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La ville d'Harmony - et plus particulièrement sa mine- est secouée par un terrible drame : le mineur Harry Warden y a semé la mort en tuant vingt-deux personnes avant d'être abattu. Dix ans plus tard, Tom Hanniger, le fils du propriétaire de la mine revient dans sa ville natale, bien décidé à vendre celle-ci, car trop entachée de souvenirs sanglants. Mais le passé rattrape les protagonistes survivants du précédent carnage lorsque de nouveaux meurtres ont lieu. Harry Warden semble revenu d'entre les morts pour terminer son œuvre.



Cette critique se base sur la version 3D du film.

Les studios commencent à exploiter le filon de la 3D de manière régulière. Mais alors que ce procédé semblait réservé aux films tous publics ("Voyage au centre de la terre", "Monstres contre Aliens", "Volt"), meurtres a la saint-valentin 3D vient démontrer à temps que l'utilisation de la 3D peut servir aussi d'appui à un récit horrifique, même s'il ne s'agit ici que d'un slasher. On se souvient d’essais peu concluants des années 80 au travers des bandes horrifiques suivantes : "Vendredi 13- chapitre 3", "Les dents de la mer 3", "Amityville 3", "La fin de Freddy". Le résultat n'était alors pas à la hauteur des espoirs, et la 3D fut remisée au placard des souvenirs. Jusqu'à ce que Lionsgate décide de manière un peu surprenante de faire un remake du slasher minier de George Mihalka en exploitant la 3D. Incontestablement, la technique a fait d'immenses progrès.



My bloody valentine doit se visionner d'abord en 3D car le film perd beaucoup de son intérêt. Misant avant tout sur l'interactivité avec le spectateur, le réalisateur Patrick Lussier ("Dracula 2001", "La voix des morts 2"… oui, je sais sa filmographie fait peur !) se lâche littéralement dans la surenchère sanglante, se contentant d'un semblant de scénario, et ne prenant même pas la peine de donner à ces morts sur patte un début de psychologie, si ce n'est l'existence d'un trio amoureux. On entre de plain-pied dans le sujet avec le premier massacre dans la mine. Ce premier jet de sang est d'une efficacité redoutable (œil éjecté par la pioche, pioche balancée sur le pare-brise, etc.). En cela, le scénario de Todd Farmer ("Vendredi 13 chapitre 10 : Jason X", le nullissime "Les messagers") et de Zane Smith, s'inscrit dans l'ère du temps, en choisissant de nous montrer dans un premier temps, des meurtres en ouverture du film (méthode assez similaire au récent "Vendredi 13 (2009)"). Pas d'inquiétude néanmoins, la suite du film évite les scènes dialoguées pour privilégier l'atmosphère ainsi que les meurtres nombreux et méchamment gore. Un gore parfois cartoonesque comme lorsqu'une des victimes voit sa mâchoire être déchirée en plusieurs morceaux volant en direction du spectateur.

Ce meurtres a la saint-valentin 3D doit d'abord se visionner comme un plaisir régressif, bien loin du sérieux des "tortures movies" tant à la mode actuellement. Les réactions des personnages sont tellement à côté de la plaque que l'on ne peut s'empêcher de sourire ou de rire à de nombreuses reprises. Le sérieux du scénario n'étant pas ce qui fait l'intérêt de ce slasher, on n'hésite pas à nous balancer une fille entièrement nue pendant quelques minutes (où est donc passé le puritanisme des américains ?) qui a au moins l'avantage par rapport à "Vendredi 13 (2009)" d'avoir des seins qui ne sont pas gonflés à l'hélium, sans oublier une gérante de motel naine, soulevée en l'air par notre mineur comme un fétu de paille.



Alors que son camarade de jeu de la série "Supernatural" Jared Padalecki affrontait Jason dans le reboot de Marcus Nispel, Jensen Ackles, un habitué des séries télé reçoit le rôle masculin principal, à côté de Kerr Smith (qui a quitté sa période adolescente depuis "Destination Finale" et "Les vampires du désert"- ce qui lui permet de camper un shérif crédible). En vieille guest star du genre horrifique, c'est Tom Atkins qui s'y colle. Si son nom ne vous dit pas forcement grand chose, il suffit de se remémorer "Fog" (1980) et "Halloween 3" pour se souvenir de cet acteur sympathique qui a forcement pris de l'âge depuis. Son rôle de shérif à la retraite ne sert d'ailleurs pas uniquement de décoration et il fait ainsi le lien entre le passé et le présent. Les plus obsédés d'entre vous attendent de connaître les actrices qui vont venir s'époumoner pour notre plus grand plaisir. A commencer par la blonde de service entièrement nue, interprétée par Besty Rue, dont l'apparition reste mémorable. Jaime King ("The Tripper", "The Spirit") et Megan Boone viennent compléter le tableau de chasse.



Si les scènes de meurtres constituent le gratin d'un film qui n'est pas avare en meurtres cradingues, on regrettera une sous-exploitation du décor de la mine. Rappelons que c'était dans la mine que l'essentiel du "Meurtres à la Saint-Valentin" de Mihalka se déroulait. Et, il s'y dégageait une ambiance poisseuse et inquiétante. Dans ce remake, Lussier semble ne pas s'en soucier, tout préoccupé qu'il est par la technique d'une 3D efficacement utilisée et crédible, même si certaines scènes auraient mérité un peu plus d'attention. Mais venant de Patrick Lussier, il s'agit d'une divine surprise car on n'aurait pas parié sur une telle réussite (mineure certes) à l'annonce du projet !