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Deux couples décident de passer un week-end au beau milieu de la forêt norvégienne. Mais ils vont être pris à parti par des chasseurs locaux qui vont s’amuser avec eux en organisant une petite partie de chasse à l’homme…



La chasse à l’homme ! Depuis "Les chasses du Comte Zaroff" en 1932, ce thème a inspiré de bien nombreuses fois les réalisateurs pour donner naissance au sous-genre communément appelé le survival. Des touristes de la ville sont pris en chasse par des locaux dans des coins un peu paumés, telle est la ligne directrice des scénarii de survivals. Des œuvres ont donné leurs lettres de noblesse au genre, comme "Délivrance" en 72, "Massacre à la Tronçonneuse" et "La chasse sanglante" en 74, "La Colline a des Yeux" en 77. Depuis, le genre ne cesse de faire des allers et venues sur les écrans, les plus récents exemples étant "La colline a des Yeux 2006", "Wilderness", "Détour Mortel", "Severance", "Wolf Creek", "Calvaire"… Autant de films qui prennent leur pied à montrer le côté bestial des hommes, à nous décrire leurs plus vils instincts.



"Massacre à la Tronçonneuse", que ce soit la version de 1974 ou celle de 2003, on y pense fortement à la vision de Manhunt, notamment en ce qui concerne la partie introductive des personnages. Quatre jeunes, dans un van, s’arrêtant à une station service, avec des filles portant des shorts ultra courts qui rappelle celui de Pam dans le chef d’œuvre de Tobe Hooper. Nos quatre touristes, après avoir eu une petite altercation avec deux locaux (le cliché classique du citadin prenant les habitants du bled pour des demeurés), vont prendre avec eux une jeune femme qui semble un peu désorientée et qui a l’air de fuir quelque chose ou quelqu’un. Une scène qui nous renvoie encore à la version 2003 de "Massacre…". Comme on le voit, le réalisateur norvégien Patrik Syversen joue avec les codes et les habituels clichés inhérents au genre, sans vouloir aucunement les transcender ou s’en écarter. Son film se veut avant tout un survival des plus classiques mais pensé pour faire plaisir aux fans et leur en donner pour leur argent, sans chercher à être innovant en matière de scénario ou de rebondissement. Un film qu’on a déjà l’impression d’avoir vu plusieurs fois en fait, mais qui respire le respect envers tous ces classiques qui ont posé les bases du Survival. Un film de Fan Boy qui ne cherche pas à péter plus haut que son cul ou à nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Après cette première partie où l’on découvre nos protagonistes, qui n’est pas particulièrement intéressante il faut bien l’avouer, arrive la première séquence choc, où nos héros se font arrêter puis agresser par des chasseurs du coin. Leur chef, qui n’a pas l’air d’un plaisantin, explose littéralement le ventre de la passagère prise en stop à la station-service avec son fusil, démarrant par la même occasion la partie chasse à l’homme qu’on imagine bien cruelle vu cette mise en bouche plutôt sanglante, qui sera immédiatement suivie par la mort d’une des héroïnes, de manière encore une fois assez brutale. Les trois survivants parviennent à s’enfuir dans la forêt. Retentit alors le son des cors de chasse. Le petit jeu du chat et de la souris peut commencer…



Brutal, le film l’est assurément, et se veut réaliste. Les coups font mal, et la douleur ressentie par les protagonistes ne tarde pas à venir nous chatouiller les côtes. Cheville prise dans des pièges, corps s’accrochant à du fil de fer barbelé, coup de couteau, coup de crosse de fusil, une éviscération en gros plan et autres petites joyeusetés feront le spectacle, un spectacle plutôt barbare, nous rappelant celui de "Détour Mortel" par exemple. Le réalisateur utilise parfaitement le décor de la forêt, ses amas de branchage inextricable, rendant la vision impossible à travers les feuillages. Seul des sons (craquement de branche…) peuvent nous indiquer, comme aux survivants d’ailleurs, la présence d’un méchant chasseur.

Le suspense et la tension se font plus tendus et le film gagne vraiment en efficacité au fur et à mesure de sa progression. Bien sûr, les situations n’ont encore une fois rien d’originales et s’avèrent classiques mais la réalisation de Patrik Syversen et le jeu plutôt crédible des acteurs norvégiens font pencher la balance dans le bon sens.



Hommage vraiment très sympathique aux classiques du survival, Manhunt, sans vouloir verser dans l’originalité, s’avère très plaisant à visionner malgré son classicisme qui l’empêche de se hisser parmi les meilleures œuvres du genre. Il reste néanmoins un film plutôt efficace, qui ne lésine pas sur la violence et saura contenter les amateurs du genre qui veulent se sentir en territoire connu. On notera d’ailleurs que la chanson diffusée dans le van n’est autre que celle que David Hess avait composé pour "La dernière maison sur la gauche". Quand je vous disais que le réalisateur est un "fan boy" ! Pour un premier film, c’est plutôt du bon boulot, simple, efficace, sanglant, reste à attendre les prochaines œuvres de Patrik Syversen…








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