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Deux bandes s’amusent à s’affronter en faisant des parties de bowling, sous l’œil bienveillant du gérant qui leur permet de rester tard après la fermeture. Un soir, Lisa, petite amie du chef de l’un des groupes, est sauvagement agressée et violée par les membres de la bande rivale. Le lendemain, les deux gangs se rejoignent une nouvelle fois au bowling pour s’affronter. Lisa est présente, encore sous le choc mais ne semble pas avoir parlé de la tragédie qu’elle a vécue à ses amis. Pendant que les parties démarrent, un joueur inconnu, se surnommant BBK, parvient à s’inscrire sur les écrans de contrôle. Ce joueur mystérieux va alors massacrer petit à petit tous les membres présents au bowling. Ces meurtres ont-ils un rapport avec la tragédie qu’a vécue Lisa ?



Ryan Nicholson n’est passé que récemment à la réalisation, en 2004 pour être précis avec un moyen métrage de 47 minutes intitulé "Torched", qui est d’ailleurs devenu l’un des segments de l’anthologie "Hell Hath No Fury" sortie en 2006.
2006, c’est également l’année où Ryan Nicholson réalise son premier long métrage, "Live Feed", très largement inspiré du "Hostel" d’Eli Roth. On doit également à Ryan la réalisation de vidéoclip pour le groupe Necrophagia.

En fait, Ryan Nicholson est avant tout un spécialiste du maquillage et des effets spéciaux. On a pu admirer son travail sur une quantité astronomique de productions, que ce soit pour la télévision ("X Files", "Supernatural", "Smallville", "Stargate SG-1", "Millenium", "Kyle XY" "Poltergeist la série"…) ou le cinéma ("Le treizième guerrier", "Destination Finale", "Scary Movie", "Ripper", "Dreamcatcher", "Les Chroniques de Riddick", "Blade : Trinity", "Ghost Rider" et j’en passe…).

Amoureux fou des films d’horreur des années 70 et 80, passionné par Tobe Hooper, Lucio Fulci, John Carpenter ou Dario Argento, fervent défenseur du cinéma d’exploitation, c’est en voyant un bowling qu’il se dit que cet endroit serait vraiment parfait pour y massacrer des adolescents bien débiles et qu’une telle idée pourrait faire un beau film hommage à tous les films qu’il adore, notamment à "Halloween la nuit des Masques", à "Maniac" ou à "I spit on your grave" par exemple. Parvenant à avoir un budget d’un quart de millions de dollars et réunissant le casting après avoir passé une annonce dans laquelle il disait chercher des acteurs "prêts à tourner nus et recouverts de sang", c’est en 2008 qu’il se lance dans l’aventure "Gutterballs", le tournage durant 18 jours, répartis sur trois semaines de nuit au bowling et trois jours en studio. Ryan Nicholson décide que pour ce film, il ne réalisera pas les effets spéciaux et se tourne vers la société "Life to Death Fx". Une fois le film visionné, on se dit que cette société a bien dû s’amuser à confectionner les différents effets gores, parce que Ryan Nicholson n’y va pas par quatre chemins ! C’est direct, sans compromis et ça gicle de partout !



Effectivement, le moins que l’on puisse dire, c’est que Ryan Nicholson ne s’est pas pris la tête pour savoir si son film allait subir les foudres de Dame Censure ou pas. Le bonhomme aime les excès et son film reflète bien cet état d’esprit, les dialogues orduriers se mêlant avec des scènes de sexe et du gore qui tâche. Les personnages emploient en effet un langage très cru, où chaque phrase contient une insulte ou un propos vulgaire. Personnellement, j’ai trouvé ça un peu excessif et si vous n’êtes pas fan de "South Park", ça en devient même un peu lourdingue et saoulant, surtout que la galerie de protagonistes qu’on nous présente n’est guère intéressante et présente les pires stéréotypes des personnages des "slashers movies", mais à la puissance mille, ce qui était voulu bien sur, mais parfois, trop, c'est trop. On aura bien du mal à éprouver une quelconque empathie pour l’un d’entre eux et les voir mourir dans d’atroces souffrances ne peut que nous apparaître comme une bénédiction (surtout celui qui a une tête de fouine et qui est horripilant comme j’ai rarement vu !). Heureusement, les situations scabreuses, malsaines et gores rattrapent ces vilains défauts.

Avant de sombrer dans le gore craspouille et généreux, Ryan Nicholson se livre à son hommage au "I spit on your grave" de Meir Zarchi, en nous livrant une scène de viol particulièrement dérangeante et malsaine. Une scène qui met mal à l’aise même si quelques bruitages très bande dessinée viennent tenter de dédramatiser la séquence. Ce viol sordide sera bien sûr l’élément déclencheur de la vengeance de notre tueur.

Un tueur au look impayable, puisque ce dernier a l’originale idée de se mettre un sac pour boule de bowling sur la tête ! Tout comme Freddy dans l’introduction de "Les Griffes de la Nuit", il se confectionne également des armes à partir de quilles de bowling, les affûtant tels des pieux ou en raccordant deux tel un nunchaku. Il se fait surnommer BBK, dont nous aurons la signification de cet étrange pseudonyme vers la fin du film. BBK a des méthodes particulièrement expéditives, méthodes que n’aurait pas reniées le "Toxic Avenger" !



Parmi les quelques réjouissances proposées, on aura une tête maintenue dans une machine de lustrage de boule de bowling, une "69" non simulée où les deux protagonistes auront "le souffle coupé", un découpage de pénis (j’en ai encore mal rien qu’à y repenser !), perforations de globes oculaires, strangulation, écrasement de crâne avec deux boules de bowling, égorgement et j’en passe. Du gore généreux, franc du collier, qui n’a pas peur d’en faire trop et nous présente des effets à l’ancienne, avec prothèses, latex et pompes à sang. Inutile de vous dire que les amateurs de "vrai" gore à la Tom Savini vont trouver leur bonheur dans "Gutterballs".

Autre élément important du film, le sexe. Ryan Nicholson ne se prive pas non plus de nous montrer ses actrices dans le plus simple appareil et parfois de manières assez osées et obscènes. Précisons que la version du film qui a été visionnée pour faire cette chronique est la version non censurée et qu’elle se permet donc tous les excès, tous les débordements.

Il serait injuste de ne pas parler de l’acteur qui interprète le gérant du bowling des horreurs. Dan Ellis est, avec le personnage de BBK, le seul protagoniste qu’on prend plaisir à voir à l’écran. Une bonne gueule, des phrases bien placées, de l’humour lourdingue mais qui passe bien, on s’amuse à chacune de ses apparitions.



Avec ses bonnes séquences gores, ses clins d’œil à des films cultes et son tueur improbable au look "le ridicule ne tue pas", "Gutterballs" aurait pu être encore meilleur que ce qu’il est actuellement. Mais encore une fois, la lourdeur des personnages, les joutes verbales entre les deux bandes qui n’apportent rien à la progression de l’histoire et les gros mots balancés à chaque phrase m’ont réellement gavé à la longue si bien que la vision du film en devenait parfois pénible. A cause de ces "fautes de goûts", le film reste un "bon" film gore mais ne se hisse pas plus haut pour ma part. Dommage car "Gutterballs" se montre généreux niveau atrocités et débordements sanglants, il y a de bonnes idées et un refus de faire des compromis qui fait plaisir à voir. Dans tous les cas, Ryan Nicholson est un réalisateur à suivre et on attend ses futures œuvres de pied ferme !








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