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Et un thriller bidon de plus. Un ! Intraçable collectionne les clichés élimés et les éléments dispensables. Un jour, un vilain méchant décide d'ouvrir un site Internet appelé KillWithMe.com. La police fédérale découvre cet étrange site sur lequel quelques caméras filment un chat piégé dans une souricière, le tout en temps réel. En haut du site, une bannière compte les visites, là aussi en temps réel. Impossible de fermer le site, il utilise différente techniques complexes pour le rendre inviolable (proxy, zombies...). Le FBI qui a d'autre chat à fouetter se désintéresse de KillWithMe.com, jusqu'à ce que... Les caméras du site montrent un homme attaché, l'adresse du site gravée sur le torse. A priori, pas de quoi le mettre en danger. Cependant, à bien y regarder, la victime est reliée à une petite bouteille en intraveineuse. Une solution anticoagulante s'écoule doucement dans ses veines. Le principe du site est simple, plus il y a de visite, plus le dosage d'anticoagulant injecté est important. En clair : plus les connections sont importantes, plus vite il mourra. Le F.B.I. va donc traquer le vilain webmaster qui les nargue avec son site pervers.



Dans la famille "film à haute teneur en clichés", Intraçable se pose là. Ceci étant, le spectateur alerte aura pu se douter de l'intérêt réduit de l'entreprise à la simple lecture du synopsis. Histoire de confirmer ce pressentiment, un bref coup d'œil à sa filmographie laisse songeur. Uniquement des polars insipides et des épisodes pour des séries télévisées qui ne le sont pas moins. Seul son précédent métrage relève légèrement le niveau ("la Faille" avec Anthony Hopkins).
Malheureusement, rien dans Intraçable ne permet d'élever Gregory Hoblit au rang de réalisateur talentueux. Pour commencer le scénario n'a aucun goût, allant piocher des idées à droite à gauche. Le résultat est un indigeste mélange de "Saw" et de divers thrillers quelconques. Il n'y a vraiment pas de quoi crier au génie. En fait, il n'y a même pas de quoi se résigner à sortir de l'argent de son portefeuille pour assister à ce spectacle navrant.



Certes, la façon d'opérer du tueur est intéressante sans être d'aucune originalité. Mais une bonne morale larve dans le message que tente de passer cet étron cinématographique à grand renfort de discours moralisateurs en gros plan sur des visages constipés.
"Oh mon dieu c'est horrible cette cruauté"
"Il est mis à mort par des gens qui ne l'ont jamais vu."
"Bientôt les exécutions capitales seront retransmises en direct !"
Blablabla. Le pire étant que chacun y va de son discours pseudo moraliste concernant les dérives de l'Internet. C'est tellement gros et caricatural que c'en est douloureux. Quelque chose là-dedans laisse une impression de propagande. Comme si le réalisateur voulait à tout prix vous forcer à penser comme lui. Alors ouvrez bien vos mirettes et vos esgourdes et préparez-vous à y faire rentrer quantité de matière fécale.
De plus vous êtes actuellement en train de surfer sur Internet. Faites donc attention, vous risquez votre vie ! Et si par hasard vous téléchargiez du contenu illégal, sachez que le F.B.I. risque de faire une descente chez vous pour défendre la veuve et l'orphelin.



En ce qui concerne le suspense, là aussi c'est zéro. Intraçable est bon pour défriser la ménagère et exciter l'adolescent en mal de sensations fortes. Et encore, seulement les plus impressionnables, car le tableau n'est pas très reluisant.
Pour être pleinement honnête, je ne crois pas être ressorti du cinéma aussi énervé qu'après la vision de Intraçable. Et le couple d'imbéciles qui se croyait devant la télé, juste à côté de moi ne m'a pas particulièrement calmé. Ils représentaient l'archétype du public auquel s'adresse ce métrage. Des gens qui ouvrent la bouche et avalent n'importe quoi, pourvu que quelqu'un leur ait dit que ça aurait bon goût. En clair, toute personne familière et amateur de cinéma de genre risque d'être amèrement déçue par cet Intraçable de mauvais goût.

La mise en scène est égale au fond que propose le film : d'une banalité défiant toute concurrence.



Intraçable ? Pas tant que ça, parce que finalement, ça laisse une sacré trace de pneu. Forcément, quand on chie dans la cuvette des chiottes du cinéma de genre, ça fait plouf et y a la petite goutte qui remonte chatouiller le rectum. A force de prendre le spectateur pour un imbécile fini, doublé d'une vache à lait, il va bien finir par se passer quelque chose, non ? Quand on jette du caca en l'air, il finit toujours par retomber.
Alors on ne dépense pas son argent pour aller voir cette bouse. Sauf si vous en avez trop, mais dans ce cas, je peux vous envoyer un relevé d'identité bancaire.








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