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709 après JC, Norvège : un vaisseau venu d'une autre planète s'écrase sur la planète Terre apportant avec lui une terrible créature. Cette dernière ne va pas tarder à semer la mort sur son passage. L'étranger- Kainan- va faire corps avec une peuplade viking pour tenter d'enrayer le Moorwen...



Le film d'Howard McCain ose le mélange improbable des genres. C'est à la fois un film baignant dans le contexte historique du 8ème siècle et un film de science-fiction. Cette rencontre d'un autre type aurait pu tomber dans le ridicule, mais ce n'est pas le cas ici car les concepteurs ont la bonne idée de ne pas moderniser les étrangers venus de l'espace. Ceux-ci sont en effet équipés d'une sorte d'armure, assez proche de celles des chevaliers du Moyen-âge. Le design futuriste se retrouve limité au strict minimum, à savoir un pistolet High Tech et une balise de détresse. Jim Caviezel semblant sortir tout droit du film "Excalibur" de Boorman. Une référence pas tout à fait involontaire, car Outlander n'innove pas et pioche dans plusieurs influences extrêmement diverses.



A commencer par l'héroïc-fantasy et son mètre-étalon, "Le seigneur des anneaux" avec son vieux roi sage, qui donne des conseils à son futur successeur, et dont la fille a une prédilection certaine pour les combats à l'épée. Parmi les autres références, citons pèle mêle, "Alien" pour les mouvements de la créature, l'univers vidéo-ludique n'est pas en reste lors de certains plans du Morween qui renvoient directement à Diablo, avec cette allure très luciférienne (le face à face avec l'évangélisateur chrétien chez les Vikings le prenant pour une créature venue de l'Enfer. Pendant que l'imagerie Viking associe le Moorwen au dragon. Chacun étant dans sa mythologie propre) ; les derniers essais d'aborder l'univers des guerriers venus du Nord : "Le 13ème guerrier" et "Pathfinder", des films maltraités par leurs producteurs et très mal distribués. Le même destin atteindra d'ailleurs Outlander qui ne sortira même pas en salles malgré ses atouts évidents.



On est bien loin du Direct to vidéo traditionnel. Le film transpire l'ambition avec des plans larges et aériens nous montrant les contrées giboyeuses et froides de la Norvège. Une nature hostile et où une créature venue de l'espace va en faire son terrain de chasse. Tiens, tiens, ça ne vous rappelle pas un autre film et donc une autre influence : "Predator" bien sûr, mais l'action se trouve déplacée de la jungle tropicale aux forêts froides de la Scandinavie.

Le Moorwen (créature créée par le frenchie Patrick Tatopoulos : les effets spéciaux de "Godzilla", "Underworld", "Underworld evolution", "Silent Hill") attaque par surprise ne laissant deviner sa présence que grâce à deux éléments : une odeur persistante et une lumière rouge (mais quand on la voit, il est déjà trop tard !). Si les premières apparitions de ladite bête font craindre que les effets spéciaux ne suivent pas l'ambitieux scénario, la suite viendra nous rassurer, et les apparitions du monstre sont même de plus en plus soignées.
Les scènes d'action sont les clous du spectacle : l'attaque du village par Gunnar (Ron "Hellboy" Perlman) et ses hommes, les apparitions du Moorwen, l'antre de la créature avec son charnier humain dantesque (une véritable boucherie, ce qui détonne dans une production globalement grand public et qui se permet pourtant des effets sanglants – Cf. quelques têtes coupées aussi), le flashback nous montrant l'origine de la bête.



Du coup, les scènes plus intimistes sont clairement en dessous et sont bien moins passionnantes. Les acteurs/actrices font ce qu'ils peuvent mais sont bel et bien prisonniers de stéréotypes : Jim Caviezel ("Fréquence interdite", "La passion du Christ", "Long week-end 2009") animé de bons sentiments envers les autochtones, John Hurt ("La porte des secrets", "V pour vendetta") qui campe un monarque vieillissant, sage et bien trop pacifique dans l'univers guerrier des Vikings, la mignonne Sophia Myles ("Underworld", "underworld évolution") campe une femme à la fois fragile et forte, n'hésitant pas à combattre elle-même, Jack Huston, de son côté, campe Wulfric, le futur roi fougueux et impatient. Comme vous le voyez, le scénario n'évite pas ainsi les passages obligés de ce genre de production.
On regrettera aussi que l'image des Vikings soit édulcorée avec des personnages remplis de (bons) sentiments. Où sont donc passés la furie, les beuveries (à part Boromir- oui le nom vous rappellera bien un autre film), les viol(ence)s ? Passés à la trappe afin de séduire un auditoire plus large ?


Avec ses hommes poilus sur le torse et sous les aisselles, Outlander devrait quand même satisfaire les amateurs de ce genre de spectacle,- bien rarissime ces dernières années. Épaulé il est vrai par des scènes d'action et un combat final plutôt efficaces.








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