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Le vieux docteur Carter travaille dans son laboratoire afin de développer un sérum qui éliminerait les mauvaises cellules de l’organisme humain. Il est aidé par Oliver Frank, qui ne semble pas apprécier la façon de travailler de Carter. Dans le dos du docteur, Oliver Frank fait des tests du sérum sur Trudy, la propre nièce de Carter. Après avoir absorbé la drogue, elle se transforme en monstre hideux et repoussant, qui terrorise les habitants du voisinage. Quand elle se réveille le matin, elle ne se souvient quasiment plus de rien et pense avoir fait des cauchemars. Oliver Frank, qui est en fait le petit fils du célèbre docteur Frankenstein, se livre également à une seconde expérience secrète : il a créé un corps avec des morceaux de cadavres et doit trouver une tête et un cerveau pour parfaire sa créature. Il espère que le sérum de Carter lui permettra de mener à bien son expérience…



Frankenstein’s Daughter a fait les délices des amateurs de Craignos Monsters et le fera encore à n’en point douter. Il faut dire que dans le registre des films fauchés aux effets spéciaux ratés, il se taille la part du lion. Le film est réalisé par Richard E. Cunha, qui ne connaîtra pas une très longue carrière puisque sa filmographie se résume à 6 films tournés entre 1958 et 1964. Avec des budgets dérisoires, il s’essaye aux films d’épouvante et de science-fiction et dès 1958, venant de créer sa propre compagnie avec l’aide d’un de ses amis, il se lance à bras le corps sur le tournage de son premier long-métrage, "Giant from the Unknown". Il enchaîne avec "Femmes Démons" toujours la même année et récidive une troisième fois en 1958 avec notre Frankenstein’s Daughter ! En 1959, il veut faire un remake de "Cat Women of the Moon" et réalise donc "Missile to the Moon", titre aussi culte pour les aficionados que celui dont on va parler ici ! Bref, Richard E. Cunha ne gagnera jamais de trophées dans la catégorie meilleur réalisateur mais après tout, l’important, c’est d’essayer non ?

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Frankenstein’s Daugher recycle l’histoire de Mary Shelley dans une version plus contemporaine, mise au goût du jour et adaptée au succès des films des années 50. En 1958, ce sont les teens movies qui marchent bien, ces films mettant en scène des adolescents aimant la musique rock n’ roll, danser, s’amuser et les films de monstres. Cunha plonge donc des jeunes gens dans le monde horrifique des expérimentations scientifiques interdites. En tête d’affiche, on trouve le beau John Ashley, héros des teen movies des années 50/60 ("Dragstrip Girl", ""Motorcycle Gang", "Hot Rod Gang", "Beach Blanket Bingo", "Hell on Wheels"), et qui deviendra l’acteur récurrent des films du réalisateur philippin Eddie Romero par la suite ("Brides of Bood", "Le médecin dément de l’ile de sang", "The beast of yellow night", "The Twilight People" et j’en passe…). Il incarne ici le petit ami de Trudy. On ne peut pas dire qu’il a un grand rôle dans Frankenstein’s Daughter puisqu’il ne chante même pas lors de la séquence musicale du film, un comble ! C’est le fils d’Harold Lloyd qui lui vole la vedette en interprétant deux chansons dans une scène qui aurait largement pu être zappée pour ne conserver que l’aspect horrifique du métrage.

Sa petite amie est interprétée par la ravissante Sandra Knight, qui sera donc soumise à son insu au sérum inventé par son oncle. Et c’est là que ça commence à valoir le coup d’œil. En effet, la pauvre jeune fille va voir son joli minois devenir monstrueux (gros sourcils, dents pourries, déformation du visage…) et surtout très risible ! Attention à la crise de rire. N’empêche, on a carrément le thème du docteur Jekyll et mister Hyde présent dans le film, et ça, Richard E. Cunha s’était bien caché de nous le dire. Trudy, sous son apparence hideuse, va semer la panique alentour et il faut dire qu’on comprend que les passants soient horrifiés. Parce que d’un, elle est vraiment laide et de deux, elle est vêtue d’un maillot de bain une pièce ! Pour déambuler dans la rue, il y a quand même mieux comme habits, même pour un monstre. Heureusement pour elle, une fois redevenue jolie, elle ne se souvient plus de rien et pense avoir rêvé. Tant mieux. Surtout qu’elle nous fait le coup deux fois dans le film (comme dans les épisodes de L’incroyable Hulk !!), sa raison mentale pourrait s’en trouver altérée hein, faut pas rigoler avec ça. D’ailleurs, je me demande si ces séquences avec Trudy en monstre ne serviraient pas uniquement pour meubler le film ? Parce que bon, même si ça donne des indices à deux policiers chargés d’enquêter sur le monstre au maillot de bain, nous on est venu voir un vrai monstre de Frankenstein, créé à partir de cadavres et ramené à la vie ensuite ! Ouf, le réalisateur nous a entendus et nous réserve une pièce de choix !

