RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Réalisation
Edmund Purdom

Scénariste
Derek Ford

Date de sortie
1984

Genre
Giallo

Tagline


Cast
Edmund Purdom
Alan Lake
Belinda Mayne
Mark Jones
Kelly Baker
Gerry Sundquist
Caroline Munro


Pays
Royaume-Uni

Production


Musique
Des Dolan

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 2
(1 vote)
Un giallo made in England ça vous tente ? Prenez donc une tasse de thé avec un nuage de lait et un sucre – comme un vrai gentleman – et lisez cette critique avec le même flegme qu'il faudra au spectateur pour déguster cet étrange métrage. Dans les rues de Londres, un meurtrier s’adonne à ses noirs desseins. Il tranche, égorge et empale. Chaque fois il met fin aux jours d’innocentes victimes d’une façon différente, mais toujours odieusement violente. Le point commun entre ses victimes ? Elles se déguisent toutes en Père Noël. La police va donc dépêcher l’inspecteur Harris (sic) pour mettre un point final aux agissements du psychopathe. Mais l’inspecteur patine, et va vite se retrouver sur la liste des suspects. L'affaire sera retirée des mains d'Harris au profit de son second, bien plus enclin à respecter les ordres de la hiérarchie. Dans tout ce sac de nœuds, le seul qui semble en savoir un brin plus, c’est Giles, pseudo journaliste plus que douteux. Le scénario est simpliste, mais n’empêche pas les rebondissements et autres twists typiques des whodunits.



Dès les premières secondes, Edmund Purdom annonce la couleur : Le Royaume Uni est aussi capable de faire ses propres Gialli. Après avoir été le théâtre d’innombrables aventures Gialliques italiennes, le pays de sa majesté entend bien prendre sa revanche. Le film s’ouvre sur un plan en vue subjective s’approchant d’une voiture où se bécotent deux amoureux. La respiration lourde accompagnant la scène et la présence de mains gantées de noir ne laissent aucun doute possible. Don’t Open Till Christmas va user des plus grosse ficelles du giallo (et du slasher) pour tenter de convaincre le spectateur. Mais est-ce là son seul argument ?

A première vue (et au vu des premières minutes) il semblerait que oui. Cependant, ce serait faire fausse route que de croire que le métrage d'Edmund Purdom n’est qu’une pâle copie de Gialli italiens. En réalité, il est bien plus que cela puisqu’il propose un étrange humour (pas spécialement british pour le coup) en filigranes. Volontaire, involontaire ? Qu’importe. Dès la première scène (l’approche du tueur donc), le score mime vaguement celui des dents de la mer. Le t(h)on est donné.
Le tueur égorge le petit couple à l’arme blanche, et hop ! scène suivante.



Au giallo, Don’t Open Till Christmas emprunte tout. Les armes, la couleur du sang (rouge vif donc), les gants en cuir noir et le suspense oisif…

L’intrigue n’a pour seul intérêt que l’identité du criminel. Respectant les codes du genre, ce sera donc sans surprise que la révélation de qui-a-tué s’opèrera par un twist – un brin maladroit en ce qui concerne le film traité. Ce déroulement parfaitement convenu est constellé des classiques personnages perdus ou sur le point de l’être. Entre l’inspecteur à la ramasse et ses adjoints un peu trop enclins à appliquer les ordres qui viennent d’en haut, Don’t Open Till Christmas propose une belle brochette d’ahuris ; sans parler de l’héroïne, sorte de bécasse fille-de-riche affublée d’un petit ami infect et exécrable. Lui et son pote photographe sont les caricatures parfaites du sac-à-merde.

Tout est donc mis en œuvre pour rendre les personnages peu sympathiques et faire peser le doute sur eux. Le problème est que ce faisant, il est difficile de s’identifier à qui que ce soit dans ce marasme de crétins congénitaux.



C’est donc par son mélange d’ingrédients éculés du giallo, du slasher et d’humour souvent à côté de la plaque, que Don’t Open Till Christmas sauve les meubles. Ainsi, certains seconds rôles sont carrément cintrés, à l’image de la femme de ménage de l’inspecteur Harris qui semble excitée à l’idée de voir des photos de scènes de crime. L’inspecteur lui-même est sacrément arrangé, puisqu’à l’issue d’une conversation sérieuse avec son adjoint il se lève et dit "je dois faire quelque chose". Dont acte : le voilà à la fête foraine.
La strip-teaseuse, qui est au demeurant magnifique, est elle aussi un personnage très intéressant et décalé.
La palme revient tout de même au policier qui explique à la jeune héroïne dont le père vient d’être trucidé que "c’est à cause du costume que portait votre père ; il a été victime du tueur de Père Noël !"
Cerise sur la gateau, la bande originale du film est composée du thème "Douce Nuit" déclinée de diverses façons. Certains y verront peut-être une parenté avec les Goblins, version bûche de Noël et guirlande clignotante.

Voilà qui n’est pas vraiment de l’humour anglo-saxon. Au lieu de ça, le spectateur se verra tout de même gratifié d’une promenade dans le London Dungeon. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce lieu mythique, c’est une sorte de musée des horreurs qui entrepose divers instruments de torture, le tout dans une ambiance festive de train fantôme.



Si le film d'Edmund Purdom est éminemment sympathique, il n’en souffre pas moins de sérieuses tares.
Don’t Open Till Christmas verse lourdement dans le Giallo, et comme chacun sait, tant va la cruche Giallo qu’à la fin elle se brise. Un peu de finesse eût été en effet sérieusement profitable.
Mais les véritables lacunes du métrages sont techniques. Entre une photographie souvent moche et une mise au point un peu molle (le point n’est pas toujours là), ça pique parfois les yeux. Quant à la post-synchro ratée, elle énervera ceux qu’elle ne fera pas rire. Sachant que cela va jusqu’à l’ajout de dialogue sur une scène où la protagoniste cadrée garde la bouche close.

Quoi qu’il en soit, et l’un dans l’autre, Don’t Open Till Christmas est un cran au dessus de toute la vague de porno-gore qu’Uncut Movies nous a servi ces dernières années. Certes les photos présentes sur la jaquette sont fort racoleuses alors que le film est loin de l’être… mais ça fait du bien de se retrouver face à un film directement exhumé des limbes du cinéma de genre.

J’en veux encore !








Du même réalisateur :