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S'il est impossible de changer le plomb en or, il est parfaitement possible de changer l'or en plomb... et Dragonball Evolution le prouve douloureusement. Goku est un jeune lycéen comme les autres. Il n'arrive pas à attirer les charmes de ses camarades du sexe féminin, il se fait passer à tabac par les caïds du coin... Pour ne rien arranger, il est complètement à côté de la plaque, et est la risée de tous. Mais après le lycée, son grand père l'entraîne avec acharnement. Le jeune Goku doit maîtriser son Ki pour... principalement parce que c'est son grand père qui lui demande. Le jour de ses 18 ans, tout bascule : son papy lui offre une boule de cristal contenant quatre étoiles et la plus belle fille du Lycée (Chichi) l'invite à une fête. Pendant que Goku est occupé à conter fleurette à la belle Chichi, son grand père se fait écrabouiller le faciès par Piccolo. En plus d'avoir un nom d'instrument de musique, le vilain bonhomme à la bobine toute verte, mais pas un vert franc qui permettrait de l'apparenter à un extraterrestre ou a un saurien. Ce vert là ressemble plutôt au fond d'un évier dans lequel un enfant facétieux aurait laissé sécher du dentifrice. Piccolo est un démon qui a tenté de détruire la terre il y a 2000 ans. L'apocalypse a été empêchée de justesse, grâce à un puissant enchantement. Mais le voilà de nouveau sur terre pour rassembler les dragon balls. Une fois les sept boules de cristal rassemblées il pourra faire un vœu...



Tout le monde l'attendait en croisant les doigts. L'adaptation d'une des plus célèbres séries de manga sur grand écran faisait parler d'elle depuis déjà bien longtemps. Entre rumeurs et demi informations, Dragonball était devenu l'arlésienne. Il avait même été question de Brad Pitt en Goku. Et puis, il y a quelques mois, les premiers teasers sont tombés, s'abattant comme une douche froide sur le museau des spectateurs curieux. Le matériel promotionnel annonçait clairement la couleur : cette adaptation allait être une insulte au matériau d'origine, et – pire – une insulte à l'intelligence du spectateur.

En sortant de la projection de Dragonball, je me suis senti lésé. Et pas parce que les deux amoindris du bulbe derrière moi on passé la séance à commenter tout ce qu'ils voyaient à l'écran. Pas non plus parce que le métro faisait vibrer la salle toutes les 5 minutes. Si je me sens escroqué, c'est parce que j'ai perdu deux heures de ma vie à regarder cette ignominie cinématographique. Tout dans ce métrage prête à rire, car tout y est parfaitement ridicule. Pour une fois, il y a une explication tangible au peu de salles projetant Dragonball : c'est tellement mauvais qu'il fallait bien cacher la poussière sous le tapis.

Au rang des adaptations foireuses, James Wong gagne une belle petite place, bien au chaud entre Uwe Boll et Paul W.S. Anderson.
Pendant toute la durée du film, le réalisateur cumule les clichés débiles, les incohérences et les zones d'ombre sur le scénario. La première venant du choix de l'acteur principal : pourquoi avoir choisi un occidental au physique d'adolescent pré pubère, pour jouer Goku. Par là même, comment est-il possible que son grand père soit asiatique et lui absolument pas ?



Le bruit court que certains enfants ressortent de la projection avec les yeux brillants. Ce n'est pas parce qu’ils ont aimé, mais parce que la succession d'images à laquelle ils viennent d'assister a porté atteinte à leur patrimoine ophtalmologique. Pour faire simple, Dragonball leur a niqué les yeux. En effet, au-delà de toute atteinte portée à la licence, le film de James Wong est une vaste fumisterie complètement tiède. Du début à la fin, on sent que ni le réalisateur, ni personne, ne sait sur quel pied danser. Est-ce qu'on fait un film d'action ou une comédie ? Est-ce qu'on s'adresse à des gosses ou à des jeunes adultes qui ont grandi avec la franchise ? Est ce que c'est vraiment important un acteur ? Pire, personne, de l'équipe technique à la création, ne croit en Dragonball. Les acteurs ne sont ni convaincants, ni convaincus. La prestation de Justin Chatwin en Goku est tout simplement affligeante ; l'acteur cabotine et son insupportable bobine de playboy de supérette au sourire Colgate ® n'avait sûrement pas sa place dans une adaptation du manga culte d'Akira Toriyama. Elle aurait déjà été difficile à avaler dans un teenage movies... Il semble que la présence du bellâtre se justifie uniquement par une volonté de rameuter un jeune public féminin. Il faut dire que sa performance d'acteur se limite à des sourires, et à des cabotinages insupportables dignes de " Premiers Baisers ".
Quant au reste du casting, ce n'est guère mieux. Au mieux il est transparent, au pire il est insupportable.



La palme de la contre-performance revient à Chow Yun-Fat. Il est tout simplement mauvais, et campe un Tortue Géniale insipide. Le personnage haut en couleurs du manga, laisse ici place à un protagoniste tristement terne. Ses allusions au sexe, et sa soif de petites culottes et de pépées en positions lascives, sont à peine suggérées. Il est fort probable que cet aspect ait été écarté pour permettre de toucher un public plus jeune. Erreur ! Ce n'est pas Pokemon ® que James Wong adapte, mais bien Dragonball, un manga violent et pas toujours très propre. Et en rendant Tortue Géniale insipide à ce point, le métrage se tire une balle dans le pied, et pas une petite, un projectile du genre mortier.
Ce n'est peut-être que le cinquième long du réalisateur, mais ce n'est pas une raison pour nous servir une telle soupe. Au contraire. Ce métrage est une honte sans nom. Du début à la fin rien d'intéressant ne se passe. Le spectateur est pris par la main tout le long du film, sans jamais qu'on lui dise vraiment pourquoi. Le scénario repose sur des fausses évidences parfaitement désagréables. Des ellipses et incohérences scénaristiques qui passeront sans doute auprès des plus jeunes, mais sûrement pas auprès d'un public cinéphile ou cinéphage. Et je ne parle même pas des fans de la série qui risquent de perdre leur cheveux d'un coup ! Au lieu de prendre le temps d'installer une histoire valable et solide, le métrage part dans tous les sens... et pourtant, les héros passent leur temps à commenter leurs actions : " Ahahaha, je pompe ton sang pour le réinjecter dans les clones, ce qui leur donnera la vie. " C'est bien, mais on s'en fout, on le voit bien à l'écran !



Pour tout vous dire, en tout point "Dragon Ball le film" est meilleur que cet immonde Dragonball Evolution. Les personnages y ont plus de relief, Tortue Géniale est vraiment génial... et même si le métrage de Joe Chang & Leung Chung est du dernier ridicule, il a le mérite d'être vraiment drôle. Son aspect série Z n'est pas étranger à cela.
Le seul intérêt de Dragonball Evolution est Chichi. Ses formes mammaires crèvent l'écran du début à la fin du film. C'est bien les seules.