comment vous retrouvera-t-on si vous avez été dévoré ?", il serait dommage de passer à côté !








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