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C’est même du caviar auquel on va goûter, mais pas dans le bon sens du terme. Parce que le monstre qu’on va découvrir est sûrement l’une des plus affreuses et hallucinantes des créatures de Frankenstein jamais vu sur un écran. Imaginez un peu : vous prenez un acteur masculin, vous l’habillez avec une sorte de combinaison de cuir horrible, vous lui bandez la tête et vous le maquillez de façon tellement grotesque que ça en devient même difficile de décrire le résultat à l’écran. Comble de tout, même si on voit bien que le monstre est un être de sexe masculin, et bien non, on nous prétend le contraire et de manière fort sentencieuse en plus. Pour résumer la chose, il faut quand même savoir qu’Oliver Frank n’a pas hésité à écraser une amie de Trudy pour s’emparer de sa tête et la greffer sur sa créature. Donc, on devrait bien avoir un monstre avec une tête abîmée certes, mais féminine quand même. Surtout que le jardinier de la maison, qui travaille aussi pour le compte d’Oliver Frank en secret, proclame d’une voix solennelle "C’est la fille de Frankenstein !" que la créature se mette à vivre ! Impayable ! Il a fait fort Richard Cunha sur ce coup. Mais tout cela a une explication.

D’après le maquilleur Harry Thomas, l’explication viendrait du fait que personne ne lui a donné le script du film et qu’il a dû concevoir un maquillage de monstre par lui-même. Dans son esprit, le titre du film faisait référence au personnage jouait par Sandra Knight. La créature était donc de sexe masculin, comme celle incarnée par Boris Karloff ou Christopher Lee l’année précédente dans "Frankenstein s’est échappé !". De plus, ayant découvert la scène où Oliver écrase l’actrice Sally Todd, le maquilleur a pensé que le scénario allait "greffer" la tête de l’acteur Harry Wilson, qui interprète la créature, sur le corps de cette dernière, ce qui aurait pu être correct vis à vis du titre du film. Encore raté ! Harry Thomas, plein de bonne volonté, désire modifier le maquillage mais Richard E. Cunha, qui tourne à l’économie, refuse de perdre du temps. On rajoute donc un peu de rouge à lèvres à Harry Wilson et le voilà qui débarque devant la caméra en "fille de Frankenstein" ! Fous rires garantis ! A côté, "la fiancée de Frankenstein" est un top model hors compétition !

On passera rapidement sur ce look inconcevable de la créature pour se concentrer sur l’interprétation de Donald Murphy qui incarne Oliver Frank. Ce dernier interprète fort bien un docteur Frankenstein prêt à tout pour arriver à ses fins, n’hésitant pas à tuer une jeune fille innocente qui lui a donné rendez-vous, ou désirant liquider le docteur Carter, le faisant passer pour sénile aux yeux de la police. Un comportement et des attitudes qui font de ce personnage un être totalement abject, privé de toute morale et donc essentiel pour le film. Son regard de fou, sa détermination, son jusqu’au-boutisme en font vraiment "la" star du film de Richard E. Cunha.

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Il est certain que Frankenstein’s Daughter ne se classera pas parmi les meilleures adaptations du roman de Mary Shelley, toute aussi moderne qu’elle soit. Néanmoins, on ne peut pas dire que la vision du film soit une sinécure, bien au contraire. Oui, c’est un digne fleuron des Craignos Monsters mais ça se laisse suivre sans ennui (mis à part le passage chanté), c’est divertissant, drôle (pas sûr que ce soit le but initial !), Sandra Knight et Donald Murphy sont très convaincants dans leurs rôles réciproques, les FX sont à mourir de rire mais dans l’ensemble, ça reste une série B (Z ?) qui possède peu d’intérêt cinématographiquement parlant mais qui est parfaite pour passer une soirée sans prise de tête. Un spectacle typique des anciens Drive-In ou des cultes doubles programmes qui vaut mieux que sa triste réputation. Un nanar comme on les aime en somme !








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