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Stéphane Erbisti m'a demandé de faire la chronique d'Iron Man 2, le petit malin ayant noté que j'avais vu le film. Il ne va pas être déçu. Vous non plus. Tout le monde sait que Tony Stark, le multi-milliardaire, est Iron Man. Et le sagouin en profite pour s'en faire reluire l'égo jusqu'à un point d'onanisme auto-satisfait qui donnerait la nausée aux people dont la principale raison de vivre réside dans les clichés pris par les voyeuristes obsédés de la longue focale et des photos chocs. Donc, Tony Stark ne se sent plus et comme le corbeau de La Fontaine, ouvre sa gueule et fait tomber le frometon. En termes narratifs, cela se résume à : "à force de se la péter, Tony Stark se prend les pieds dans le tapis rouge". Persuadé d'être le plus beau, le plus fort et le plus indispensable, trop occupé à flatter son propre égo, il se fait littéralement botter le rectum par un scientifique Russe déchu qui a réussi à synthétiser le Paladium dans sa cave. Si ce russe en veut à Tony Stark, c'est parce que papa Stark a été vilain avec papa russe. Cette défaite va faire péter un plomb à Tony Stark, et tout autour de lui va s'écrouler. C'est donc cette histoire là pour laquelle vous aller payer une place de cinéma.



N'y allons pas par quatre chemins, iron man 2 est un insupportable déversement de matière fécale cinématographique. Pourtant, le premier épisode m'avait fait très forte impression. L'histoire était amenée de façon intelligente (ou tout au moins, on ressentait le travail d'écriture), les personnages avaient du relief, bref iron man était vivant ! Chouette, une nouvelle franchise des studios Marvel qui en avait sous la pédale, après la purge "X-men 3 – l'affrontement final" ce n'était pas un mal. Et là, en guise de second épisode nous est servie une diarrhée prétentieuse façon ghetto embourgeoisé. Si les acteurs avaient réussi à être encore moins convaincants, iron man 2 aurait réussi à concurrencer "Transformers 2" en matière d'ineptie totalement gratuite.
Ce qu'iron man 2 réussit, c'est à couler une franchise qui s'annonçait fort excitante, en écartant tout le cynisme et le second degré de Tony Stark. A la place, le réalisateur et son équipe nous gratifient d'une valse bling-bling ostentatoire où sont jetés au visage du spectateur une volée de signes extérieurs de richesses. Dès la première scène de l'atterrissage d'iron man au milieu d'une armada de danseuses, le message est d'une clarté limpide : votre avis on s'en fout, c'est votre pognon qu'on veut...



Là où le premier volet était jouissif, grinçant etc., le second est un enchainement emmerdant de scènes d'effets spéciaux. Tant et si bien, que régulièrement au long du film, je me suis retrouvé à penser "mais où est-ce qu'ils veulent en venir, ils avaient trop d'argent ou quoi ?". Ainsi, rien ne se légitime dans ce second épisode. Au-delà d'un semblant de scénario aussi anecdotique qu'une chiure de mouette sur le crâne rougi d'un touriste atteint de calvitie, iron man 2 n'a absolument rien d'autre à proposer qu'une collection de clichés foireux :
- Le vilain russe contre le gentil américain,
- Le méchant industriel cupide,
- La bimbo de service,
- Les punchlines foireuses et le side kick de service (Tony Stark étant à 95% du temps son propre side kick).
- Des grosses bagnoles, des gros engins et plein d'explosions.
Et pourtant, ce n'est pas une production Europa Corp. Toutefois le public visé, est clairement un public adolescent, qui consomme par mimétisme et pas par goût. Sauf que ce public (si il existe), est un public éphémère, et il aura tôt fait de comprendre la supercherie.

Autant dire que iron man 2 c'est comme péter dans un trombone. Ça fait un bruit d'enfer, mais c'est que du vent, et ce n'est certainement pas le prélude d'une symphonie. Et le foutage de gueule se prolonge jusqu'après le générique.



Sans doute iron man 2 plaira-t-il aux amateurs de vidéoclips musicaux. C'est sûr que visuellement, le métrage est clinquant. Entre le découpage de formule-1 à Monaco, et les séquences "Iron Man" avec gros flares à l'appui, il y a de quoi se rayer la rétine. Mais ce n'est pas suffisant pour faire un bon film.
En ce qui me concerne, iron man 2 est une insulte au spectateur. La franchise était tellement bien partie, que la voir s'échouer aussi lamentablement est un véritable brise cœur.

Pour cette même raison, je vais à présent vous parler d'un autre film, parce qu'il me reste un peu d'espace, et qu'iron man 2 ne vaut vraiment pas que l'on y consacre la totalité de l'espace proposé. Alors parlons de cinéma indépendant, celui qui ne confond pas "spectateur" et "vache à lait". Ces derniers temps, c'est bien Mammuth qui m'aura le plus touché. Avec une réalisation fine, un propos engagé sans pour autant être militant, Mammuth est un véritablement embrun ! Enfin de la fraicheur et de l'humanité. Mais le dernier film de Delépine et Kervern n'est pas à proprement parler un film de genre.



Il me semble qu'il serait intéressant de voir dans le futur – si possible pas si lointain – ce que pourrait donner un cinéma débarrassé de cette certitude que le spectateur est un crétin écervelé prêt à ingérer n'importe quelle diarrhée cinématographique, du moment qu'on la lui vend bien. Au vu de l'argent investi dans ces produits prêts à consommer (dont on peut maintenant précommander le Blu-ray ou DVD au jour de la sortie salle), y ajouter une plus-value artistique ne changerait en rien le coût du métrage, et contribuerait à flatter la rétine usé du public.
Ah, mais j'oubliais, le public n'intéresse pas les "créatifs" des grosses compagnies, c'est plutôt son pognon qui leur importe. Au lieu de gaspiller votre argent pour aller voir ces films qui insultent le spectateur, je vous propose plutôt de porter votre intérêt sur les œuvres indépendantes. Celles-là au moins présentent un véritable apport nutritif pour le spectateur affamé de 7ème art (il ne s'agirait pas d'oublier que dans 7ème art, il y a ART).

Quoi qu'il en soit, la note finale reflète d'une part mon sentiment quant à iron man 2. Mais elle fait aussi état d'une certaine lassitude quant à ces sous produits qu'on nous jette à la gueule à grands coups de millions de dollars.