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Dans une petite ville, une terrible épidémie se propage, transformant les infectés en horribles monstres affamés de chair humaine. Dans le même temps, Cherry, go-go danseuse, décide de changer de vie. Elle retrouve son ex, surnommé El Wray, et décide de lui redonner sa chance. Malheureusement pour nos deux tourtereaux, ils se font agresser par les mutants et Cherry se fait arracher une jambe. El Wray l’emmène en urgence à l’hôpital où le docteur William Block, qui soupçonne sa femme Dakota d’infidélité, doit faire face à la multiplication des malades. Devant l’ampleur des massacres, le shérif Hague et ses hommes tentent de prendre la situation en main. Aidé par El Wray, Cherry et d’autres survivants, tout ce petit groupe décide de former une armée et de se battre afin de sauvegarder l’Humanité…



Gloire à Robert Rodriguez !

"Planète Terreur", second volet du dyptique "Grindhouse", entamé avec le "Boulevard de la Mort" de Quentin Tarantino, se révèle être le film le plus fun et jouissif vu au cinéma depuis belle lurette ! Rien que ça !

Exit le côté bavardage inutile et prise de tête du segment de Tarantino, place au fun, au gore, à l’action, au délire tout simplement ! Avec "Planète Terreur", nous revoilà à la grande époque du Bis des années 80 où toutes les extravagances étaient permises. Vous aimez "Zombie", "L’Avion de l’Apocalypse", les westerns spaghetti, les films de John Carpenter, les ambiances morbides à la Fulci, les films d’action bourrés de testostérone ? Vous allez adorer le film de Robert Rodriguez, gigantesque fourre-tout qui réunit toutes ces caractéristiques dans un seul film, et pour notre plus grand bonheur !



Véritable déclaration d’amour au cinéma de genre, "Planète Terreur" n’a rien d’un film de science-fiction, comme peut le laisser présager son titre. L’action se déroule sur notre bonne vieille Terre, soumise à une nouvelle épidémie mortelle. Rodriguez a d’ailleurs choisi exprès ce titre car "ça fait film à très gros budget. C’est un titre assez vendeur qui fait croire que le métrage se passe dans l’espace ou sur une autre planète."

Le film nous présente une galerie de personnages hors-normes, qu’on se prend à aimer dès la première rencontre.

Il y a déjà Cherry Darling, interprétée avec un brio incomparable par Rose McGowan, sorte de Juliette/Cendrillon retrouvant son Roméo dans un univers qui va se transformer en véritable apocalypse. Cherry Darling est tour à tour touchante, sexy en diable, agressive, torride, mortelle. Du statut de pauvre victime lorsqu’elle perd sa jambe, elle va progressivement reprendre du poil de la bête sous l’impulsion de son bad boy de petit ami, pour finir par devenir la sauveuse du monde, avec une putain de mitrailleuse à la place de la jambe, sorte de Messie féminin emmenant les rescapés vers un monde meilleur.

Le bad boy, c’est El Wray, joué par Freddy Rodriguez, l’embaumeur de la série télé "Six Feet Under". Mèche rebelle, blouson noir, œil de braise, El Wray cache sous son apparence de jeune délinquant en rédemption un véritable professionnel de la lutte pour la survie. La séquence dans l’hôpital, où, armé de deux couteaux, il va à la recherche de sa dulcinée unijambiste en dézinguant du zombie à tour de bras, est un pur moment de bonheur !

Parmi les autres personnages essentiels, on trouve Michael Biehn dans le rôle du shérif dont la principale préoccupation est de trouver la recette de la sauce barbecue de son cuistot de frère. Josh Brolin, magistral dans le rôle du mari jaloux, se révélant être un personnage malsain et ne reculant devant rien, surtout s’il s’agit de sa femme. Cette dernière est interprétée par Marley Shelton, infirmière que l’on a vue quelques secondes dans la scène de l’hôpital de "Boulevard de la Mort". On n’oubliera pas non plus Tom Savini, acteur qui parvient toujours à nous faire avoir un sourire de gamin sur le visage dès qu’il entre en scène, comme si on retrouvait un copain qu’on n’avait pas vu depuis longtemps. Il y en a d’autres encore, comme Bruce Willis, qui, malgré son petit rôle, nous gratifiera de la plus belle transformation en monstre du film, ou bien encore la chanteuse Fergie des Black Eyed Peas, qui gagne encore un échelon en terme de "femme ultra sexy" ! Copinage oblige, Rodriguez réserve à son pote Tarantino une séquence bien marrante, et surtout bien graveleuse, qui ne manquera pas de vous faire grincer des dents ! On notera que le Quentin s’est encore senti obligé de nous la jouer "référence obligatoire" en faisant mater à ses potes militaires un film de Blaxploitation avec Pam Grier, le culte "Women in Cages", référence du cinéma grindhouse américain.

Bref, des tas de personnages superbement interprétés par les acteurs, attachants, et dont on se souviendra longtemps après la vision du film.



Tous ces personnages vont donc se rencontrer et se réunir pour lutter contre les hordes de zombies mutants infectés. Une lutte qui vaut son pesant de cacahuètes et qui nous gratifie de séquences gores brillantes, très sanglantes, mais où l’humour est toujours présent, ce qui fait qu’on se marre comme des enfants, heureux de revoir ce genre de spectacle décomplexé sur grand écran.

Les maquillages et les FX sont excellents et bluffant de réalisme, comme cette prothèse jambe-mitrailleuse que porte Rose McGowan, le clou du film. Il faut la voir se propulser au dessus d’un mur à l’aide d’une roquette, faire des tours assise au sol pour plomber le maximum de zombies. Un vrai plaisir pour amateur de ciné Bis.

Niveau rythme, le film est un régal. Pas une seconde d’ennui, tout file comme sur des roulettes, alternant moments plus calmes avec des déchaînements de fureur, en parfaite harmonie. Hommage aux bandes estampillées "Grindhouse" des années 70/80, Rodriguez se permet même de nous faire le coup de la bobine manquante, et on passe d’une scène intimiste à une séquence d’action, où on ne sait pas ce qui est arrivé aux personnages pour qu’ils se retrouvent dans pareille situation, mais ça ne dérange absolument pas, ça passe comme une lettre à la poste. Il est fort ce Rodriguez !

Il nous concocte même une scène à l’ambiance macabre que n’aurait pas renié Lucio Fulci. Brouillard, musique glauque, teinte bleutée, zombie pustuleux déambulant dans la pénombre, la séquence où Marley Shelton va chez son père aurait très bien pu provenir de "Frayeurs" du maestro italien.

Niveau musique, Rodriguez l’a également composée, entouré de Graeme Revell et Carl Thiel.. Des sonorités qui rappellent certaines BO de John Carpenter et qui accompagnent parfaitement les images qui défilent sur l’écran.

Des images au rendu assez spécial, parce qu’à l’inverse de Tarantino, il va au bout de son idée, et le côté "vieille pellicule" est présent d’un bout à l’autre du métrage, ce qui n’était pas le cas de "Boulevard de la Mort" qui l’oubliait en cours de route. Une image vieillie, sautillante, qui se déforme et qui va même jusqu’à fondre lors de la scène d’amour torride entre nos deux tourtereaux. On se dit parfois que s’en est même un peu trop mais ça ajoute indéniablement au côté "hors norme" du film.



Love-story apocalyptique, films de zombies bordéliques, festival gore, le film de Robert Rodriguez est déjà un classique, une pure bombe, un plaisir coupable pour cinéphiles, un divertissement jouissif 4 étoiles. Une petite merveille tout simplement.