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Deux ans après le carnage d'Haddonfield, Laurie vit chez le shérif Brackett. En proie à de terribles cauchemars où elle revoit son agresseur Michael Myers, elle suit une thérapie. Alors que tout le monde semble avoir tourné la page, le tueur vient terminer ce qu'il n'a pu achever et recomposer sa famille...



Si l'"Halloween 2007" était plutôt basé sur un pur exercice de style (passé la partie narrant l'enfance de Michael, Rob Zombie ne faisait que mettre ses pas dans ceux de John Carpenter et la comparaison faisait un peu mal), l'idée que le réalisateur chevelu revienne pour une séquelle intriguait autant qu'elle inquiétait. Au duo initialement pressenti, Alexandre Bustillo & Julien Maury ("A l'intérieur"), a été préféré le retour de Rob Zombie. Les frères Wenstein ont en effet préféré miser sur une valeur montante du cinéma d'horreur qui avait remporté un certain succès en salles avec le remake du classique de Big John. Contre toute attente, Zombie accepte et se lance dans la pré-production de cette suite qui se fait dans l'urgence car aussitôt annoncée, une date de sortie américaine l'est dans la foulée. Le réalisateur récupère l'équipe de fidèles qui lui a déjà fait confiance, à savoir : Scott-Taylor Compton (qui entre temps s'est perdue dans le très soap slasher, "Avril sanglant"), Tyler Mane (toujours aussi impressionnant et massif derrière le masque de Myers), Malcom McDowell ("Caligula", "La féline 1982") en psychiatre fan de gloriole, Danielle Harris ("Halloween 4", "Halloween 5", "Urban Legend"), Brad Dourif ("Vol au dessus d'un nid de coucou", "Trauma", la voix de Chucky, Pinhead, etc.), son épouse Sheri Moon. Ils répondent tous à l'appel malgré la rapidité entre l'annonce du film et le tournage. Après avoir fait appel à Adrienne Barbeau pour son précédent Halloween [même si pour la pauvre, sa scène sera coupée au montage], c'est Margot Kidder ("Black Christmas 1974", "Sœurs de sang", "Amityville, la maison du diable") qui vient faire les guest-stars dans le rôle de la psychiatre de Laurie.



Précédé d'une réputation peu flatteuse à tel point que sa sortie salles en France a été purement et simplement annulée, Halloween 2 est pourtant bien éloigné de la purge annoncée. Car Rob Zombie imprègne de son univers déglingué celui plus aseptisé des slashers de base. Forcément, cela dérange et déroute. Habitués à des bavardages entrecoupés de scènes de meurtres à l'arme blanche, les fans de la saga seront surpris du traitement qui est réservé au plus mythique des croquemitaines. Libéré du fardeau consistant à repartir du film de Carpenter, Rob Zombie peut enfin laisse libre court à son imagination et mène sa barque comme il l'entend. Entre scènes de cauchemars, visions de fantômes du passé, plans oniriques d'un Myers semblant se promener dans la lande anglaise, violence exacerbée, cet Halloween 2 alterne ainsi les moments de pur slasher avec d'autres passages où le réalisateur vient asséner ses quatre vérités au politiquement correct. La famille est ici perçue comme une malédiction à laquelle, nul ne peut échapper. On a beau cacher à Laurie le terrible secret qui l'entoure, celui-ci finit par la rattraper et la faire plonger dans la folie. Tel frère, telle sœur. Du moins, c'est ce sentiment de culpabilité judéo-chrétien qui fait basculer Laurie dans la déraison. Au banc des accusés, le scénario n'oublie pas d'égratigner la psychiatrie, vaste arnaque du 20ème siècle, qui au lieu de guérir les blessures de l'âme se contente de mettre les patients sous médocs.

Si les vingt premières minutes tiennent en haleine, ce sont aussi les plus classiques avec une course-poursuite dans un hôpital. Pour ceux qui craignent au vu de la bande-annonce qu'il s'agisse d'un remake du film de Rick Rosenthal ("Halloween 2", "Halloween resurrection"), qu'ils se rassurent car la suite du long-métrage se déroule toujours dans cette si charmante petite banlieue, sauf que les lieux qu'on nous y montre sont tout sauf des endroits bourgeois : club de striptease où officiait en son temps la mère de Michael et Laurie, lieux de fête destroy, grange délabrée... Rob Zombie évite le piège de la redite consistant à nous ramener sans cesse dans la maison d'enfance de Myers là où tout a commencé.



Cette fois-ci, le boogeyman est plus qu'une ombre (The Shape), il est le méchant ogre des contes de fées et c'est comme ça qu'il est le plus souvent filmé. Plus iconique que jamais, il impressionne par son look (à la fois clochard mais bien plus effrayant avec une capuche sur sa tête qui nous camoufle un masque en piteux état) et bénéficie d'un éclairage spécifique lorsqu'il se promène dans la campagne environnante, qui nous le montre tel un spectre attendant son heure. Et, il n'est pas le seul fantôme à hanter la pellicule. Sa mère décédée, l'accompagne dans son odyssée sanglante. L'occasion sans doute de recaser son épouse, diront les mauvaises langues avec sans doute une part de vérité dans le persiflage. Avec ce subterfuge, Rob Zombie nous place ainsi dans la tête du tueur. Ce qui n'est pas sans provoquer un certain malaise. Deborah Myers donnant des ordres à son fils, guidant ses actes et nous plongeant en pleine schizophrénie. Maladie mentale à laquelle ne semble pas non plus échapper la malheureuse Laurie Strode dont le regard final en dit bien long. Les plans où apparaissent Sheri Moon et par moments Myers enfant sont très oniriques. Les reproches faits au remake de s'être trop ancré dans la réalité (maltraitance familiale pour expliquer les meurtres du bambin) sont ici battus en brèche et Zombie brouille les cartes. Laurie semble promise à être la victime sacrificielle de sa famille : le plan où elle est allongée sur une table pendant que sa mère et son frère s'approchent d'elle, valent plus que n'importe quel discours. Son Halloween 2 ne reproduit pas le schéma classique de la saga.



C'est sans grande surprise que le Halloween 2 cuvée 2009 s'avère d'une grande violence aussi bien psychologique que physique. Les meurtres sont très nombreux et ont de quoi satisfaire les assoiffés de sang. On peut dire que Michael Myers n'y va pas avec le dos du couteau, allant jusqu'à s'acharner sur une infirmière, décapitant en prenant son temps un ambulancier, fracassant contre une glace une fille entièrement dévêtue, etc. La censure n'a pas dû bien s'opposer aux outrances du réalisateur, comme le montre la scène d'anthropophagie. Mais Rob Zombie sait aussi se montrer plus subtil en montant des images en parallèle comme il l’avait fait pour son "Halloween 2007". Révélation du remake, Scout Taylor-Compton n'est plus l'agaçante interprète d'un rôle qui la dépassait alors, mais s'impose comme une sœur très convaincante de Michael Myers.

Dépassant le statut de film de commande, Halloween 2 de Rob Zombie réinvente le slasher movie.