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Mary Murdock, une jeune étudiante, repart d’une soirée bien arrosée dans un bar du New Jersey. Sur la route, elle heurte quelque chose et s’arrête donc pour identifier l’origine du choc. Ne trouvant aucune explication, elle rentre chez elle mais est réveillée pendant la nuit par des bruits dans le garage. Elle y découvre alors un homme en sang, empalé sur le pare-choc. Alors qu’elle tente de l’aider, l’homme l’agrippe avec force et, paniquant, elle le frappe avec un club de golf jusqu’à ce qu’il lâche prise...mort. Elle décide alors d’aller enterrer le corps et de ne pas prévenir la police. Mais bientôt, d’étranges phénomènes surviennent autour d’elle. Son crime l’a-t-il rendue folle, ou quelqu’un serait-il au courant ?



Le délit de "Hit and run" désigne ce qu’on appelle en France le "délit de fuite" tel que défini par l’article L.231-1 du Code de la route. Il s’agit ici, pour résumer, de percuter une personne avec son véhicule, puis de prendre la fuite. Ce qui va donc être le point de départ de ce film au titre évocateur, mais qui va encore plus loin dans cette logique de "fuite" puisque la pauvre victime se retrouve d’abord empalée sur le pare-buffle d’une Jeep, y restant accrochée pendant plusieurs kilomètres, avant d’être frappée à coups de club de golf, et finalement enterrée ! Avouons qu’il y a plus agréable comme destinée. Un postulat de base qui n’est pas sans rappeler l’un des néo-slashers les plus connus : "Souviens-toi l’été dernier" dans lequel un groupe de jeune percutait une personne avant de balancer son cadavre à la mer. D’ailleurs, ce ne sera pas le seul élément commun entre les deux films, puisque "Hit and run" va suivre un cheminement assez semblable, à la différence notable qu’ici, Mary est au début la seule détentrice du secret (qu’elle ne partagera finalement qu’avec son petit ami).



La première partie du film est à mon sens vraiment réussie. Elle nous décrit la panique de la jeune fille par rapport à la situation qu’elle vit. Une peur qui va rapidement la faire réagir de façon irrationnelle, de façon extrême, puisqu’elle va utiliser tous les moyens possibles pour dissimuler l’accident : enterrer le corps donc, mais également camoufler le choc subi par la voiture et évidemment nettoyer le sol du garage, couvert de sang. Puis la paranoïa prend le relai : un policier semble la dévisager, ses réactions deviennent suspectes, ses parents et son petit ami ressentent son malaise...Une paranoïa alimentée par quelques éléments étranges : le téléphone sonne mais l’appelant reste muet, l’avis de disparition de la victime est glissé sous sa porte, une ampoule morte est changée...Mary en est sûre : quelqu’un sait, et s’arrange pour le lui faire comprendre. Et ce n’est pas les tentatives de son copain qui vont la rassurer.

Cette première partie a le mérite de laisser planer un maximum le doute : Mary est-elle folle, ou est-elle vraiment surveillée ? Ainsi, en opposant l’hystérie de la jeune fille au côté plus rationnel du petit copain, qui explique de façon convaincante les différents événements (on est loin du type qui cherche à tout prix à nier les faits), le film fait naître un véritable suspense. Seulement voilà, le métrage ne pouvait pas tenir ses 90 minutes ainsi, et la seconde partie arrive alors d’un seul coup, pratiquement sans prévenir, faisant basculer le film dans un slasher grotesque. Parce que bien sûr, quelqu’un en veut à Mary. Même si l’identité de cette personne ne fait guère de doute pendant le film, je vais quand même vous la cacher, on ne sait jamais. Toujours est-il que brusquement, on se retrouve dans des péripéties incongrues, à des comportements inexplicables, à du grotesque à tous les étages, au point de se demander si tout ceci n’est pas volontairement appuyé. Bref, le tout tranche radicalement avec la première partie, et donne un sentiment assez étrange.



C’est d’autant plus dommage que le film tient plutôt bien la route pendant 50 minutes. Il n’y a rien de particulièrement raté malgré un budget que l’on devine plutôt léger. Si Enda McCallion, dont c’est ici le premier film, pioche ça et là quelques éléments (une musique rappelant "Les Dents de la mer", une scène renvoyant à "Requiem for a dream), et si quelques effets spéciaux moins réussis ou quelques fautes de montage pointent le bout de leur nez, rien ne choque véritablement, sauf peut-être un choix de musiques parfois maladroit. Dans le rôle principal, on découvre Laura Breckenridge, que certains auront peut-être reconnue pour avoir été à l’affiche de "Amusement". Souvent seule à l’écran, elle porte le film sur ses épaules et s’en sort plutôt bien, malgré une tendance à en faire parfois un peu trop lors des scènes de folie. La demoiselle n’étant d’ailleurs pas forcément désagréable à regarder, on ne se plaindra pas trop du fait que le film tourne principalement autour de son personnage. On retrouve à ses côtés Kevin Corrigan, habitué des films indépendants des années 1990 et des rôles secondaires dans quelques blockbusters. Enfin, le petit ami de Mary est interprété par Christopher Shand, apparu dans le récent "Return to Sleepaway Camp", qui se veut être une suite directe de "Massacre au camp d’été". Un casting finalement assez classique dans ce genre de production, avec son héroïne jeune aux formes généreuses, le second rôle que l’on reconnaît pour l’avoir vu ça et là et le jeune minet dont le physique ne laisse pas envisager le meilleur quant à sa cervelle.



"Hit and run" est donc à mon sens un film un peu banal et un peu bancal, avec une première partie réussie précédent une seconde beaucoup plus médiocre. Sans autre prétention que celle de divertir, reprenant des éléments des slashers basés sur un lourd secret, il se situe dans la moyenne du genre, ni plus mauvais, ni meilleur. Et donc forcément loin d’être indispensable ou inoubliable.








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