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Nord de Paris : la famille de Ouessem crie vengeance après l'assassinat de l'un des leurs. Par une nuit obscure, quatre des membres de la famille se rendent dans un HLM pour y appliquer leur justice. Mais leur entrée est un fiasco, laissant déjà le chef du quatuor sur le carreau. Dehors, des ombres menaçantes se profilent et un mystérieux virus semble ramener les morts à la vie...



On ne peut pas dire que les morts-vivants aient porté particulièrement chance au cinéma d'horreur français : à vrai dire, ils sont même une valeur sûre du Z label rouge, celui qui tâche la rétine et ne dégage pas sans une bonne rasade de javel. Franco et Rollin sont alors en tête de gondole, et les dernières tentatives se nomment Les revenants, Paris by night of the living dead ou "Mutants" (bien qu'ils s'agissent plutôt là de simili-zombies). Et ça ne rate pas : déception à tous les étages...



Une tripotée de journalistes madeux tentent alors d'offrir leur propre alternative à ce sous-genre, un second souffle bénéfique et pas négligeable avec un titre s'annonçant aussi musclé que peu original. Le concept est simple : marier le polar dur-dur des 70's/80's avec le film de zombie. Rien de transcendant certes, mais la proposition est toujours agréable en soit...
Le grand inspirateur de ce coktail reste bien sans aucun doute "Une nuit en enfer", road-movie de serial-killers débouchant sur une fête à la goule : et tout le long de La horde, on ne cesse de penser que celui-ci n'est au fond qu'un cousin crétin et boeuf au film de Rodriguez. Aïe aïe...



Ne nous précipitons cependant pas à crier au nanar, car le film de Dahan & Rocher a bel et bien quelques petites qualités : il y a du punch dans le traitement, de jolis couloirs malfamés mis en valeur, une atmosphère de désolation bien rendue (les quelques plans apocalyptiques sont même plutôt convaincants pour un petit budget) et des créatures à la férocité bien retranscrite, en tout cas suffisamment évocatrices de l'idée d'un danger omniprésent et sauvage. Et si la caméra a l'habitude de s'emballer quelques fois (panique = je tremble), on est très loin de la bouillie shakycamesque d'un "Mutants". On appréciera aussi un contre-emploi costaud pour Aurélien Recoing, qui passe hélas l'arme à gauche dès les premières minutes !

Divertissement rêvé pour ses auteurs, La horde crie son machisme et exhibe ses parties à chaque plan, accumulant les dialogues orduriers et cherchant à tout prix la confrontation entre ses personnages, passant ainsi leur temps à tirer ou à se braquer leur pistolet sur la tronche. Une quête à la testostérone rapidement lassante, surtout quand les personnages qu'elle sert se révèlent particulièrement insupportables. Même l'apport humoristique tire le film vers le bas, ici incarné par un Yves Pignot très en forme, mais dont l'attitude et les tirades rappellent (volontairement ?) un cinéma vaguement hérité de Max Pécas. Une sensation douloureuse nous renvoyant aux production les plus épicées d'Europacorp (suivez mon regard...).



Que dire également du personnage féminin, incarné par une Claude Perron se l'a jouant Ridley versatile (en cours de film, la demoiselle choisira de ne plus faire confiance à personne, s'échinant alors dans le fronçage de sourcils intensif et devenant pour le coup, parfaitement antipathique), faisant illusion le temps d'une baston dans une cuisine parfaitement épuisante.
La horde a donc plus de couilles que de cerveau (c'était le but) et même si ce genre de spectacle décomplexé a l'habitude de nous satisfaire, ici on se contente de pédaler dans des situations mille foies vues : la découverte d'une cargaison d'armes lourdes avant le carnage final, le fameux "seul contre tous", la grenade sacrificielle, les combats à mains nues, un personnage forcément tourmenté, le temps d'adaptation nécessaire avant de comprendre qu'il faut tirer dans la tête et non dans le corps d'un zombie, le traître obligatoire...bref, ça envoie la sauce, mais ça oublie de surprendre malgré la passion qui anime ses auteurs. Badass ? Too Bad, plutôt.








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