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1942 à Boston : un petit garçon se fait sévèrement réprimander par sa mère, car surpris en train de construire un puzzle pour adultes représentant une créature topless. Calmement, l'enfant règle la situation à sa manière, c'est à dire à coup de hache ! Grâce à son jeune âge, le serial-killer en culottes courtes trompe sans trop d'efforts les autorités venant d'arriver sur les lieux, découvrant ainsi le corps de la génitrice éparpillé en morceaux. Quarante ans plus tard, des étudiantes sont retrouvées déchiquetées sur un campus : le même psychopathe, ayant depuis bien grandi, n'est sûrement pas bien loin...



Rentable et déclinable à loisir (enfin c'est vite dit), le Slasher revient à sa source le temps de quelques films : l'Europe. Car une fois de plus, il sera bon de rappeler que ce sous-genre dérivé du giallo a fait ses premières armes en Italie avec des titres comme "la baie sanglante" ou Torso, et même en Angleterre avec l'obscur The Haunted House of Horror. Pourtant, son retour sur le vieux continent se fera par le biais de l'Espagne, hélas en totale perte de souffle.



Il s'éloigne alors à grands pas, l'âge d'or du cinéma fantastique espagnol : productif mais peu talentueux, Juan Piquer Simon se fera une joie d'être l'un des pionniers du Z ibérique, avec ses nombreux monstres en caoutchouc, ses algues tueuses, son Supersonic Man et on en passe et des (pas) meilleures. Mais il serait de mauvaise foi de dire que ce type de productions ne fassent pas la joie de certains bisseux : son Sadique à la tronçonneuse franchement à la masse ne déroge pas à la règle.

Il est alors étonnant de voir à quel point le film de Piquer Simon se rapproche du Bloody Moon de Jess Franco, réalisé alors un an plus tôt, slasher débilos qui investissait lui aussi les terres andalouses : l'idiotie du casting, la bêtise constante des protagonistes, le sadique extrêmement prononcé et les meurtres très graphiques qui en découlent semblent se répondre chacun dans les deux films. Plaisir coupable quand tu nous tiens...



Terreur sur le campus : on massacre de braves lolitas à coups de lame mécanisée. C'est dire les montagnes de viande sanguinolente que laisse le tueur derrière lui, alors traumatisé par une enfance qu'il a écourté à coups de hache. Les dix premières minutes, hallucinatoires, donnent le ton : en plus d'une mise à mort vaguement repiquée au tétanisant Cauchemar à Daytona Beach, le film enchaîne avec précipitation sur les déambulations roulantes d'une ado ne contrôlant plus son skate et dévalant une pente à toute berzingue avant de de connaître les joies du faceplant sur une gigantesque vitre ; le tout dans un fracas visuel et sonore faisant resurgir les souvenirs du tueur..
Quelques minutes plus tard, l'idiote se fait décapiter dans un parc par ledit sadique à la tronçonneuse dans un ralenti solaire et sanguinolent.
Vous n'avez rien compris ? C'est normal...

Le film prend alors son petit bonhomme de chemin, partagé entre scènes d'enquêtes à la Derrick, et des scènes de meurtres barbares à souhait, réveillant avec aplomb le malheureux jusque là endormi : il est en effet assez difficile de se passionner pour les mésaventures du Casanova du campus ou les discussions pépères de ce brave Christopher George.



Simon semble avoir fait uniquement son slasher pour combler les attentes voraces des spectateurs frustrés d'un "Massacre à la tronçonneuse" pas aussi gore que ses interdictions le laissent entendre : Simon se fout de la suggestion et cale son budget en sirop d'érable et de grenadine fermenté, dévoilant ouvertement les ravages d'une tronçonneuse sur un corps d'adolescente en chaleur (qui ont ici presque toutes trente ans mais bon hein). Un bras qui vole, une hanche broyée, des membres en charpies : ce n'est pas "Braindead" mais ça tâche, même quand le tueur se croit subitement dans un giallo et poignarde sauvagement sa victime sur un matelas à eau, dans un ralenti esthétique et...assez réussi en fait.
L'interprétation de Lynda Day George laisse clairement des séquelles, en particulier dans une vf somptueuse de connerie (bataaaaaaaaaard) et les suspects défilent (d'où émergent un Paul L.Smith tout juste sorti de Midnight express), sans que le spectateur s'intéresse réellement à l'affaire : mais il s'amuse c'est déjà ça.

Entre ces "bouh fais moi peur" au surréalisme prononcé (impossible de ne pas écarquiller les yeux lors de l'attaque du karatéka), ces étudiantes courant toutes nues (de préférence) et s'oubliant parfois au moment fatidique (oups...) ou son final grand-guignolesque à la fois perturbant et hilarant ; Le sadique à la tronçonneuse s'octroie une place de choix dans l'univers dégénéré du cinéma Grindhouse.








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