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Quinze ans après avoir accouché d'un monstre sanguinaire, Yanka s'est mariée avec son psy, est devenue mère et fonctionnaire de police. Elle semble avoir oublié son horrible passé. Mais une série de meurtres inexplicables va la replonger dans ce cauchemar: la créature est de retour, et semble bien décidée à se reproduire.



Il aura donc fallu attendre pratiquement vingt ans pour voir débarquer une suite à "Baby Blood", souvent considéré comme le premier film gore français. Vingt ans durant lesquels le cinéma français ne s'est pas bousculé pour s'introduire dans la brêche ainsi entr'ouverte, malgré un retour sur nos écrans ces dernières années de productions horrifiques violentes made in France, de "Haute Tension" à "Martyrs", en passant par "A l'intérieur" ou "Frontière(s)", le tout entouré d'une scène indépendante de plus en plus présente. Aussi, quand l'annonce d'une suite au film d'Alain Robak est arrivée, elle fut accueillie avec joie par les amateurs de gore. Il leur aura fallu attendre encore de nombreux mois pour que le film bénéficie d'une très timide sortie en salles, pratiquement dans l'indifférence. Qu'en est-il donc de ce "Lady Blood"?



Pas besoin de tortiller du cul pour chier droit: c'est nul. Je suis même tenté d'arrêter ma fiche maintenant, mais je pense que les grands chefs du site m'engueuleraient. Et pourtant, ce film ne mérite vraiment pas que je m'y attarde, surtout après avoir déja perdu 90 minutes de mon temps au cinéma. On va donc quand même continuer à contre-coeur, et sans doute de façon fastidieuse. Souvent, le cinéma indépendant ou fauché compense son manque de moyens par son imagination, son côté décomplexé, sa générosité et sa sincèrité. Comme les films du catalogue Troma. "Baby Blood" était aussi un bon exemple, son côté maladroit le rendant attachant, surtout avec la carte du second degré. "Lady Blood" n'a aucune de ces qualités, et se prend en plus au sérieux. A partir de ce postulat, il devient même difficile de défendre le film sur la base des conditions difficiles de réalisations ou du budget restreint.

Le scénario est tout d'abord d'une connerie abyssale. Le monstre est de retour, et se déplace de corps en corps, façon "Hidden", pour retrouver Yanka et s'accoupler avec elle. Bref, ça s'appelle un prétexte pour surfer sur le nom de "Baby Blood" (dont le film est "librement inspiré", tu m'étonnes!), surtout quand on y associe le nom d'Emmanuelle Escourrou, héroïne du film original, et ici actrice et scénariste. Si on me demande, je ne saurais dire dans quel exercice elle a le moins de talent...Un tel scénario pouvait sans doute amener un bon gros délire, mais non, l'approche premier degré (que semble même regretter Jean-Marc Vincent si on en croit certaines interviews) prime ici, et plombe l'ensemble du film.



Que dire également des comédiens? Sans doute peu aidés par des scènes tournées à l'arrache, ils peinent à fournir le minimum syndical. Si Escourrou compensait son manque de talent par des formes appétissantes dans le film de Robak, il n'en est plus rien ici, et elle est constamment à côté de la plaque. Même Philippe Nahon ("Haute Tension", "Calvaire") ne semble pas savoir ce qu'il fait là. A leurs côtés, on retrouve quelques têtes connues du paysage audiovisuel français, comme Serge Riaboukine, qui prouve une nouvelle fois qu'avoir une "gueule" ne suffit pas à jouer un méchant crédible, ou Shirley Bousquet (de Caméra Café...) qui n'est là que pour montrer son joli minois. Quelques guest-stars apparaissent également, comme Xavier Gens (réalisateur de "Frontière(s)"), que l'on espère voir plus souvent derrière la caméra que devant, ou Bruno Solo, dont la médiocrité et la faible présence feraient presque oublier qu'il s'agit finalement d'un de ses meilleurs rôles...

La réalisation de Jean-Marc Vincent, dont c'est ici le premier long (après trois courts métrages ayant bonne réputation, dont "Wolfpack"), si elle est parfois efficace, comme lors d'une course poursuite, est souvent très brouillon. On pourra blâmer une nouvelle fois les difficultés de tournage sur certains passages nettement filmés à la hâte, mais le manque de budget n'explique en rien les expérimentations hasardeuses à base d'images oniriques laides, de flash, de visions subliminales, de ralentis ringards. Evidemment pas aidé par une musique envahissante et des acteurs en roue libre, Vincent ne pouvait de toute façon pas tirer grand chose d'un visuel merdique: outre la photo franchement fade, les choix des costumes ou de décors craignent vraiment. La palme revient à la dégaine des personnes possédées par le monstre (dont on ne verra finalement rien), dont le signe distinctif est...une paire de grosses lunettes de soleil façon beauf des plages. La grande classe. Heureusement, à côté, on a un flic motard. Ce qui permet de mettre en évidence la marque Triumph: la moto Triumph, le casque Triumph, la veste Triumph, la tasse Triumph...Vivement la sortie du DVD et de sa version collector Triumph!



Mais venons-en enfin à ce qui pouvait encore attirer du monde en salles: le gore. Le premier film était assez généreux sur ce point, et un titre comme "Lady Blood", avec une si belle affiche et quelques photos de maquillages sanglants, laissait espèrer de nombreux effets sanglants et beaucoup d'hémoglobine. Déception encore de ce côté là, le gore n'étant finalement que peu présent, le film se contentant souvent de jouer sur une mise en scène rapide et le hors-champ. C'est dommage, parce que ce que les effets sont globalement réussis, notamment des doigts coupés et une machoîre arrachée...si on arrive à ignorer le fait que les acteurs ne manifestent aucun signe de souffrance...

Bref, les seules choses que je pourrais sauver du film seraient dues à mon côté chauvin ou à une indulgence face à son côté fauché. Malheureusement, quand un film se borne à éviter tout ce qu'on pouvait en attendre (peu de gore, pas de monstre, aucun amusement...) tout en sombrant dans un ridicule constant à tous les niveaux...








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