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Freddy Kruger a décimé toute la population adolescente de Springwood, sauf un : le jeune Johnny. Ce dernier souffre d'amnésie et afin de tenter de le guérir, une responsable d'un centre pour adolescents "perturbés", décide de l'emmener dans cette petite ville afin qu'il retrouve la mémoire. C'est le moment que choisit Freddy pour refaire surface...



Les idées pour de nouveaux épisodes de Freddy commençant à se tarir sérieusement, la New Line décide sagement de clore définitivement les aventures du maître des cauchemars. En confiant ce projet à une personne qui a déjà bossé sur des épisodes de la saga en tant que productrice, Rachel Talalay ("Tank Girl"), on pouvait penser que la casse serait limitée. Car niveau scénario, depuis "Le cauchemar de Freddy", ce n'est pas la grande forme. Pas de chance, la réalisatrice débutante patine beaucoup trop à partir de simples idées de base, comme tuer Freddy et faire usage de la 3D (procédé qui était déjà tombé en désuétude depuis "Les dents de la mer 3" et "Amityville 3D"). Avec ça, elle ne va pas aller bien loin.
En retard d'un train entier (nous sommes au début des années 90), sa Fin de Freddy manque de personnalité et ne possède même pas les décors oniriques auxquels la série nous avait habitué. Rachel Talalay confesse qu'elle a voulu que ce sixième chapitre soit plus décalé, voire même carrément comique. Assister au spectacle pitoyable d'un des adolescents qui rebondit du sol au plafond comme un vulgaire ballon donne le ton général du film. Se succèdent ainsi des scènes qui n'ont pas peur du ridicule tel un Freddy Krueger chevauchant un balai comme une sorcière ou encore jouant au jeu vidéo avec Spencer (le même gars qui rebondit dans une séquence très cartoonesque).



Contrairement aux autres Freddy, le spectateur a bien du mal à discerner quel est le personnage principal: est ce ce Johnny qui sort de nul part? Maggie qui s'occupe du centre pour jeunes en difficulté? Ou bien la combative Tracy? Cette absence de personnification contribue à une sensation d'absence de ligne directrice, incluant plusieurs histoires séparées. La visite à Springwood est certainement le passage le plus intéressant, et qui pique au passage son ambiance à "Twin Peaks". En faisant de la petite ville, une cité sans enfant et adolescent (Freddy les ayant tous entraînés dans son univers), le scénario s'amuse à créer une atmosphère très 4ème dimension comme le montre le van qui n'arrive pas à sortir de la ville, revenant sans cesse au même endroit. Les habitants ne sont plus alors que des adultes, perdus sans leur progéniture. Parmi la faune atypique des lieux, nous trouvons un professeur qui fait cours à une salle déserte et la directrice d'un orphelinat tout aussi désert. L'occasion d'apprendre que Freddy avait lui même procréé.



Mais, et les meurtres dans tout ça? Car un Freddy sans meurtre imaginatif est tout aussi inutile qu'une plage sans bikinis. Ceux-ci (les meurtres, hein, pas les bikinis) sont bien peu mis en valeur, à l'exception du sort du jeune garçon sourd avec qui Freddy s'amuse (utilisant notamment un coton tiges). Sans expérimentations de valeur, la réalisatrice se contente d'une réalisation basique qui rapproche Freddy 6 d ' une série télé pour adolescents (comme "Beverly Hills" dont la similitude va de pair avec les portraits de quelques adolescents à problème).

Talalay se démène pourtant comme une diablesse pour étoffer un tant soit peu son intrigue, nous faisant remonter aux origines de Freddy Krueger lors de rêves, nous le présentant sous sa forme humaine. Des éléments de son passé nous sont montrés avec sa famille, sans pour autant nous le rendre plus sympathique. Plus que jamais, on assiste à un show Robert Englund, qui vole la vedette à tout ses partenaires. Entre deux fous rires, on notera les caméos anecdotiques de Johnny Depp ("Les griffes de la nuit"), du chanteur Alice Cooper ("Prince des ténèbres" et compositeur sur "Shocker"), ou encore de Roseanne.



N'ayant en tête que les scènes finales en 3D, Talalay semble délaisser le reste de son film. Or, ces mêmes effets 3 D (procédé déjà ringard) sont out dans l'édition vidéo. Entre rêves psychédéliques et délires vidéos ludiques, l'imagination dépasse les limites du bon goût et du respect du spectateur (les fans seront mort de rire et les peu connaisseurs du personnage se demanderont où ils sont tombés). Incontestablement, le film a extrêmement mal vieilli.
Pour illustrer la pantalonnade que constitue le spectacle de La fin de Freddy, je conclurai par les citations précédant le long métrage:
Une citation de Nietzsche (qui laissait espérer un résultat tout autre):
"Connais-tu la peur de t'endormir?
Terrifié jusqu'à la moelle
Car le sol se dérobe
Et le rêve commence..."
Suivie de "Fais exploser l'audimat, salope!" de Freddy (allusion à une scène mythique de "Freddy 3- Les griffes du cauchemar").








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