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Liza, journaliste d’un grand quotidien, est envoyée dans la zone marécageuse où avaient été entreposés des fûts radioactifs qui avaient provoqué une mutation chez un crocodile, ce dernier ayant été abattu par Joe, un écologiste. Après quelques jours passés dans la région, Liza comprend que les fûts n’ont pas été repêchés et que le projet de construction d’un centre nautique va se faire sans aucune sécurité pour le public. Son enquête devenant une menace pour les industriels de la région, Liza ne va pas se faire que des amis. Et ce ne sera pas son seul problème car un nouveau crocodile a été victime de la radioactivité et sa taille et son appétit dépassent l’imagination…



Dans le genre "on prend les mêmes et on recommence", ce "Killer Crocodile 2" se pose là ! Rappelez-vous, à la fin du premier film, Joe enfonçait l’hélice du bateau dans la gueule du crocodile géant et le tuait. La caméra longeait les rives du marais et s’attardait sur un œuf de crocodile. "Killer Crocodile 2" reprend ces images et le film peut commencer ! Si ça ce n’est pas de la suite directe ! En plus, ce qui est bien avec les Italiens, c’est qu’on perd pas de temps, on nous montre un œuf éclore et l’image d’après, notre saurien a déjà atteint sa taille surdimensionnée. Quel gain de temps et de pellicule quand même !

Idem pour les idées, à quoi bon se creuser les méninges pour sortir des sentiers battus et offrir de l’inédit au public ? Autant reprendre les idées des films à succès, ça marchera aussi bien et ça sera bien moins fatigant. On assiste donc dès le début du film à du pompage en règle avec le massacre d’une jeune fille faisant de la planche à voile, à la manière de "La Mort au Large" ou "Les Dents de la Mer 2". Comme dans le premier "Killer Crocodile", la musique est composée par Riz Ortolani et plagie sans vergogne la partition culte de John Williams, ce qui amplifie la sensation de déjà vu et de copie colle de cette séquence. Plan de caméra en vue subjective, un coup sous l’eau, un coup au-dessus, un coup derrière la planche à voile, un coup sur la fille, on est en terrain connu et tous les clichés de ce genre de scènes d’attaques aquatiques sont présents. Les amateurs seront donc aux anges puisqu’on leur sert tout ce qu’il aime sur un plateau, hormis du gore parce que là, faudra repasser (mais non, pas le linge, n’importe quoi…). Vous aurez juste droit à de l’eau bouillonnante qui deviendra rouge. Pour du Bis rital, c’est un peu juste quand même…



Histoire de meubler un peu le scénario, on nous présente une vague histoire d’enquêtes sur les fameux fûts contenant des produits toxiques, nous faisant encore une fois comprendre que l’appât du gain chez l’Homme est bien plus important que le respect de la vie, qu’elle soit animale ou humaine. La séquence où un habitant de l’île tente de faire peur à la journaliste en commençant à déboutonner la fermeture de son pantalon avec un regard bien pervers style "je vais te violer" est à mourir de rire. Mais tout ça n’est guère passionnant et on attend les attaques de notre ami carnivore pour nous tenir un peu éveillés.

Niveau effets-spéciaux, la qualité est la même que dans "Killer Crocodile", à savoir un gros crocodile qui ne bouge même pas un sourcil ni une paupière, ses yeux restant désespérément immobiles. Comme dit plus haut, les attaques sont bien moins gores dans ce second volet, ce qui ne réjouira pas les fans de morsures sanglantes. On retiendra quand même une petite séquence bien sympa dans laquelle des adolescents sur un petit bateau, emmenés par des nonnes, chutent dans l’eau sous les assauts du crocodile et servent de repas au saurien, ce qui nous renvoie à la séquence culte du film "Piranhas" de Joe Dante. Sympathique aussi la scène où le crocodile défonce une habitation en bois pour venir croquer ses occupants. Personnellement, je n’ai pas cru une seconde au réalisme du saurien mais c’est ça aussi le charme du cinéma Bis.

Ah oui, j’allais omettre de mentionner cette séquence hallucinante où notre héros se retrouve sur le dos du saurien, lui tenant fermement le cou pour ne pas tomber. Le crocodile plonge dans l’eau et redresse la tête à de nombreuses reprises, et là, ça vaut vraiment le coup de visionner la scène au ralenti si vous êtes amateurs de petites maquettes pas réalistes du tout ! En effet, à chaque remontée hors de l’eau, on a droit à une maquette de crocodile sur laquelle on a attaché un petit mannequin censé être l’acteur ! C’est à se pisser dessus ! Moi je dis respect à ceux qui ont eu cette idée en pensant que ça passerait bien à l’écran. C’est visible même pour un myope (comme moi !).



Pour faire encore plus le lien avec le premier film, on retrouve les acteurs Anthony Crenna et Ennio Girolami dans le même rôle qu’ils tenaient dans "Killer Crocodile", ce qui permettra au réalisateur de nous sortir quelques flashs back de ce dernier, ce qui lui fait gagner en plus de la pellicule. Ingénieux !

Nos deux héros partent une fois de plus à la recherche du monstre des marais pour lui faire sa fête, et accessoirement à la recherche de la belle journaliste. Oui, vous le savez déjà, l’écologiste va mettre dans son lit cette dernière ! Vous êtes devins, c’est pas croyable ! A croire que ça se passe toujours comme ça dans les films d’horreurs ! Bon, reconnaissons que l’actrice qui l’incarne, Debra Karr, est plutôt séduisante et son physique nous rappelle celui de l’actrice Zara Whites pour les connaisseurs. Et en plus d’être agréable à regarder, elle n’a pas froid aux yeux, ne réfléchissant pas une seconde pour se jeter à l’eau en petite tenue et servir d’appât afin d’attirer notre monstre géant ou pour se dévêtir devant notre écologiste qui n’en demandait pas tant. On la verra peut-être dans le prochain "Koh Lanta" ?? A part ça, rien d’exceptionnel dans l’interprétation, ça reste correct, sans plus, du niveau d’une série B italienne classique, dont ce "Killer Crocodile 2" est l’un des derniers fleurons.



Giannetto de Rossi a voulu réaliser un film plus sérieux que celui de Fabrizio de Angelis, avec des situations plus plausibles ( ??), mélangeant le film d’aventure dans la jungle, le film de monstre marin et une thématique écologiste contre le nucléaire et la pollution des eaux par des gens sans vertus. Bref, le même message que dans le film de son confrère. L’aspect "copié collé" et la ressemblance des deux films feront que les amateurs du premier volet trouveront le film de De Rossi aussi réussi malgré son manque de scènes gores. Pour ma part, le film est du même niveau que le premier, sympa à regarder mais aussi vite vu, aussi vite oublié. Ni meilleur, ni moins bon.








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