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Après un séjour en hôpital psychiatrique suite à la mort tragique de sa mère, Anna retourne dans sa famille. Si elle trouve du réconfort près de sa sœur, elle a bien du mal à supporter la présence de sa jeune belle-mère, Rachel. Anna est confrontée à la vision de sa mère décédée qui semble lui indiquer qu'elle a été assassinée. Anna et sa sœur soupçonnent Rachel d'en être l'instigatrice...



L'exercice du remake est très périlleux et bien peu s'en sont sortis sans y laisser des plumes. Notamment en ce qui concerne les films venus d'Asie. Dernièrement le plutôt doué Alexandre Aja se plantait avec son "Mirrors". Ce ne sont donc pas les deux frangins Guard venus du monde de la pub qui risquaient de changer la donne. S'attaquer à une œuvre aussi insaisissable que "2 sœurs" de Kim Jee-Woom était déjà une grande gageure. De l'avis même des producteurs d'ailleurs, ils n'ont pas tout compris à cette histoire à la limite du conte de fées, du drame et de l'horreur, transcendée par une mise en scène impeccable. Cette bêtise avouée est la preuve du choc de deux mondes qui ne se comprennent pas. En toute logique, le remake sera simplifié pour que le spectateur le moins concentré puisse suivre l'intrigue.



Intitulé Les Intrus [même le titre ne veut rien dire], ce remake arrive sans être véritablement attendu. Et, c'est tant mieux. Car, à l'exception d'un certain savoir-faire des réalisateurs qui arrivent à composer des images sans avoir recours aux méthodes de réalisation parkinsonienne (à la "Saw" sauteuse) et de l'interprétation de la jeune Emily Browning ("Le vaisseau de l'angoisse"), il n'y pas grand chose de vraiment réussi dans cette réadaptation.

ATTENTION SPOILERS POUVANT AIDER A REVELER LA FIN DU FILM
Car le scénario a été remodelé afin d'opérer des modifications qui changent la donne. Si dans l'original la mère se suicide ce qui induit les remords de sa fille, dans Les Intrus il s'agit d'un accident ou d'un meurtre. L’état de folie d'Anna avec ses fêlures, et ses visions de membres de sa famille décédés sont en revanche conservés.
FIN SPOILERS



Les ambitions esthétiques remises au placard (là où "Le cercle" faisait un effort pour distiller une vraie ambiance fantastique, totalement absente ici), il ne reste plus qu'un banal thriller qui arrive bien trop tard; la vague des fantômes chevelus étant passée de mode depuis longtemps. Banal thriller familial donc (même pas interdit aux moins de 12 ans), juste digne d'être diffusé en plein après midi sur une chaîne hertzienne, le scénario se la joue Arabesque avec accusations/ soupçons des sœurettes contre la jeune belle-mère dont les motivations sont plus que douteuses. Les deux sœurs tentent de mener l'enquête, et les indices semblent s'accumuler à charge contre l'ex infirmière (charmante au demeurant) de la maman décédée.

Jamais, Charles et Thomas Guard n'essaient de jouer la carte de l'épouvante, histoire de donner du corps à leur film qui se complaît dans la banalité. Les apparitions spectrales sont bien peu nombreuses et ne provoquent JAMAIS des frissons, ce qui est un comble pour un film d'épouvante. Même le talentueux Christopher Young ne se foule pas les doigts en ressortant quelques sonorités nous rappelant "Hellraiser".



A peine vaguement psychologique et jamais mystérieux (sauf pour son titre, mais je crois que je l'ai déjà dit...), "Les Intrus" s'abîme définitivement en balançant des flashbacks explicatifs, dont certains plusieurs fois pour ceux qui roupilleraient au fond de la salle.
On oublie et on (re)-voit le formidable mais plus complexe "2 soeurs".








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